‹ Archéologie égyptienneChapitre 6 sur 46 · Chapitre Seront · texte numérisé non relu

Chapitre Seront

o li ! G ! \ £ s

DES

fl F É ROC L'i PURS P 11 O Y É T 1 QU E S O l ALPHABÉTIQUE S.

,, On a cru assez généralement, dit Mr. Chain-

,, pollion , (1 ) <[ue l’écriture alphabétique a pu „ naître de l’écriture représentative pure. Mais, ,, demande l’Egyptologue, comment concevoir „ qu'une écriture, qui n'a aucune sorte de rapport „ direct avec la langue, qui peint les objets et

(1) Précis , page 350 No. 73.

Origine# des hiéroglyphes piion Étioi es. j >

,,non les mots , ait pu produire un sy stème de „ peinture des sons? Toute écriture seulement „ représentative , quelque parfaite qu'on la sup- ,, pose, n’exprimera jamais analytiquement la ,, proposition la plus simple ; elle 11e saurait „ l’exprimer qu'en musse et en quelque sorte „par un seul caractère; ses tableaux comparés „ à une page des autres divers genres d’écriture, ,, sont ce que serait une interjection, mise en „ parallèle avec une phrase complète, et qui ,, peindrait, à l’aide d’un certain nombre de ,, mots bien choisis, le même sentiment de peine ,, ou de plaisir que 1 interjection dont il s agit. „ Ainsi donc, conclut l’archéologue, l’écriture ,, représentative procédant toujours par masse, „ n’est point susceptible de suggérer l’idée d’un ,, système de signes propres à noter, les unes „ après les autres, non seulement toutes les par- ,, ties ou mots dune proposition complète, mais ,, encore tous les élémens distincts dont se com- ,,pose chacun de ces mots en particulier. 66

,, Serait-il plus vrai de dire, poursuit l'inves- ,, tigateur , (1) que l’écriture alphabétique est ,.née insensiblement d’un système d’écriture à

„ la fois FIGURATIVE ET SYMBOLIQUE, COlUinC

\) Précis, i>age 33 7 No. 74

SECOND*: PARTIE

,, celle des Chinois ? On se le persuadera difficilement, si l’on considère que les caractères „ symboliques étant, dans leur forme, plus „ éloignés que les caractères figuratifs des „ choses qu’ils expriment, ils le sont encore ,, infiniment plus des mots. Nous avons vu, il est ,, vrai, que les Chinois sont arrivés assez facilement a l'invention de signes syllabiques; ,,mais cela a dépendu tout autant, pour le „ moins, de la nature même de leur langue par- „lée, que de celle de leur écriture. N oublions „ point d’ailleurs la grande distance qui sépare ,,une écriture syllabique d’une écriture vérita- „ blement alphabétique. 66

„Ouoi qu'il en soit(i) les témoignages les „plus imposans de 1 antiquité classique concourent à attribuer aux Egyptiens /'invention ,, c/e V écriture alphabétique ; et le docte Geor- „ges Zoega, qui, le premier parmi les savans „ modernes, a professé hautement cette opi- ,,nion, indique les divers passages de Platon, „de Tacite, de Pline, de Plutarque, de Dio- „dore de Sicile et de Varron sur lesquels elle „ est fondée. Il reste donc, en profitant des don- „ nées que nous fournit l’étude des monumens

(0 Pag’# 357 No. iô.

Origines des miÉhogi.yphes phonétiques. 5J

„de f Egypte, non pas à deviner comment fécri- ,, turc alphabétique a pu naître des caractères figuratifs ou des caractères symboliques , dont „ selon toute apparence ( 1 ) les Egyptiens usèrent „ d’abord, mais à 3oir, si les principes généraux ,, qui présidèrent à la détermination des caractères idéographiques Egyptiens, ne présidèrent „ point aussi à celle de leur caractères alphabétiques, lorsque la nécessité de l'invention de ,, signes de c<*t ordre se fut fait sentir pour compléter le système d’écriture hiérogljphique. “ ,, Il est déjà démontré (2) par les faits exposés dans les huit premiers chapitres de notre „ou\rage, «pie le système hiéroglyphique égyptien renferme une classe nombreuse de caractères destinés, comme les lettres de nos ,, alphabets modernes, A peindre les sons et les „ articulations des mots rie la langue Egyptienne. „On a pu voir aussi par leur forme même, que ,, ces signes, désignés par la qualification «le „ caractères phonétiques, parce qu’ils expriment „des voix ou des prononciations, loin d’être

(1) L’accent de cette phrase incidente est assez remarquable de la part de Mr. Champollion, toujours positif et toujours dogmatique

(2) P.i£P 35S iNo. i fi.

