CHAPITRE II
Historique (i ). — Un des plus beaux et plus célèbres basreliefs de Mavalipuram (vu" siècle) représente Varàglia (PI. XXV, B). 11 est à renaarquer que dans tous les bas-reliefs anciens le Bien porte une petite coilVure conique et jamais la grande tiare vichnouïte qu’on lui donnera plus tard (voir PI. XXIV).
Varâghaest représenté sur le temple de Vaïkunlha Pérou! mal (Bea, Pallava Architecture, pl. XXII).
On le voit aussi sur les temples de Koranganatba à Srinivasanalur (x® siècle), de Tanjore et de GangaïUondhapuram (xi® siècle).
4” Narasingha (du sanscrit Narasimlia). — Le roi Hiranyakaçipu (celui qui a un vêtement d’or) voulait se faire adorer. Son (ils Pragaladin refusa de lui rendre des hommages qui n’étaient dus qu'à Vicbnou. Le jeune Priiguladin (Prahrâda) ayant alfirmé que Vicbnou était présent partout et même dans une des colonnes du palais, le roi irrité frappa ce pilier. La colonne s’entr’ouvrit soudain et Vicbnou apparut sous la forme terrible d’un géant à tête de lion (Sirnba). Hiranyakaçipu fut vaincu et le Dieu-lion lui dévora les entrailles (2).
(1) It est probable que c’est cette légeade que représente le sanglier d’Kran ^Burgess, Anciens monuments of India, t. II, lig 216), qui est peut-être la plus ancienne sculpture hindouiste que l’on connaisse. Le sanglier d’Eran n'a cependant que deu.v bras ; il n'est pas certain qu'à cette époque (probablement l'époque des Guptas, v® siècle) c’est Vichnou qui était le héros de celte légende. Le doute n'est plus possible à partir du VI® siècle, car Varâgha avec quatre bras et portant « sanhka » et « chnkrarn » est sculpté dans la cave n“ 3 à Badami, dont la date est bien certaine (578 après J. -G.).
La figure A, pl. XXV, représente 1 image de Varâgha dans la cave n° 2 à Badami. Aux pieds du Dieu se trouve un géant dont le corps, moitié homme, moitié serpent, figure probablement Hiranyâksha. géant des eaux. La déesse soulevée dans la main du divin sanglier s'appuie légèrement en posant le bras sur son groin.
Ce même motif est traité d’une manière à peu près identique dans les caves d’Ellora.
(2) Bhâgavata Purâna, traduction de Burnouf, liv. VII, chap. Vit.