‹ ArchiloqueChapitre 103 sur 258 · Archil., fr · texte numérisé non relu

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3. Cf. l'épigramme de Dioscoride. citée ci-dessus, p. 68. n. 2.

semblables aux notes d'une édition scolaire1. Les deux papyrus de Strasbourg appartenaient-ils donc à une sorte d'édition annotée du vieux poète, ou seulement à un choix, à un volume d'extraits? On ne pourrait douter que ce ne fût un choix, si, comme le veut M. Jurenka2, le même rouleau de papyrus contenait à la fois des pièces d'Archiloque etd'tlipponax. Mais cette hypothèse parait peu fondée : il reste toujours, à nos yeux, fort improbable qu'Hipponax ait exactement reproduit un genre de rythme que de nombreux témoignages attribuent en propre à Archiloque:î. Toutefois, même en restituant avècM. Reitzensteinles deux pièces à Archiloque, nous pensons que cette copie égyptienne des épodes contenait des morceaux choisis, c'est-à-dire déjà quelque chose comme une de ces anthologies qui avaient commencé depuis longtemps à se produire en Grèce, et qui amenèrent peu àpeu l'oubli et la perte des œuvres originales. La Couronne de Méléagre inaugura, pour les auteurs d'épigrammes cette disparition insensible des éditionscomplètes. D'autres anthologies, où les préoccupations morales dominaient, se multiplièrent avec le temps : Stobée nous offre de nombreuses citations d'Archiloque, extraites ainsi de manuels de philosophie morale4.

Cependant, l'édition alexandrine ne devait pas disparaître sans fournir à une foule de grammairiens, d'historiens, de rhéteurs, l'occasion de sauver de l'oubli,

1. Reitzenstein, Sitzungsber. Preuss. Akadem., 1899, p. 857 et suiv. ■1. Jurenka (H.), Archiloclios von Paros, p. 12, n. 3.

3. C'est un des arguments que nous avons fait valoir contre l'opinion qui attribuait ù Hipponax les papyrus de Strasbourg (Revue des Eludes grecques, t. XIV (1901).

4. C'est à Stobée que nous devons les fragments 9, 16, 56, 63, 66, 74, SI. 103.

LES DESTINÉES ULTÉRIEURES DU RECUEIL 1 i 1

bien inconsciemment parfois, quelques beaux restes de poésie iambique. Les métriciens méritent à cet égard une reconnaissance particulière': la nécessité où ils étaient de reproduire des vers en entier, pour en faire comprendre la mesure, nous a valu des séries importantes de citations. Les lexicographes, à l'affût de formes et de mots vieillis, n'offrent guère que des gloses ; mais c'est assez pour faire entrevoir la richesse et l'originalité du vocabulaire d'Archiloque. Plutarque, parmi les historiens 2, Lucien, parmi les rhéteurs3, se distinguent par l'abondance etl'intérètde leurs emprunts : l'un et l'autre sans doute ont eu encore entre les mains une édition complète du vieux poète.

Mais, à partir du 111e siècle, en môme temps que les anthologies se multipliaient, une autre cause tendit à diminuer le nombre de ceux qui lisaient Archiloque. Le caractère de l'ancienne poésie iambique n'avait pas toujours été compris, même de ses admirateurs ; il vint un temps où, la critique et le blâme se donnant librement cours, Archiloque commença à être méprisé et honni. Les philosophes cyniques, comme OEnomaos de Gadara'% fournirent aux Pères de l'Eglise desarmestoutespret.es contre un genre de poésie où la violence du langage n'avait d'égal que l'intempérance des passions"'. C'est un signe des temps que ce fait, attesté aujourd'hui par

1. Nous leur devons les fragments 60,79-8-2, 85, 94, 98-100, 104, 115, 120.

2. Plutarque est le seul auteur qui nous ait conservé les fragments 3, 12. 13, 21. 39, 71, 75, 93, 114, 132, 148. Il en cite d'autres qui nous étaient connus d'ailleurs.

3. Le début du dialogue intitulé le P.seudoloqiste est tout rempli de sentiments et de mots même empruntés à Archiloque (cf. Archil., fr. 143). Dans un autre dialogue [les Amours, 3), Lucien paraît avoir eu sous les yeux une pièce d'Archiloque à laquelle appartiennent deux de nos fragments (Archil., fr. 29 et 30).

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