‹ Archéologie égyptienne (volume 2)Chapitre 2 sur 68 · DE VOTRE MAJESTÉ IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

DE VOTRE MAJESTÉ IMPÉRIALE

Le très-soumis et très-Jidèle sujet

Goulianof.

AVANT - PROPOS

Quelque limité que puisse être le nombre des personnes, qui attendent les résultats de mes Recherches, je dois, en publiant les premiers Volumes de cet Ouvrage, motiver ici, en peu de mots, les vicissitudes qui ont interverti la marche de mes investigations et le plan que je m’étais tracé dans la publication des diverses questions archéologiques, annoncées, d’abord, dans mon Prospectus , daté de Paris du 6 Janvier 1824, et inséré dans la Revue Encyclopédique , et , ensuite , dans la Première partie de mes Opuscules Archéographiques, publiée à Paris dans le courant de la même année.

Arrivé dans cette capitale vers la fin de l’année 1821, je présentai à l’Académie Française , de la part de l’Académie Russe, et sous

AVANT-PROPOS

les auspices de Mr.le Baron Alexandre de Ilumboldt, le Manuscrit de la traduction de mon Discours sur la formation et l'esprit des langues, que je publiai bientôt après (1).

Admis à consulter les ouvrages de la Bibliothèque de l’Institut, ainsique de la Bibliothèque Royale, j’y avais consacré les cinq années de mon séjour à Paris, durant lesquelles je lis des extraits de maints Ouvrages philologiques et archéologiques qui entraient dans mes études, et je copiai des Grammaires, des Vocabulaires et même des Dictionnaires entiers dont la rareté ne m’offrait aucun espoir de me les procurer.

Persuadé avec Rivarol, que „la meilleure

(1) Nous ne rappellerons point ici les suffrages que l’Académie Française et plusieurs savans Philologues ont accordés à cet Opuscule, nous citerons seulement la censure de Mr. le Professeur Wiseman, qui, pour faire passer le tems à ses Auditeurs, s’est cru appelé à porter ses décisions, en traitant la chose en dilettante ; et il nous a fait l’honneur de s’occuper de nous depuis la page 107 jusqu’à la fin de la page 109 du 1er Volume de son Discours sur les rapports entre la Science et la Religion révélée.

AVANT-PROPOS

„ histoire de l'Entendement humain doit, avec „ le tems , résulter de la connaissance appro- „fondie du langage (i) „ je me livrai à cette étude en apparence si aride, mais dont les attraits séduisaient d’autant plus mon esprit, que les élémens du langage m’offraient, à la fois, les ressorts de l’intelligence, le type du monde physique, intellectuel et moral, et l’histoire de l’homme tout entier.

L’ensemble de mes études, dont j'ai rendu compte à l’Académie Russe en l’année 1827, forme la série des questions suivantes:

1°. Un Essai sur la formation du langage considéré dans son principe physiologique.

2°. Un Résumé des loix organiques du langage.

3°. Un Coup - d'oeil sur les Alphabets anciens et sur les élémens primitifs.

4°. Une Archéographie universelle.

5°. Un Essai sur l'Esprit des langues et la filiation des idées.

6°. Une Grammaire générale.

(l) Discours Préliminaire sur un nouveau dictionnaire de la langue française . Récapitulation.

AVANT-PROPOS

7°. Un Ennui sur les divers genres d'écritures, considérés dans leurs rapports arec les langues qu'ils représentent.

8°. Des Mélanges archéographiques , renfermant , entre antres, un aperçu sur l'origine des caractères cunéiformes.

9°. Un Essai sur fa langue et t écriture chinoises.

10°. Un Mémoire sur la question du projet d'un Alphabet Universel , imprimé, mais non publié.

11°. Une Analyse des révélations hiéroglyphiques d'Ibn TVahschiyyèh , publiées en anglais avec le texte arabe par Mr. de Hammer.

