‹ Archéologie égyptienne (volume 2)Chapitre 48 sur 68 · DÉTAILS DES CARACTÈRES FIGURATIFS · texte numérisé non relu

DÉTAILS DES CARACTÈRES FIGURATIFS

„I1 est impossible, dit le savant Egyptologue,

,, de méconnaître de véritables caractères figu-

,, ratifs, dans les signes du texte hiéroglyphi- ,, que de Rosette, qui expriment les mots du ,, texte grec vaoç chapelle, eixœv image, lôavov „ statue, x txvov enfant , aoniç aspic, et stèle. „ Ces divers objets sont , dit Mr. Champollion, ,, représentés très-fidèlement dans le courant du „ texte. “(2) Et à la page 331, il ajoute à côté

(1) Page 201, supra.

(2) Page 323 No. 33.

De i l'AILS DES SIGNES FIGURATIFS DE Cil. 247

de ces images celle, de l'homme , et de la coiffure Pschent , qu’il prend dans le môme texte, et donne pour des caractères réellement figuratifs !

Après ces premières indications , le savant investigateur entre dans les details suivans :

„I1 est nécessaire, dit-il, d’indiquer ici plu- ,, sieurs autres exemples de l’emploi des carac- „ tères figuratifs. “ ( i )

„ 1 °, Dans la dédicace du temple de Ouady- „Essebouâ, en Nubie, par Rbamsès le grand, ,, dédicace dessinée par Mr. Huyot , et dont on ,, publiera bientôt le texte et la traduction, il ,, est question de l’édifice et des sphinx qui le ,, précèdent ; et cette dédicace est reproduite „sur le socle même des sphinx , qui y sont ,, indiqués figurativement par leur image ,, parfaitement détaillée. “ (Tableau général „No. 301.)

L’inscription qui décore l’appui des f, colosses oriental et occidental de Louqsor, „ présente parmi ses signes l'image même de ,, ces colosses (Tableau général, No. 299) , dont ,, l’énorme proportion est exprimée par un

(l) Ibid. No. 34.

„ groupe de deux caractères, qui signifie „ grand, placé sous l’image de la statue.

„ 3° , Dans les bas-reliefs du palais de Médi- ,,nétabou, qui représentent une victoire de „ Ramsès-Meiamoim sur des peuples étrangers, „ on amène luie foule de prisonniers ; plus loin, ,,en présence du roi, un Egyptien compte les „ mains coupées aux ennemis, un second en „ écrit le nombre, et un troisième le proclame. „ La légende tracée au-dessus de la tête de ces „ personnages, offre le caractère figuratif „ main , suivi de signes numériques exprimant „ que le nombre des mains coupées aux vaincus „ était de trois mille (pl. XIX Nr. 1); et immé- „diatement au-dessus, dans la même légende, „est le signe figuratif homme , suivi du signe „ numérique mille, qui se rapporte évidemment „ au nombre des hommes prisonniers (pl. XIX „ Nr. 2) (î)

«4°, On remarque souvent, dans les peintures „ des manuscrits égyptiens, différentes barques ou ,, vaisseaux sur lesquels sont placés, soit divers „ emblèmes des dieux, soit les images des dieux ,, eux-mêmes; les légendes qui les surmontent ou ,,qui suivent ces barqucs} contiennent ordinaire-

(1) Planche XV de la 1 re édition-

Détails des signes figuratifs de Ch. 249

„ ment le caractère figuratif vaisseau , accom- „ pagne de la préposition h* de (la ligne horizontale), et du nom propre du dieu auquel elles sont „ consacrées ; comme, par exemple, le vaisseau „de Phrê , le vaisseau d’Osiris, le vaisseau de „Benno. (Voyez pl. XIX No. 3, 4 et 5.) (î)

,, 5 °, Il existe au Musée royal une inscription ,, hiéroglyphique du temps des Lagides, et rela- „ tive a une victoire remportée dans des courses „ de chevaux et de quadriges, lesquels sont „ exprimés figurativement dans plusieurs colonnes de ce beau texte. (Tableau général No. ,,330. et 331.)

„6°, Parmi les bas-reliefs d’une portion de „ frise donnée parFicoroni, et dans la Collection „ de gravures de mouumens égyptiens , récem- „ment publiée en Angleterre par les soins de „Mr. le docteur Toung sous ce simple titre ,,Hiéroglyphics, est un fragment de basalte ,,noir, représentant un des Pharaons qui ont „ porté le nom de Néchao, faisant l’offrande aux „ dieux de l’Egypte de divers objets qu’il tient ,,dans ses mains, et parmi lesquels on remar- „que un collier ; ce collier et autres objets „sont Jigurés de nouveau dans une courte

(1) Planche XV de la première édition.

,, légende écrite devant le roi, et qui consiste ,,dans le verbe donner (le bras étendu soutc- „ liant le niveau), T et 'T et dans V image „ exacte de Vobjel donné (Planche XIX No. 6 >,et 7).(i)

„7°, Dans les inscriptions des obélisques, j’ai „ trouvé presque toujours ces monolithes figurativement exprimés (Tableau général. No.

,,300); et ces images parlantes sont précédées „du même groupe (planche XIX No. 8) (2) „ qui , dans l’inscription de Rosette , exprime le ,,mot orijocu, être placé , être érigé , du texte „grec.

„8°, Enfin, j’ai reconnu, dit Mr. Champollion, „dans les bas-reliefs, les stèles, et les manuscrits hiéroglyphiques , un grand nombre de ,, signes qui sont incontestablement figuratifs „ des objets dont ils étaient destinés a rappeler „ l’idée, telle que celle de soleil , lune , étoile, ,,vase, balance , lit de repos , pain , sistre , „poisson , oie, tortue, boeuf, vache, veau, „ cuisse de boeuf, antilope, arc, fiche, pa- ,,tère, autel , encensoir , vase defeurs, porte „ d enceinte , chapelle monolithe , etc. <(

(1) Planche XV de la première édition.

(2) thid

DÉTAILS UES SIGNES FIGURATIFS DE Cil. 251

,, Les hiéroglyphes figuratifs , cités jusqu’ici, ,, offrent tous, dit l’auteur, (i) les contours ,,bien exacts et souvent même les couleurs „ vraies des objets qu’ils expriment ; mais il est „ une autre sorte de caractères qui sont égale- ,, ment FIGURATIFS, sans offrir une image aussi „ précise des objets , et tels sont , par exemple, ,, ceux cpii servaient a rendre les idées , habita- „tion , maison , demeure ou édifice; ce n’est „ ni le profil ni l’élévation de ces objets , mais ,, le plan même ou bien la coupe de V enceinte ,, d une maison ou d’un édifice (voyez Tabl. „gén. No. 280, 281 et 282).“

Jusqu’ici Mr. Champollion s’est attaché à des exemples parfaitement applicables à sa définition des caractères figuratifs destinés à désigner dans les textes et les tableaux , les objets dont ils sont les images. Qu’un lecteur attentif juge maintenant si les exemples qui vont suivre peuvent, aux conditions voulues par le savant Egyptologue , être considérés le moins du monde comme images directes des objets qu'ils représentent , et admis dès-lors dans la classe des caractères figuratifs, c’est-a-dire , des élémens de la méthode dite: KvqioXoyixi) v.arcc uiuijoiv ?

(l) Page 326 No. 35.

§. II

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