SF.r* > \ 1 > !•: PARTIE.

„ comme les signes de nos alphabets actuels, ,, composés de traits assemblés sans aucun but „ marqué d’imitation, lurent au contraire des „images de divers objets physiques tout aussi ,, précises et tout aussi exactes que les caractères ,, figuratifs eux-mêmes. i(

,, Les propres formes de ces signes pho- „nétiquesf images d'objets naturels, dé- ,, montrent que l’Egyptien ou i individu à ,, quelque nation qui/ ail appartenu , (1) qui ,, créa la partie phonétique de l’écriture sacrée, ,, loin de songer à des signes arbitraires pour ,, peindre les sons, se laissa conduire tout ,, simplement par un principe d’analogie déjà ,,mis en pratique dans le système d’écriture ,, qu’il s’efforcait de perfectionner. “

„Pour exprimer graphiquement les objets ,, physiques de nos idées, on s’était contenté, ,, dit le savant Egyptologue, de tracer limage „de ces objets, êtres corporels dont les formes „ principales étaient reproduites par lhiéro- „glyphe: celle méthode représentative ne

(1) Quelle immense concession , en dépit des autorités mentionnées à la page 54 ci -dessus, par Mr. (Jliampollion , qui admet ici le premier venu à la plaça du dieu Thotli, le second Hermès.

Origines des hiéroglyphes phonetiçues. 57

„ pouvait s'appliquer à V expression des sons, ,, puisque les sous n'ont point de forme.

,,Mais, par la méthode symbolique, l’Egyptien ,, avait déjà l'habitude, contractée peut-être ,, dès long-temps, de représenter indirectement „ les idées dont les objets n’ont point de forme, ,,par l’image d’objets physiques ayant certains ,, rapports vrais ou faux avec les objets des „ idées purement abstraites, dont ces objets ,, physiques devenaient par cela même des signes ,, indirects. “

,,0n put donc trouver également facile, convenable et même naturel, (i) d’exprimer tel ,, ou tel son par l’image d’un objet physique ,, auquel le son à peindre se rapportait plutôt ,, qu’à tout autre dans la langue parlée ; et le „but se trouva atteint, lorsque l’Egyptien eut ,, conçu et éprouvé la possibilité de représenter „ indirectement , ou plutôt de rappeler le sou - ,, venir de chaque son de sa langue, par l'image ,, d'objets matériels dont le signe oral ou mot „qui les exprimait dans la langue Egyptienne, „ contenait en première ligne (2) le son qu'il

(1) Page 359 No. 79 et suiv.

(2) Le lecteur est averti que les mots „ en première

ligne “ sr rapportent à l’initiale <Vun mot.

58 SECOND K l’Ail Tl E.

„ s' agissait de peindre. Ainsi: (Voir le Tableau „en regard.)

,, Tel fut , en effet, dit Mr. Cliampolliou,(i ) ,,le principe qui présida au (Unix des images „ destinées éi représenter les voix et les arlicu- ,, lalions des mots introduits dctns te système ,, hiéroglyphique. Tous ceux qui ont quelque ,, teinture de la langue copte, laquelle est 1 ancien égyptien écrit en lettres grecques, en ,, comparant avec soin le grand nombre de ,,mots grecs ou latins, soit noms propres, soit , ,110ms communs, soit adjectifs, dont j'ai découvert la transcription en caractères liié— „ roglyphiques , seront involontairement con- „duits à reconnaître comme moi ce prin- ,, ripe de l'alphabet égyptien ; et si nous ne „ pouvons encore en montrer l’application dans ,, plusieurs caractères dont la valeur, comme „ signes de consonnes ou de voyelles , est ce- ,, pendant certaine, cela tient, dit l’Egy ptologue, ,, à deux raisons principales : la première, c'est ,, que nous ne savons point d'une manière posi- ,, tive (2) quel est l’objet physique dont le

(IJ Paj^e 3ftl No. 80.

(2) Et cependant Mr. C'hainpollion 110ns donne positi vEMï.üT , sous le \o. 14. valeur vue en-

Page 1