‹ ArchiloqueChapitre 127 sur 258 · ORIGINES DE L ÏAMBE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE L ÏAMBE

interprète cette légende précisément comme l'image symbolique d'usages propres au culte de Déméter : Iambé personnifie ces choreutes volontaires, ces poètes improvisés qui, dans les Thesmophories, se faisaient une loi de lancer au visage (ùriCTsiv) des sarcasmes grossiers : vÔ|aoç èv -z'.: Siz[j.zzzzic; lyévsTO ÀoiSopetv te

■mi Xéyew ... v.xvm: [j.z-y. -(éXtùToq '. Voilà plus de textes qu'il n'en faut pour attester que, dès la période la plus ancienne de la civilisation hellénique, les deux formes du rythme double ont existé dans les improvisations populaires de certaines fêtes.

Il ne peut donc être question pour Archiloque que d'avoir réglé la rythmopée de ces iambes, et d'avoir notamment fixé les deux mètres caractéristiques de ce rythme : d'une part, le trimètre, qui constitue à lui seul une série métrique, la plus longue que ce rythme admette; de l'autre, le tétramètre trochaïque, formé de deux membres légèrement inégaux, mais étroitement réunis dans un vers d'une allure élégante et rapide. Le mérite de cette invention du moins doit-il lui être sûrement accordé ?

Aucune objection sérieuse ne peut venir, ce semble, de ce fait, que la poésie des nomes, aulodiquesetcitharodiques, a connu, elle aussi, le rythme à trois temps. Plusieurs textes du traité de Plutarque attribuent au fameux créateur du nome aulodique, au Phrygien Olyrnpos, l'emploi du trochée dans des chants en l'honneur de la Mère des Dieux2 et dans un nome à Athéna3. A supposer, ce qui n'est pas sûr, qu'il s'agisse, en effet,

1. Reil (H.), Anal, gramm., Halle, 1848, p. 5 (texte tiré du Codex Ambrosianus, C.222). — Cf. Deuticke, Archilocho Pario quid in gvaecis lilteris sit tribuendum, p. 24.

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