‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 70 sur 85 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sur un « raakara », animal fabuleux qui était autrefois un crocodile, mais qui de nos jours a une trompe d'éléphant, un corps d'oiseau et une queue empanachée (caroukou).

6° Vayou (Vâyu), Dieu du vent, qui dirige le nord-ouest, est monté sur une gazelle et porte deux petits drapeaux.

Il habite la ville de Touchabadipaltanam,

7® Koubéren (en sanscrit, Kuvêra), fils de Viçravas, habite dans le nord la cité d’Alaka (Vasu-sthali ou Prabhâ). Son épouse est Kavéri. Son char s’appelle Pouchpaka. Il est monté sur un cheval blanc ; il tient un sabre et un bouclier (parisaï).

8° Isanien (sanscrit, Içâna), monté sur un bœuf, est représenté absolument comme Siva ; il a donc comme insigne le trident (soulam) et le tambour (oudoukaï). Il gouverne le nord-est.

En outre, de ces huit Déverkel il en existe d’autres

Le plus illustre est Sourya (Sùrya), Dieu du soleil, très fréquemment représenté. On le reconnaît à ce qu’il tient une

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fleur dans chaque main et surtout parce que derrière sa tête se trouve un grand cercle qui représente le disque solaire (fig. 34) Souvent il est monté sur un char traîné par sept chevaux. Ses (ils, les deux Açvins (cavaliers), sont des Dieux médecins.

Le char de Sourya est conduit par Aruna ; sa capitale est Vivasvati.

La prière (mantra) appelée Gâyatri, que les brahmes récitent quotidiennement, lui est adressée. On célèbre aussi en son honneur la fête de Màyittukkijamaivrata, ou simplement Nâyiru (soleil ou dimanche).

Le Dieu de la lune est Chandrin (Chandra) dont la tête est ornée d’un croissant, et dont l’emblème est l’antilope.

Citons encore Arouna, moitié homme, moitié oiseau, et Visvakarman, le Dieu architecte.

Historique (1). — Indra est représenté (PI. XL, A), sur le gôpuram de l’est àCliidamharam ; il est monté sur un éléphant et porte des insignes (triple carré étincelant et double trident) qui représentent la foudre (Vadjira) et qui sont aujourd’hui les emblèmes caractéristiques de Soubramaniar.

Sourya est souvent représenté dans les anciens temples et d’une façon peu différente de la manière moderne. On le voit au dernier étage côté nord du Dharmarâja ratha et dans la cave sans inscriptions de ïrichinopoly (vu® siècle) (voir PI. XL, B).

Mous ferons ici une remarque :

Les Dieux qui sont représentés sur les temples anciens

(1) Dans les caves d’ElIora, ces Dieux sont représentés dans presque tous les grands bas-reliefs. Ils apparaissent dans le ciel, au-dessus des nuages, montés sur leurs « vâhana » respectifs et ils assistent pleins de respect et d’adoration, aux exploits de Siva. Sur la façade extérieure du Kaïlàsa, des deux côtés de la porte d'entrée, une rangée de niches leur est consacrée. On voit par exemple Agni sur son bélier (Pl. XXXIX, B). Il n’a qu'une seule tête et deux bras qui ne portaient pas d’insignes.

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situés en dehors du pays dravidien, à Badami, à Ellora, etc., ont la tête auréolée d’une gloire (prabhâ) elliptique. Ce signe de divinité est d’origine Gréco-Bouddhique. Dans le Sud de l’Inde, à Mavalipuram, à Kanchîpuram, les Dieux n’ont pas d’auréole. 11 n’y a que Sourya dont la tête soit ornée d’un disque, et c’est ainsi que l’on reconnaît ce Dieu dans le bas-relief « Pénitence d’Arjuna » et celui de « Varagha ».

§ 4. — Les Gourous des Deverkel.

Fils de Cassiber (en sanscrit, Kâçyapa) et d’ A.dité, les Gourous sont des esprits célestes analogues aux anges, ce sont : les Vassoukel, les Tcharana, les Marout, les Guinerer (en sanscrit, Kinnara), musiciens qui ont une tête de cheval et dont le chef est Tombourou, habile à jouer de la Vina, Les Guimbourouder (Kimpurucha), chanteurs qui ont une tête humaine et un corps d’oiseau, les Chidder (Siddha), qui ont des ailes et volent dans l’air, les Vitiader (Vidyâdhara), savants dans les sciences et les arts, les Guérouder (Garuda) sortes d’aigles, les Pannaga, charmeurs de serpents, les Pidourdévadégal (Génies des mort.s), les Gananâtha ou Dûta, et enfin les célèbres Gandrouver (Gandharva), qui ont pour épouses les Aspara.

En outre les séjours célestes sont ornés de Dêvadâsis (Bayadères) dont les principales sont : Urvasî,KambhâetTilottamà.

Historique. — De tout temps, depuis l'époque bouddhique on voit dans les sculptures des génies secondaires qui trop souvent ressemblent à de petits monstres. Dans la caveXXI'V à Ajanta (Burgess, Cave temples of India, 1h7), on voit des petits musiciens à pieds d’animaux, très analogues (à ceux qui se trouvent dans le bas-relief « Pénitence d’Arjuna », à Mavalipuram. C’est surtout à Badami (voir par exemple en bas de la tig. A, PI. XXX) qu’on trouve partout des frises représentant des petits Gandharva qui s’amusent, se font des farces et se battent. Ces mêmes frises se

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voient très souvent dans les temples Pallava de Kanchîpuram. Ces petits génies correspondent aux amours des frises de l’art occidental. Ils portent des guirlandes de fleurs, ils sont joulflus et nus. Un trait caractéristique des Gandharva des VI®, vu® et viii® siècles, c’est qu’ils ont des cheveux bouclés qui tombent sur leurs épaules comme une perruque. A Chidambaram (Gôpuram de l’Est, xiii® siècle), on voit encore des frises où s’amusent les amours ; mais ce motif disparaît complètement à l’époque de Bijanagar ; les frises représentent alors des animaux (éléphants, chevaux, etc.), et des danseuses. De nos jours les peintures hindoues figurent des Gourous apparaissant dans le ciel au-dessous des Dieux.

§ 5. — Démons (Pêygel).

On voit fréquemment représentés des géants et des monstres dont l’aspect est terrifiant. Ils ont les cheveux épars, de fortes moustaches, des dents (pallou) aiguës, un ventre proéminent et sont armés de massues et de serpents. Ce sont les Achourer (Asuras), les Rachader (Râksasas), les Boudom (Bhûlas).

§ 6. — Douarabalar (en sanscrit, DvârapâlakaV

Les portes des temples sont défendues par des géants gardiens du seuil armés de massues. On les appelle Douarabalagar. Ils ont quatre bras et portent les insignes du Dieu dont ils protègent le sanctuaire. Ils sont appelés aussi IVlounnadiyâr.

llutonque. — D?LV\s les monuments de l’époque bouddhique, on voit de chaque côté de l’entrée des chailyas, dos héros que les archéologues pensèrent être l’image de chefs hindous protecteurs du Bouddhisme. 11 est probable que ces statues (à Karli, à Nasik, à Kanheri, etc.) repi’ésentent des génies gardiens et défenseurs, prototypes des modernes Douarabalagar.

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