12°. Des Opuscules Archéographiques , dont la première partie publiée à Paris en 1824, renferme l'Analyse de la Théorie de Mr. ChampoUion le jeune sur les hiéroglyphes des anciens Egyptiens.

13°. Un Essai sur les Hiéroglyphes d'Ilor-

apollon , publié en 1827, après mon départ de Paris, par les soins de feu le Bon de Mérian, auquel je confiai mon Manuscrit avec un Avant- Propos •, que l'Editeur a cru devoir supprimer,

Avant-propos.

et où je motivais la publication obligée de mon Essai sur Horapollon.

Dans cet Avant-Propos je disais, entre autres, qu’en communiquant à Mr. Klaproth mes observations sur les hiéroglyphes d' Horapollon, je n’eus d’autre intention que celle de lui faire entrevoir la possibilité d’apprécier les révélations de l’écrivain Niliaque autrement qu’on ne l’avait fait jusqu’à ce jour.

Les vains efforts que fit M. Klaproth pour m’engager à publier cette partie de mes études, le déterminèrent enfin à s’en occuper lui-même; et, convaincu bientôt de la facilité de mon mode de déchiffrement, il éprouva le besoin irrésistible de faire partager sa conviction à tous ceux qui ont les yeux fixés sur les fastes de l’antique Egypte.

Le savant philologue en publiant son travail sur Horapollon, dans sa Lettre (1) à mon adresse, a cru devoir y ajouter un aperçu des élémens

(1) Lettre sur la découverte des hiéroglyphes acrologiques , adressée à Mr. le Ch. de Goulianof, Membre de l’ Académie Russe, par M. J. Klaproth. Paris 1827.

AI

Avant -rRoros.

qui forment, selon lui, le système hiéroglyphique des Egyptiens.

Livrer au jugement des personnes éclairées un fragment imparfait de mes études, c’élait, selon moi, m’exposer à atténuer la force qui peut résulter de leur ensemble: c’était livrer des conséquences dont je n’avais encore qu’entrevu les principes. M. Klaproth a lui même fait cette réflexion à la page 33 de sa Lettre. Aussi, étaisje loin de me dissimuler les inconvéniens attatachés à la publicité anticipée d’une question que M. Klaproth (1) a traitée d’ ailleurs avec la sagacité et le talent qui caractérisent tous ses trav aux.

Ce n’est donc pas sans un vif regret que je me suis vu forcé de rompre le silence pour livrer

(1) L’Auteur de l’article inséré dans la Revue Encyclopédique à l’occasion de la Lettre de Mr. Rlaprotli, a cru, en effet, devoir ,, me féliciter d’a- „ voir rencontré, pour faire connaître mes recher- ,, clies au public, un interprète aussi éclairé et ,, aussi habile que Mr. Klaproth.,,

D’autres ine témoignaient de vive voix leur surprise de n’avoir point voulu publier moi -même ma découverte. C’était donc, pour rétablir les faits, que j’avais placé à la tête de mon Essai Y Avant - Propos qui en motivait la publication.

Avant-propos.

VU

à la Critique des résultats détachés de mes études, résultats qui ne pouvaient, tout au plus, que la rendre attentive à l’égard de cette partie des mystères hiéroglyphiques, qui a paru jusqu’à ce jour la moins accessible aux tentatives des Archéologues, et, à leurs yeux, la plus importante par son objet.

Les regrets que je témoignai, trouvèrent de nouveaux motifs dans la publication, par Mr. Conr. Leemans, d’ une nouvelle édition des Hiéroglyphes (V Horapollon, accompagnée de savans et riches Commentaires, auquel il a jugé à propos de joindre mes explications incomplètes ^r les données de l’écrivain Niliaque.

