‹ Archéologie égyptienneChapitre 5 sur 46 · SC1I · texte numérisé non relu

SC1I

du «on combiné li — J.

et des voyelles

,,Cet ALPHABET PHONETIQUE

se présente

,.donc à nous sous

l’aspect n

’üN ALPHABET

,, primitif réduit aux

sons élémentaires , plus

,, les signes des aspirations , inhérentes a la

Mk. Letronxe sur l’alpharet rrimitif. 43

„ langue égyptienne, et qui ont dû être inveu- ,,tées de bonne heure. “(1)

En abordant les argumens de Mr. Letronne que je viens d'examiner dans ce paragra pbe, j’ai fait pressentir que ces argumens aboutiraient, en dernière analyse, à retrancher de la masse des hiéroglyphes phonétiques tous les signes homophones , pour n’en laisser qu'un sent pour chaque élément, afin d’établir ainsi la similitude entre les origines de cet alphabet et celles des alphabets grecs et sémitiques, qui en dérivent dans l’opinion de plusieurs archéologues. Mais le parallélisme du savant helléniste n’est point heureux, et c’est envain qu’il croit avoir identifié des rapports aussi disparates.

La suppression des homophones dans l’alphabet hiéroglyphique des Egyptiens, n’écartera point les inconvéniens de ce parallélisme ; et il y aura toujours disparité entre l'alphabet égyptien, dont chaque signe représente ux groupe plus ou moins complexe d'élémens homogènes, et les alphabets grecs, sémitiques et autres, où chaque signe , pris dans un alphabet donné , ne représente qu'une ou deux valeurs homogènes et dépendantes de leur association avec d'autres

(l) Ibid. paye o96.

SECONDE PARTIE

élémens, ce qui n’est point dans récriture hiéroglyphique. J’admettrai meme que cette multiplicité de valeurs pour chaque signe aura plus ou moins disparu dans les alphabets dérivés, comme une condition défectueuse , et que c’est ainsi que ces alphabets se sont écartés de leur type primitif. Cette hypothèse ne sera d'aucun secours contre les objections , que m’ont suggérées les argumens du commentateur.

Mais il est une objection (pie ce savant semble avoir oubliée. En retranchant de sou tableau alphabétique , les lettres qui viennent se ranger sous le même signe hiéroglyphique, on trouvera (pie /’ alphabet primitif des Egyptiens, tel qu'il nous le donne, se réduit à 14 signes élémentaires. Or, Mr. Letronne pourra-t-il concilier ce calcul avec la donnée de Plutarque , qui assimile le nombre des années de la vie du boeul Apis au carré de cinq , égal aux signes alphabétiques des Egyptiens? Ilot h dï vtvçâyiovov i; nevvàç à(p tavvijç, ooov zmv yQauuâ ziov nao Aiyvnzioiç to nXifog ton, v.a\ ooov tviavziôv o Amç iti) %o6vov. (l)'Isis et d Osir.)

J’arrive à sa conclusion:

,, Cette coïncidence entre la composition de ,,cet alphabet phonétique et le passage de Clé- ,,ment d'Alexandrie, expliqué en lui-même et

Mr. Letronne sur l alphabet primitif. 45

„sans égard à aucun système quelconque, me ,, parait, dit Mr. Letronne, bien frappante, „Si, à présent, nous pensons au rôle impor- ,, tant , cpie cet alphabet joue dans l’écriture ,, phonétique, il nous paraîtra bien difficile ou „ plutôt impossible que Clément d'Alexandrie ,,ncn ait point parlé ; et comme, dans tout son „ passage sur les hiéroglyphes, il n'y a que les ,, expressions ij âià uov ttqiuvûjv Gioiyjiwv qui ,, puissent s’y rapporter, la coïncidence observée ,, prend un grand caractère de certitude , et ,, laisse dans l'esprit une conviction à-peu-près „ complète, que le sens de ce fameux passage ,, est enfin trouvé, ei ( 1 )

Cette conclusion du savant commentateur renferme trois assertions principales.

1 0 La coïncidence frappante de l’alphabet phonétique avec le passage de Clément d'Alexandrie , coïncidence à laquelle se rapportent selon lui les expressions ij âià voir jxqmtmv azor/mov.

2°. Le rôle important que i alphabet originaire, dégagé de ses homophones , joue dans l’écriture phonétique.

