CHAPITRE II
Fig. 20. — Vichnou entre Sridêvî et Bhvimidêvi.
Le Seigneur est le plus souvent représenté comme dans la figure 20: il est debout entre les deux déesses, Srîdêvî (Lakshmî) et Bliùmidêvi. On les distingue Tune de l’autre parce que Srîdevî, déesse du ciel, est toujours à la droite du Dieu ; elle porte une fleur de lotus (Tamarapou), de la main
(1) Selon les écritures, Vichnou devrait porter sur la poitrine une touffe de poils bouclés appelée Srî-vasta.
(2) Nous avons vu que les chapelets chivéuistes étaient faits de graines de rudraksha.
marque triangulaire (1). Au poignet se trouve le joyau Syamantakâ.
Vichnou et les Vichnoubhaktas (adorateurs de Vichnou), sont ornés de chapelets de graines de Tulasi appelés Tulasimanittàvadam (2).
l’iconographie vichnouïte
gauclie. Bhûmidevî, déesse de la terre, est à la gauche du Dieu et porte de la main droite une fleur de jasmin (malligé). Dans les images modernes ces deux déesses ont toutes deux le haut du corps vêtu d’une sorte de corset appelé ravoukaï, recouvert en outre du pagne (podouvé) ; leurs oreilles sont également très ornées de boucles d’oreilles. Il n’en est pas ainsi dans les images datant des xiv® et xv“ siècles : Les deux déesses ont la poitrine nue ; mais Sridêvi seule a les seins couverts d’un ruban horizontal appelé Katchou ou Kanjagam. Bhûmidevî (la déesse qui est à la gauche du Dieu) a les seins complètement nus. En outre, Srîdevî a des boucles d’oreilles rondes, tandis que Bhûmidevî a les oreilles pendantes et dépourvues d’ornements.
Vichnou, dans cette image, apparaît comme étant bigame ; cette particularité est très ancienne. Dans le temple de Kaïlâsanâtha, à Kaïichîpuram, un bas-relief représente Vichnou assis entre deux femmes (A. Bea, Pallava Architecture^ plate XLI, tig. 1 ).
Devant Vichnou on a coutume de placer une paire de souliers (sada) pour le Seigneur, et qui sont appelés sadagopam.
Autour du Dieu, on représente fréquemment l’oiseau Garuda, le singe dieu Hanuman, Toumbourouvar (Tumburu) à tête de cheval, Narada qui joue d’un instrument de musique analogue à la vinà, les Fannirandu-Ajvàr (les 1 2 apôtres) : (1) Poïgaï-àjvâr, (2) Pùtattâjvàr, (3) Pêyàjvâr, (4) Tirumarhisaïàjvàr, (5) Nammâjvâr, représenté assis sous un arbe dans une pose de gourou et tenant un livre à la main, (6) Kulasëkharaàjvâr, (7) Périya-àjvàr, (8) Tondaradippodi-àjvàr, (9) Tiruppàn-àjvar, qui tient à la main une vinà (sorte de guitare), (10) Tiroumangaï-àjvàr, qui tient un sabre et un bouclier, (11) Andâlammane, une femme qui se voua au Dieu de Tirupati, (12) Manavàlamàmuni qui porte dans ses mains un talam (sorte de cymbale).
Il y a, en outre, les docteurs vichnouistes : Srimannamouni, Srialavander, Moudéliander, Couratàjvai', Puleilo-