Quoiqu’il en soit, la publication obligée de mon Essai, en m’ ouvrant une nouvelle carrière n’ a pu qu’ intervertir la marche de mes études. En effet, après avoir livré au public mon Analyse sur la théorie de V Egyptologue et ma propre méthode de déchiffrement, je ne pouvais plus reculer devant la nécessité de justifier, d’une manière plus complète et plus satisfaisante, les résultats de mes études sur Y expression des signes hiéroglyphiques et sur le langage sacré des Egyptiens .

Avant - propos.

Agrégé au Ministère de l’Instruction publique, je me rendis vers la fin de l’année 18‘27 à Dresde, où je nie livrai pendant l'espace de vingt mois, à l’investigation des mystères hiéroglyphiques. Cet espace de teins écoulé, je fus obligé de retourner en Russie, ou je demeurai environ trois ans loin de ma bibliothèque, que j’avais laissée à Dresde dans 1 espoir d’y retourner. Mon espoir n’a point été déçu. La munificence de mon Souverain me facilita les moyens de retourner à Dresde et de me livrer de nouveau à mes études hiéroglyphiques.

%. Aussitôt après mon arrivée, je publiai mes Remarques sur le Tiodiaque de Dendérah , insérées dans un Journal littéraire de Moscou et traduites en allemand par Mr. Goldbach. (1) Deux ans plus tard je livrai à P impression les premières feuilles de mon Essai sous le titre: Archéologie Egyptienne ou Recherches sur les signes et le langage hiéroglyphiques, suivies (F un Essai sur les origines de la langue Copte.

(1) Bemerkuttgen über den Thierkreis von Denderah , ein Sendschreiben au den Hcrausgeber der Zeitschrift Telescop f von J. v. Goulianof. Dresdeu

Ayant - propos.

J’étais déjà sur le point de publier mes deux premiers Volumes, et je les annonçai dans le Journal de la librairie de Leipsic sous le titre modifié: Examen critique de la théorie de Mr. Champollion et de son Ecole, ou Prolégomènes de l'Ouvrage intitulé: ArcheologieEgyptienne, &e. Mais un fait inattendu changea tout à coup la marche de mes études hiéroglyphiques. Parvenu à la 28e feuille (d’impression) dans laquelle je développai les mystères de la légende BO qui est le titre de la plupart des Souverains de l’Egypte, et que Mr. Champollion traduit par Seigneur du Monde ou de /’ Univers, je fus frappé par la conformité que je trouvai entre ce titre et celui de Prince de ce Monde, qui est, ni plus ni moins, l’épithète de Y Esprit malin. Cette conformité devint, à mes yeux, d’autant plus positive, que les épithètes: le Prince de ce monde , l' Esprit immonde et /’ Esprit malin , qui caractérisent alternativement Satan dans l’ Ecriture, se retrouvaient dans l’expression équivoque de la légende twL BO, qui exprime à elle seule ces trois épithètes.

Ici s’ouvrait à mes yeux une nouvelle carrière — une carrière immense et laborieuse, qu’il

X Avant-propos.

fallait parcourir en tout sens pour s’ instruire et se convaincre: clans quelles proportions et dans quels rapports la langue dite sacrée des Egyptiens, c’est-à-dire, le langage allégorique des mystères , se trouvait lié à l’économie de l’Ecriture? La gravité de cette question ajoutait nécessairement à la nécessité impérieuse de l’aborder. Je dus donc, sous peine de livrer mes deux Volumes au néant, suspendre mes recherches hiéroglyphiques, pour me livrer de toutes mes facultés à l’étude des rapports qui pouvaient exister entre le langage allégorique et symbolique de V Ecriture et la langue sacrée des Egyptiens.

Les matériaux de mes nouvelles études s’accroissaient en raison directe de mon ardeur dans la recherche des moyens propres à me faire apprécier ces rapports; et les résultats inespérés de cette recherche ont pu seuls soutenir mon courage dans l’épuisement graduel de mes forces physiques: và y.alà xotiü) y.vwvvcu, était la légende de ma vocation.