3°. L’impossibilité que Clément d’Alexandrie n’ait point parlé de cet alphabet originaire.

(1) Précis , page 396 et shîv.

SECONDE PARTIE

A<1 1 Je ne m’arrêterai point à l’examen de cette première assertion; je me réfère aux objections auxquelles elle a donné lieu dans mes analyses qui précèdent, (1) et où je crois avoir suffisamment prouvé le paradoxe d’un alphabet primitif , dont chaque signe, étant l’expression d'un son ou d’une articulation la plus simple, donnerait naissance ù plusieurs élémens homogènes, mais moins simples, à l’aide de sa décomposition postérieure!

Ad 2m. Le rôle que le savant commentateur fait jouer, dans 1 écriture phonétique , À l’ alphabet originaire, dégagé de ses signes homophones, ce „ rôle important ei est , comme on l’a vu, celui de représenter les sons et les articulations les plus Élém entaires et les plus simples de tous. Or, j’ai également prouvé que l'opinion sur ce rôle, empruntée aux alphabets grecs et sémitiques , est intolérable dans son application aux hiéroglyphes phonétiques , où chaque signe représente ù lui seul un groupe de deux, trois et ouatre élémens qui figurent tour-ù-tour dans les mots sous le meme signe — condition, qu’on ne trouve ni dans les alphabets grecs , ni dans les alphabets sémitiques , avec

(1) Supra , page 35 et suiv.

Mit. Letronne sur l'alphabet primitif. 47

lesquels Mi*. Letroime croit avoir établi l' identité élémentaire de l’alphabet primitif des Egyptiens.

Ad 3m. ,, Reste à examiner le fait de l’impos- ,, sibilite que Clément d’Alexandrie n'ait point „ parlé de l'alphabet originaire <( tel que le donne son savant commentateur, qui assure que ,, dans tout le passage des Stromates sur les hiéroglyphes, il 11'y a que les expressions rj âià lor nodncov oioiydwi1, qui puissent se rap- „ porter au dit alphabet primitif. ((

Pour apprécier cette assertion de Mr. Letronne, il importe de se demander, avant tout, dans quel esprit est conçu le passage des Slrom aies , relatif à I ' écriture hiéroglyphique ?

On n’aura aucune difficulté à reconnaître,

1 °. One Clément d’Alexandrie se borne à énumérer les diverses méthodes de l'écriture hiéroglyphique , enseignées successivement à ceux qu’on admettait à l’instruction.

2°. Oue, dans l’indication rapide des diverses parties constituantes du système hiéroglyphique, Fauteur des Stromates s’attache à donner une idée suocinte des procédés de chacune des méthodes, en joignant des exemples à quelques unes d'entre elles.

Ces faits étant irrécusables, sur quel fondement

SECONDE PARTIE

repose doue l’assertion de Mr. Lettonne ,, qu’il ,, parait bien difficile, ou plutôt impossible «pie ,, l’auteur des Stroniates n'ait point parlé de „ V alphabet primitif u alphabet, que le commentateur reconnaît dans les expressions ij ôià zioe nçojvojv ozoïyÛMv?

L’analyse ne se contente pas d'ailleurs de ce triage d'expressions ; elle ne peut s’exercer que sur le passage considéré dans son intégrité textuelle. Or, Clément dit: H piv tort xvqio- Xoyixù d'ià rüv JJPQ.TQ.lSl rszorytioiv.

Oui est donc cette ït piv? C'est la Méthode: 7] Mtd'odoç.

Et quelle est celte m éthode ? — C est la Méthode dite JÇvQioXoyixij: la méthode, où les mots sont rendus d'après J expression qui leur est propre; par conséquent, en toutes lettres, sauf la suppression arbitraire des voyelles, admise dans V écriture phonétique.

Si Mr. Letronne est d'accord sur l'acception que je reconnais au mot K v q io).o y i x ij , libre a lui de soutenir maintenant (pie le mot n roiyi iior signifie ici lettres et non pas Élemens. Cela reviendra au même, si je dis que le mot JTro/yüd)v indique les Élemens de chaque mol Écrit, et qu'il est employé par St. Clément, pour exprimer LES PARTIES INTEGRANTES DES MOTS:

Mr. Letronne sur l’alphabet primitif. 49

ces parties intégrantes notant et ne pouvant être autre chose <[nc des lettres.

