CHAPITRE III
perles et appelé Brahmâ-tandram. On affirme que c’est avec cet instrument qu’il marque leur destinée sur le front des hommes ; mais à l’origine, c’était peut-être une cuiller pour j les sacrifices.
De la seconde main droite, il tient un chapelet (jata-malat formé de grains de « Roudraksham ».
La main gauche d’arrière porte un insigne appelé Kamandalam (sanscrit : Kamandalu) qui est un vase pour ablutions.
La monture (en sanscrit, vâhana) est une sorte de cygne appelé en sanscrit Hamsa et en tamoul Annam, d’où l’épithète de Brahmâ : Annavùrti.
Historique. — Brahmâ est très souvent représenté sur les monuments Pallavas, et d’une façon peu différente de la ma- ; nière actuelle. La PI. XXXVlll, A, est la reproduction de ! l’image de Brahmâ dans la cave sans inscriptions de Tricliinopoly (vji® siècle).
Dans le temple de Kaïlâsanâtha, à Kahchîpuram, un basrelief montre Six a coupant la cinquième tête de Brahmâ (A. , Rea, Pallava Architecture ,\A-à{Q XXXIV, figure de gauche).
Nous n’avons jamais vu l’oiseau de Brahmâ dans les temples Pallavas (1 ).
Dans tous les anciens temples sivaïtes, un sanctuaire était consacré à Brahmâ dans la partie gauche de l’édifice (nous avons dit que la partie droite était consacrée à Vichnou).
^ 3. — Sarasvatî.
Epouse de Brahmâ, elle est la déesse des beaux-arts ^2).
On la représente assise et jouant d’un instrument de musique appelé « Vînâ ».
(1) A Ellora, dans la galerie qui est au fond du Kaïlâsa, l’oiseau Annam est à ses pieds, et dans quelques bas-reliefs Brahmâ est représenté monté sur son eygne au milieu des dieux védiques).
(2) Dans les caves d’Ellora, Sarasvatî est souvent représentée, non point comme épouse de Brahmâ, mais comme divinité fluviale, et elle est debout sur une tortue.
BRAHMA ET LES DIVIMTÉS SECONDAIRES
Ses autres mains (car elle en a quatre) tiennent un livre et un stylet. On sait en effet que les Hindous écrivent sur des feuilles de palmier appelées « elles » à l’aide d’un poinçon de fer appelé « yejouttânny ».
Historique. — Dans les temples Pallavas, Brahma est généralement seul ; toutefois dans le lemple de Kaïlàsanâtha à Kachîpuram (Rea, Pallava Architecture, plaie XXXVI, fig. 2), Brahma est assis à côté de son épouse, mais celle-ci ne porte pas la vîna, et rien ne prouve qu’à cette époque la femme de Brahmâ était identifiée avec Sarasvatî, divinité fluviale.
§ 3. — Les Déverkel (Devargal).
Nous avons dit que Siva et sa famille habitaient le Kaïlàsa et que le Paradis de Vichnou est le Vaïkuntha. Il existe un troisième séjour céleste appelé Sorgon (Svarga) habité par les Déverkel. Parmi les Déverkel il faut citer d’abord les Dieux au nombre de huit qui gouvernent les huit régions du ciel et qui sont appelés Tigoupâlajer, du sanscrit astadikpâlaka.
Ces Dieux correspondent aux points cardinaux, et leurs images servent à illustrer les roses des vents hindoues (fig 33).
Ces huit gardiens des coins du ciel sont les suivants :
1® Dévindiren (en sanscrit, Devendra ou simplement Indra) ; on l’appelle aussi Mayêndiran (du sanscrit Mahendra) . Fils de Cassiber (en sanscrit, Kâçyapa) et d’Adili. La femme d’Indra est Satchî, fille de Poulôman (elle est quelquefois appelée Indrànî).
Indra anéantit Poulôman afin de ravir sa fille Satchî. Aussi l’appelle-t-on Poulômàri (destructeur de Poulôman) ou Satchipàti (époux de Satchî). De celte union il eut un fils appelé Djayanta.
La capitale d’Indra est Amaràvalî.
Dieu du ciel, il porte à la main gauche un double (rident
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PiG. 33. — Acbtadikpôlaka.
BRAHMA ET LES DIVINITES SECONDAIRES II7
(analogue au Trissulam de Soubramaniar), image de la foudre (Vajrâyudha).
De la main droite il tient une sorte de fleur.
Le corps d’Indra est couvert de mille yeux, d’où son nom de Ayirankannan.
lia pour « vâhana » un éléphant blanc appelé Airâvata (le bel éléphant) , sorti de la mer de lait, d’où le nom d’Indra : Karivâhana.
2“ Akkini (en sanscrit, Agni), qui gouverne le sud-est, est le Dieu du feu. De nos jours, il est considéré comme Dieu de la cuisine ; aussi porte-t-il dans ses quatre mains une écuelle, une cuiller, une torche et un éventail pour activer le feu. Il a deux têtes ornées de flammes (PI. XXXIX, A). On le représente quelquefois avec trois jambes et sept bras. Il réside au sud-est dansla ville de Têchôbadipattanam (du sanscritTedjôvati). Fils d’Angiras, il épousa Souvagay (en sanscrit, Svâha) et eut trois fils; Pavanéma (Pâvaka), Pavemanam (Pavamâna) et Soussi (Çuci),
3“ Hémane ou Yamen (du sanscrit Yama) appelé aussi Dharma (le juste) et Tendisaikkon (parce qu’il gouverne le sud), est le Dieu des enfers.
Son séjour est le Pâtàlâ (les enfers), sa ville Emapuram. Il tient un bâton et a pour monture un buffle.
Sa sœur est Yamî déesse de la rivière Yamuna (Jamna).
Nous avons déjà raconté comment Yama, dieu des enfers, voulant s’emparer du jeune Markanda, fut repoussé par Siva Dieu de la vie (PI. lll, A).
4®Nayourouti (sanscrit, Nirriti), Dieu du sud-ouest et roi des Boudons, a une figure terrifiante; il tient une massue et il est monté sur les épaules d’un géant. Il habile la ville de Tadachâbadipattanam. Son épouse est Tirgadêvi (Dîrghâ).
5° Varounen (en sanscrit, Varuna), gouverneur de l’Ouest, tient à la main une sorte de corde appelée « pàça » (c’est l’insigne que Poulléar porte de la main gauche). 11 est monté