Les faits que je viens d’articuler expliqueront ainsi au lecteur les motifs qui ont retardé la publication de mes trois premiers Volumes. Et ces lenteurs seront comprises et appréciées

A VANT- PROPOS

mieux encore, si l’on veut bien se donner la peine de calculer le teins matériel qu’exigeait impérieusement l’ investigation des mystères de chaque symbole, l’examen des allégories de chaque légende, considérée dans ses rapports au langage sacré des Egyptiens, dont l’Archéologie ne connaît jusqu’ aujourd’hui que le nom. Le tems matériel qu’il fallait, à l’occasion de chaque légende, pour interroger l’Antiquité toute entière, c’est-à-dire, les données des Anciens et les travaux archéologiques, publiés par les savans modernes; le tems d’étudier chaque légende égyptienne dans ses rapports possibles au langage allégorique de l’Ecriture; le tems pour pénétrer dans les mystères symboliques de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance, — d’apprécier l’intimité de leurs rapports, d’en acquérir la certitude fondée sur une masse de rapprochemens, — de découvrir enfin, et de voir, de ses propres yeux, l’abyme qui sépare les mystères de l’Ecriture de ceux de l’Egypte monumentale.

La poursuite de ces recherches pendant sept années de labeurs, m’a ainsi fourni des matériaux propres à former neuf ou dix volumes, dont je livre les trois premiers au public.

Avant - propos.

Les volumes complémentaires que j’annonce à la suite de ceux que je publie, devront nécessairement paraître sous le même titre de Prolégomènes ; et si la forme que j’adopte semble être insolite, je répondrai à la Critique que cette forme est la seule qui puisse justifier mes espérances; et que mes espérances ne sauraient avoir d’autre objet que celui d' introduire les Archéologues dans le sanctuaire dont je pense avoir découvert les avenues. On sera d’ailleurs moins surpris du choix de ce titre, lorsqu’on aura vu qu'un seul caractère hiéroglyphique , pris avec ses variantes , m’a fourni des développemens pour l’étendue de deux volumes. La forme plurielle du mot Prolégomènes se trouve ainsi en rapport avec les diverses questions préliminaires et avec les diverses légendes hiéroglyphiques, dont le mystère doit intéresser les savans.

La Préface, qui devait accompagner les deux Volumes primitifs de mes Prolégomènes, et qui fut imprimée dès l’année 1833, a dû nécessairement subir des réformes pour tout ce qui concerne les progrès actuels de mes investigations.

Avant-propos. XIII

Mon séjour à Dresde a été favorable à mes études par la facilité que j’ ai eue de me former une bibliothèque précieuse pour l’objet de mes recherches. (1) Toutefois, les trésors de la Bibliothèque Royale m’ont été d’un grand secours; et je dois, à cette occasion, témoigner ma reconnaissance à Mr. Falkenstein, Conservateur en chef de la Bibliothèque, et à ses Adjoints qui se sont prêtés avec une obligeance extrême à mes constantes importunités.

Je m’acquitte avec plaisir des remercîmens que je dois à Mr. le Dr. Graesse, connu par son important ouvrage histor. - littéraire (2) et dont l’érudition m’a été utile sous plus d’un rapport, surtout dans la recherche des passages qui manquaient souvent dans T Index des Ouvrages que je consultais.

(1) Je nommerai surtout le bouquiniste Jacobson qui m’a fourni, au fure et à mesure, un grand nombre d’ Ouvrages Classiques, qui traitent de l’ Archéologie sacrée et profane.

(2) Çefyvbitd) einer aCgemeinen îittevanjefdfytcfyte aflev befannten S3clfer bev SSelt, von ber àltefîen biê auf bte neuefie 3«t. Sveêben unb Çeipjûj 1837, 1839. Volumes I — III.

Avant -tropos.

Je dois, en même teins, exprimer ma vive gratitude à Mr. le Vice -Président d’Ainmon, Grand -Prédicateur delà Cour, qui s’est offert, avec une bonté sans égale, à corriger les épreuves de mon Ouvrage.

