ON RANGE CES TROIS MOTS DANS UN ORDRE
„ different, mais également régulier , logique,
,, SELON LES VUES PARTICULIERES de cllUCUn des
,, deux écrivains qui les emploient. “ En me référant à ce que j’ai dit sur cette question à la page 1 5 et 1 6 supra , je demande ici à la bonne critique , au nom de laquelle parle Mr. Cbampollion Figeac, si son aveu spontané, que les trois mots en question, exprimant les trois espèces de la méthode symbolique , et ranges dans un
ORDRE DIFFÉRENT, SELON LES VUES PARTICU- LIERES (les deux auteurs, si cet aveu, dis -je, ne donne pas un démenti formel à l’assertion de l’Egyptologue qui soutient que Clément d’Alexandrie développe l’ensemble et les details de tout le système graphique des Egyptiens, sous le même point de vue que lui? Mr. Champollion Figeac n’en conclut pas moins que ,, c’est ici une question de mots , et non pas „une question de faits. “ Et il en appelle à la bonne critique! Mais Mr. Champollion Figeac n’est point exact dans son calcul ; il ne fait mention que de trois mots , sans dire lesquels , et il omet le quatrième : les voici dans l’ordre déduit du texte des Stromates :
[ KvQLoloyixi).
ZYMBOAIKH / TQomxrj.
I A iviy uaTœdrjÇ.
La bonne critique, en jetant les yeux sur cette filiation, reconnaîtra nécessairement que 1 a premier mot 2vufio).ixrj exprime le genre, et les trois autres mots, les espèces. Ainsi, dans cette filiation, nous voyons le genre symbolique composé de trois espèces : la première Kyriologique, la seconde tropique ou figurée, et la troisième énigmatique. Or,
Dissidence de Ch. avec le texte grec. 303
1 °, L’espèce KvQioXoyixrj v.arà utu^mv, qui emploie les images au propre , (les caractères figuratifs de l’Egyptologue) et forme chez St. Clément la première subdivision de la Méthode symbolique , se trouve chez Mr. Cbampollion hors de cette méthode.
2 °, Et les deux autres espèces de la Méthode symbolique, dites Tçomurj et Aiviypaviôârjç , et formant les deux dernières subdivisions de cette Méthode, se trouvent chez Mr. Champollion confondues en une seule especes sous les épithètes indifférentes de symboliques , tropiques ou énigmatiques !
La bonne critique saura maintenant que :
1 °, Enlever au genre symbolique sa première espèce.
2°, Identifier l’espèce énigmatique avec l’espèce tropique.
3 °, Et confondre l’expression de ces deux dernières espèces avec le mot symbole , désignant chez St. Clément le genre qui comprend toutes les trois espèces.
Que tout cela est, au dire de Mr. Champollion Figeac, une simple question de mots, et non pas une question défaits !
Je rappellerai enfin l’étrange assertion de l'Egyptologue, qui prétend, d’une manière si
PREMIERE PARTJE.
affirmative, que „ les bas -reliefs purement „ allégoriques ou symbolioues furent parti- „ culièrement désignés par les anciens sous le „nom d’aivaglyphes,“ Mr. Champollion veut faire valoir l’autorité des anciens , tandis qu’il n’a trouvé le mot âvâylv(pa que dans le texte des Stromates , où il est occasionnellement employé a propos d’un exemple tropique relatif aux louanges des souverains, gravées sur les monumens en bas-reliefs: dcà xœv uvayLvywv. Que les bas-reliefs et peintures mystiques se distinguent des textes hiéroglyphiques, c’est un fait que personne ne conteste ; mais il n’est point vrai que les anciens aient jamais donné à ces bas-reliefs et peintures mystiques le nom d’anaglypiies , par la raison que le mot dvdy).v(pa n’a jamais signifié autre chose que bas-reliefs. Mais, supposé même que l’assertion de l’Egyptologue fût vraie; que le mot dvdyXvcpa eût été effectiment employé pour exprimer les bas -reliefs mystiques des monumens Egyptiens: ces anaglyphes 11e sont-ils pas indiqués par St. Clément dans son exemple des signes tropiques P et les signes tropiques ne forment -ils pas, dans le texte de cet auteur, la seconde espece des symboles , compris sous la dénomination générique d’ihÉroglyphes ? A quel titre donc Mr.
Dissidence de Ch. avec le texte grec. 305
ChampolÜon fait-il avec ses anaglyplies un système distinct des hiéroglyphes ? Malgré ces divagations et ces incohérences, l’Egyptologue, résumant le parallèle des données de St. Clément, avec les élémens de sa théorie et de son système, nous assure que: cette complète con- ,, cordance de ses résultats avec les seuls docu- „ mens un peu détaillés que l’antiquité nous ait „ transmis sur l’écriture hiéroglyphique égyp- ,, tienne, est bien digne de remarque , et donne ,, à ces résultats un poids et une consistance ,, qu’ils n’auraient dû attendre que d’une longue ,, série d’applicntions ( 1). ,,
Convaincu, pour ma part, de la dissidence complète du système de l’Egyptologue avec le passage de Clément d’Alexandrie, j’avoue que l’assertion du savant français qu’on vient de lire, est, en effet, bien digne de remarque ! C’est à la bonne critique à décider maintenant, si le célèbre investigateur a rempli l’engagement qu’il a pris (2), en abordant les développemens de son système ,, d’énoncer les principes fonda- „ mentaux qui régissent le système hiérogly- ,, phique , et de fixer définitivement la nature
(t) Précis , page 401.
(2) Précis , page 302.
„ générale et particulière des caractères qui lui „ sont propres, en distinguant les différentes „ espèces de ces caractères ,, et si les principes posés par Mr. Champollion dans les deux éditions de son Précis , ont effectivement acquis à l’archéologie „une connaissance exacte du ,, mécanisme delà singulière méthode graphique „des Egyptiens.,,
En terminant cette première partie de mes analyses, je laisse à la philosophie morale le privilège d’expliquer la raison pourquoi, dans un siècle de lumières, il est plus facile d’établir des vérités que de détruire des erreurs.
TABLE