LES SIGNES FIGURATIFS
„ D’autres caractères plus éloignés encore de „la nature réelle, peuvent cependant , dit Mr. ,, Champollion, être compris au nombre des ,, caractères figuratifs, parce qu'ils ont les „ formes que les Egyptiens , d'après leurs idées ,, particulières , attribuaient à certains objets: ,,tels sont d’abord le caractère ciel, wy ou „ firmament , (Tableau génér. No. 234),
,, (pii est représenté comme un véritable plafond „ de temple, tantôt couvert d’étoiles, tantôt peint ,, seulement de couleur bleue; et en second ,,lieu, les caractères qui rapellent a eux seuls ,, l’idée des dieux Ammon, Phtha , Saté, Net- ,,phé, Osiris , Isis et Hercule. Ces caractères ,,ne sont, en effet, que de véritables représen - „ talions de ces divinités , telles que la masse des ,, Egyptiens les adorait dans les temples, et se „ figurait qu elles existaient dans les régions „ célestes: aussi ces caracteres-images « tête ,, humaine portent-ils les attributs et souvent „ les couleurs des êtres divins dont ils expriment „ l’idée. a Précis , page 320 et suiv. No. 36.
Confusion des signes figuratifs. 253
Ces considérations , quelle que soit leur candeur, ne sont pas, à beaucoup près aussi concluantes qu’elles l’étaient aux yeux de l’Egyptologue. Et d’abord , de ce que „ le ciel ,, ou firmament était, au dire de Mr. Champol- „ lion , représenté comme un véritable plafond ,, de temple “ s’ensuit-il qu’une femme gardant la posture d un quadrupède , puisse figurer au propre le ciel ou le plafond ( 1 ) d 'un temple? En nous donnant cette image mystique pour un caractère figuratif , l’Egyptologue oublie entièrement la définition qn’il a donnée de ce genre de caractères, qui, ,, par leurs formes matéri - „ elles sont une image des objets mêmes dont ,, ils doivent exprimer Vidée. “(2) Or, en jetant les yeux sur les images grotesques, que Mr. Champollion nous donne pour des noms divins figuratifs, peut-on admettre raisonnablement
(2) Quiconque aura vu l'anamorphose dont nous parlons, se persuadera difficilement que deux lignes parallèles et disproportionnel lem eut allongées, qui simulent le torse de la femme -ciel , puissent avoir représenté le plafond d’un temple : Pour admettre cette leçon de Mr. Champollion , il aurait fallu que le corps de cette femme eût occupé au contraire l’étendue de la surface du plafond, condition qui ne se rencontre sur aucuu monument.
(1) Suprù, page 244.
que ces représentations soient les images mêmes des divinités qu’elles symbolisent, et qu elles soient d’ailleurs distinctes de celles que Mr. Champollion nous donne pour des anaglyphes? L’Egyptologue viole ses préceptes d’une manière d’autant plus remarquable, qu’en nous donnant dans son tableau général , (No. 67 — 83 a) une série de vingt et une images de divinités Egyptiennes pour des noms divins figuratifs, il place dans cette série dix images monstrueuses qui offrent l’application immédiate de la définition qu’il donne, a la page 341, de la première espèce ,,des caractères symboliques- „ Énigmatiques, qui tiennent la place des noms ,, propres des différentes divinités , et se for- ,,ment d’un corps humain avec ou sans bras, „ assis, mais dont la tête est remplacée par „ celle d'un quadrupède , d'un oiseau ou d'un ,, reptile etc. (i l’investigateur nous disant que ,, ces caractères ne sont en réalité (pie les images ,, symboliques des dieux mêmes. i(
En me réservant de revenir sur ces confusions arbitraires dans le chapitre des signes symboliques, je vais pour le moment, m’arrêter à une autre inconséquence concernant les no»is