J’avais d’abord l’intention d’accompagner chaque Volume de planches lithographiques renfermant les signes et emblèmes qui s'y rapportent. Mais l’exécution de ces planches étant de nature à solliciter de ma part un contrôle fastidieux, qui m’eût absorbé beaucoup de teins, comme j’en ai eu l’expérience dans l’exécution de la planche annexée à ma brochure sur le Zodiaque de Dendérah, j’ai préféré m’en occuper quand l’Ouvrage sera au complet, de manière à offrir aux lecteurs un petit Volume de planches séparé. Toutefois, l’utilité qu’il y a, pour la Critique, d’avoir sous les yeux l’image des objets dont j’analyse les légendes, cette utilité m’a déterminé à faire graver sur bois les types dont j’ avais besoin, et j’ ai trouvé, pour mon troisième Volume, un Graveur assez habile, que j’ai formé à la longue au maniement du scalpel hiéroglyphique.

Avant - propos.

Quant aux caractères coptes, lors de mon premier séjour à Dresde, je comptais sur les imprimeries de Leipsic, si riches en caractères polyglottes. Malheureusement, en fait de caractères Coptes , on n’y trouve que ceux dont Mr. Seyffarth s’ est servi dans ses Rudimenta hiéroghjpltices et qui sont trop difformes, pour que j’ eusse pu me décider d’en faire usage. Ces caractères, calqués sur le type de ceux que l’on trouve dans les Ouvrages de Jablonski, présentent des rectifications inutiles et reproduisent, en même tems, les défauts de ces derniers. Conçoit - on que Mr. Seyffarth ait pu admettre dans son Ouvrage un caractère aussi défectueux que le pour q; et, ce qui est pire encore, le 2^, pour g! et fausser ainsi la leçon des mots, en donnant partout un Z pour un Jï! — Un autre specimen des imprimeries de Leipsic, que j’ai sous les yeux, n’offre point ce genre de défauts; mais le type en est si peu original et si mesquin, qu'il m’a été également impossible d’en faire usage, (i) Ces inconvéniens m’ont

(1) Quant aux caractères dont Mr. Cliampollion le jeune a fait usage dans ses deux Lettres à 31r. le Duc de Blacas d' Aulps, et moi, dans mon

Avant - propos.

déterminé à commander de nouveaux caractères Coptes d’après mes propres dessins, imités de ceux de la Lingua Aegyptiaca Restituta du Père Kirelier, Ouvrage publié en 1643 et offrant le type le plus correct de tous ceux que je connaisse par les ouvrages publiés jusqu’à ce jour. Quelle que soit l’habileté et le talent du graveur dont je me suis servi pour la confection de mes caractères, sa prédilection pour la botanique dominait tellement ses facultés, qu’ après une année d’épreuves, j’ai dû renoncer aux corrections que sollicitaient quelques uns des caractères; et ce n’est qu’à mon retour à Dresde que je me suis adressé à un autre graveur pour y apporter les amendemens indispensables et l’addition des caractères h % , que j’avais abandonnés à la dite époque.

Essai sur Horapollon , ces caractères (quelque agréables qu’ils soient à l'oeil par leur alignement et nivellement, et surtout par la pureté de leur exécution) s’éloignent tellement du type original des caractères Coptes, que je les aurais pris pour une invention moderne et toute européenne, si Mr. Firinin Didot ne m' eût assuré qu’ il les a tirés d’ un beau Manuscrit de la Bibliothèque Royale de Paris.

Avant - propos.

Les deux Specimen, que je mets sous les yeux du lecteur, lui donneront la mesure des additions et des réformes que j’ ai apportées au travail du premier graveur.

Specimen de 1S30.

a.B(C£)Z,HUIK<\UHOnPCTÏ#XCD .

ujqjxsxs'-r.

\Ç)Vvci' mnï.V ASLwmp(ms( Alx •

Specimen de 1833.