Soutenir maintenant avec Mr. Letronne (pie le mot TtQcÔTCDv indique dans ce passage les signes des êlémens primitifs de la parole , n est-ce pas violenter l’esprit de ce passage? — J adopterai même pour le moment les argumens dont le commentateur entoure sa thèse irréfragable des lettres primitives qu’il reconnaît dans les mots TTocinuu oro(/c/o)p: les adeptes, en apprenant la nature des lettres primitives, exclusivement employées dans récriture phonétique, auront-ils acquis la moindre idée de la méthode dite KcQtoXoyiy.i) A TA rüv jTQ(6r(ov aror/dwv ?

Est-il croyable que Fauteur desStromates qui dans tout le texte , ne parle que de méthodes, puisse divaguer ici d'une manière si étrange? qu’il parle d’origines, alors qu'il est question de procédés? One, dans une question aussi importante, l’écrivain grec, abordant la metiiode Kyriologiçue, s’arrête à une donnée qui, futelle même vraie, ne serait d’aucune utilité, et qu'il passe sous silence la nature du procédé qui constitue la dite méthode?

Or, ce n’est point l’auteur grec, c'est son savant commentateur qui dénature la question, en dépouillant la préposition âià de son rapport

SELON l»E PARTI I,.

logique aux procédés de fa méthode, et en la rapportant aux origines équivoques de 1 alphabet en question.

Et c’est en insistant sur cette singulière leçon, que Mr. Letronne croit „ laisser dans l esprit ,,une conviction à-peu-près complète que le sens ,, de ce fumeux passage est enfin trouvé. (i

Mais puisqu'il est hors de doute que les mots: rj u i v iovi se rapportent à la méthode, je demanderai, finalement, ce que c’est ou'une méthode? C’est, dira-t-on, un moyen d'arriver à un but, par la voie , par le procédé le plus propre à conduire à ce but.

Maintenant je demande si c’est énoncer le procédé de la méthode Kyriologiole , que de dire qu elle a lieu au moyeux des lettres primitives? C’est faire preuve d’une grande préoccupation (pie de persister à confondre deux choses aussi distinctes et de ne point s’apercevoir que l'énoncé des élémens primitifs n’a rien de commun avec le moyen d’obtenir ces élémens, primitifs quand meme! Or, Mr. Cliampollion a établi en principe 1 existence de ce moyen, à la suite de plusieurs pages de déve- Joppemens sur les origines de la metiiode(i)

(l) P a£e 3 G 3 fin Précis.

Mr. LeTHONNE SUR LALPHABET PRIMITIF. 51

phonétique. Mr. Champollion (lit : „ Le principe de récriture phonétique égyptienne étant ,, ainsi posé , comme les faits l’établissent: une „voix ou une articulation peut avoir pour signe „ l'image (l’un objet physique dont le nom , „ dans la langue parlée, commence par la voix „ou r articulation qu’il s'agit d’exprimer, — „il s'ensuivit nécessairement, qu’une consonne „ou une voyelle put être exprimée par les ,, images d’une foule d’objets différens, avec la „ seule condition que les noms usuels de ces „ objets eussent pour initiale dans la langue „ parlée cette même voix, ou cette même „ articulation. ((

D’après ce principe il demeure incontestable,

1 Oue les élémens graphiques des mots écrits phonétiquement , sont et ne peuvent être (pie des initiales d’autres mots, ou noms d'objets physiques.

2°. Que chaque mot écrit phonétiquement n’est et ne peut être que le produit d'autant d'initiales, qu'il a de signes dam son expression.

N’est-ce pas là le principe, la méthode, le moyen de récriture phonétique ou alphabétique? N'est-ce pas là ce qu’il importait à St. Clément de nous apprendre dans l’indication

SECOMDE PARTIE.

DE LA METHODE ij tltv èorl '■ XVfUohoj'IXIj <) 1 V ttïiv 7T Ü b) T <0 V OTO l/l i b ) V ?

J’en abandonne la décision à la critique, fâché, pour nia part, de 11e pas pouvoir partager la conviction de Mr. Letronne ,, (pie le ? y sens de ce fameux passage est enfin trouve „ dans ses déveioppemens sur l'alpiiabf.t pri- ,, mitif, et que i on doive renoncer à trouver ,, le moindre vestige des initiales dans le ,, passage que je viens d'analyser. u

Je passe aux origines des hiéroglyphes phonetiçues.

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