CHAPITRE PREMIER
(sanctuaire de Mahêndravarman) (viii® siècle) à Kanchîpuram, représenté PI. I, A, et qui est un prisme à 12 facettes.
A l’époque Chola (xi* siècle), on sculpta des Lingams gigantesques, tels que ceux qui sont placés sous les grands vimànas de Tanjore et de Gangaïcondapuram.
Richabha (sanscrit : rsabha). — Devant le Lingam, se trouve presque toujours un bœuf accroupi appelé Richabba, mais plus généralement appelé Nandi. Ou le confond souvent avec Nandikeçvara, portier du Kaïlâsa, qui a une tête de taureau sur un corps humain, et dont nous parlerons plus loin.
On donne aussi le nom de Nandi à la monture de Siva (voir PI. Xll) qui n’est autre que Dliarmadeva, Dieu de la vertu.
Richabba, est toujours accroupi (jamais debout) devant le Lingam. 11 appartient à l’espèce de bœufs qui ont une bosse sur le dos. C’est toujours un taureau, et c’est un jeune taureau car il n’a que des cornes naissantes ; sa présence devant le Lingam semble s’expliquer comme symbole de la force génésique. La tête de Richabba est dirigée vers le Lingam et ses pattes sont ramassées sous le corps, excepté l’une des pattes de devant. Il a toujours autour du cou un collier orné de clochettes (PL 1, R).
Historique. — Il existe au musée du Louvre, dans la collection rapportée de Chaldée par la mission de Sar/.ec (fouilles de Tello, A. O. 2354), un petit bas-relief qui représente un bœuf absolument identique au Nandi.
Dans le Sud de l’Inde, il est incontestable que depuis le vi® siècle le Nandi est placé devant le Lingam et qu’il est
L ICONOGR VPHIE SIVAITE
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considéré comme emblème de Siva. Sa forme ne semble pas avoir beaucoup changé dans le cours des temps.
Nous avons dit que les huit monolithes (vu® siècle) de Mavalipuram consistaient en cinq rathas, un éléphant, un lion, et un bœuf. Ce dernier, situé à l’est, entre le « Bhîma » et le « Draupadi » ratha, est un Nandi classique.
Dans la cave qui est près du phare à Mavalipuram, au fond du sanctuaire, un bas-relief représente Sumaskanda, et Nandi est accroupi aux pieds de Siva et de Pàrvatî.
On le trouve très souvent dans le u Shore Temple » (viiC siècle) de Mavalipuram et le temple de Kaïlâsanâtha (viiC siècle) à Kanchîpuram.
Le colossal Nandi de Tanjore est universellement connu (t).
Adoration duLingam. — L’office de Siva-pûjâ est célébré trois fois par jour (le matin, à midi et le soir) au sanctuaire (Garbhagriham) du temple, par les brahmes appelés saïvas, qui ont reçu l’initiation (dîksâ).
La Siva-pùjâ comprend trois parties :
1“ Abbiseka (onction sainte) qui consiste à oindre le Lingam de lait, de beurre et d’huile de sésame (2).
2“ Dliûpa (encensement) qui consiste à brûler des parfums (sàmbirâni).
3“Naivedya (oblation) l’otTrande d’aliments qui ne doivent pas avoir contenu de principes de vie animale.
Kn outre, on récite des prières, on allume des lampes et on orne le Lingam de guirlandes de fleurs (notamment de
(1) Devant le temple de Virûpàkslia (viii® siècle) à Pattadakal (près de Dadarni), il y a, sous un pavillon isolé, un très gros et beau Nandi qui rappelle celui de Tanjore.
(2) Les brahmes ne se servent jamais de l’huile de coco pour arroser le Lingam.