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140 II. — LES POÉSIES d'aRCHILOQUE
cette danse même, qui se règle sur une mesure à trois temps et qu'accompagnentdes chants de môme rythme, no convient pas également à toute fête religieuse : c'est une danse plus particulièrement dionysiaque et démétriaque, c'est-à-dire usitée dans les cérémonies champêtres des divinités qui président à la vendange et à la moisson. Le nom de mètre it/uj phallique, donné à Tune des formes les plus anciennes du mètre trochaïque^rend cette origine manifeste, et non moins clair est le témoignage d'Aristophane : lorsque, dans les Grenouilles, le coryphée invite le chœur à célébrer par des chants et des danses la déesse des moissons, Déméter, c'estdans une série de strophes en dimètres iambiquesque les choreutes s'exhortent aux joyeux ébats et aux plaisanteries mordantes 2. Ainsi apparaissent à la fois le caractère de la danse iambique et l'esprit de la poésie qui s'y accommode. Nous reconnaissons là les mêmesrires et les mêmes quolibets par lesquels, selon la légende, la servante lambé, dans la maison de Kéléos, avait réussi à dérider le visage en pleurs de Déméter 3. L'histoire
1. Ce mètre, considéré parfois comme une tripodie trochaïque acatalecte, est en réalité une tétrapodie brachycatalectique, St'fxexpov 59uçaX-> Ài-/.ov (Hephaest. p. 21). — Cf. Masqueray (P.), Traité de métrique grecque, Paris, Klincksieck, 1899, p. 106, n. 4.