:XRCIiUUru\UHOlIPCTM>X(D .

\ti^\UUUAXXV\OT\pC'r^^Ç\)Xa) •

UjçLI)8X(5"'î'. — .

Ces types, aussi correctes qu’il m’a été possible de les rendre, offrent, du reste, un inconvénient dont je me suis aperçu trop tard: c’est d’être trop grands pour le texte de cet Ouvrage.

L’Archéologie Egyptienne étant devenue, en quelque sorte, le patrimoine de la langue française, j’ai du, dans l’intérêt de sa cause, me servir de cette langue, dont les snsceptibili-

Avant-propos.

tés, égales à ses exigences, découragent les efforts d’un étranger. Le séjour à Dresde de Mr. le Comte de Circourt était une bonne occasion de remédier à mon insulïisance, et je m’empressai de lui soumettre les feuilles imprimées du I. Volume et une partie du Second. La rareté des observations et corrections marginales qu’il eut la bonté d’y faire, a dû nécessairement me paraître un effet de son indulgence proportionnée à ma qualité d’étranger. Cette pensée me détermina de profiter plus tard de r arrivée à Dresde de Mr. de B — de, qui voulut bien consentir à emporter avec lui les feuilles en question, et qui me promit de leur accorder toute son attention et de ne me passer aucune incorrection ou aspérité de style. Sous de tels auspices, je pouvais me féliciter d’avance de faire la fortune de mon style par la richesse de mes cartons. Malheureusement, depuis le départ de mes feuilles, il ne m’ est resté de mes espérances en Mr. B — de, que le souvenir de son amitié pour moi. J’expose tous ces détails afin de prouver historiquement , que j’ai fait tout ce qui était en moi pour paraître devant l’Aréopage sous des formes les plus séantes à

Avant-propos.

mon sujet; et que si la fortune n’a point secondé mes tentatives, c’ est un motif de plus pour que mes lecteurs me fassent espérer leur indulgence, ou, comme disent les Grecs, leur sympathie. Pour faire valoir mes titres à cette faveur, je citerai d’ailleurs la remarque qu’on lit à la page X de la Préface que Mr. le Baron Sylvestre de Sacy a mise à la tête de la seconde édition des Recherches historiques et critiques sur les mystères duPaganisme de Mr. le Bon de Sainte-Croix et où le célèbre Orientaliste dit: „Je ne parlerai point des corrections fréquentes qu’exigeait le style de l’Auteur, et pour lesquelles „j’ai cru devoir me donner une entière liberté.,, Voilà ce que je réclamais pour mon style, et ce que le sort n’a pas voulu m’accorder.

Cet état de choses expliquera aux lecteurs la raison pourquoi je me suis abstenu d’ajouter à la fin de chaque Volume un Errata ; et je dois l’avouer, un Errata (]) tel que l’exigerait

(1) Je citerai ici un erratum bien omineux et qui causera l’hilarité de l’Ecole de Mr. Champollion. Cet erratum, dont je me suis aperçu trop tard, se trouve â la fin d’une longue discussion, et me fait dire tout juste le contraire de ce qui re'sulle de mes

Avant - tropos.

l’ensemble de l’Ouvrage, eût été, dans les circonstances présentes, trop au dessus de mes forces. J’attendrai donc qu’un lettré habile vienne à mon secours pour suppléer un jour à ces lacunes et pour fournir les Desiderata au moins dans les Volumes qui suivront.

Je promets également, à la suite de la publication complète de mes Prolégomènes , deux Index essentiels: l’un renfermera tous les termes et objets de discussion et d'analyse , mentionnés dans mes Recherches; l’autre fournira la liste des Ouvrages que j’ ai consultés, et que j’ai eu soin de citer d’ailleurs à chaque occasion.

développeinens. Voir, dans le Vol. III, la page 42 ligne 27, on on lit: ne peut désigner une tunique au lieu de : ne peut désigner qu ’ une tunique.

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