Plut., De Musica, 33 (g 377 de l'édition Weil-Reinach
dans ces passages, de compositions musicales antérieures à Archiloque, l'indication vague de Plutarque ne permet pas de dire qu'il y ait là rien de commun avec les vers trochaïques proprement dits. La même conclusion s'impose, avec plus de force encore, si Ton considère le texte qui prête à Terpandre « le genre de mélodie nommé orthien, avec les pieds orthiens et, outre l'orthien, le trochée sémantique l ». Nul doute que les deux rythmes ici mentionnés ne relèvent du genre double ; mais c'est le seul point de ressemblance que nous puissions reconnaître entre ces longs trochées ou ces longs iambes et les vers alertes d'Archiloque.
Une question plus embarrassante est soulevée par le Margitès. Il existait, sous ce nom, au temps d'Aristote, un poème satirique attribué à Homère, et composé de vers hexamètres entremêlés de trimètres iambiques 2. La critique moderne a perdu, depuis longtemps, l'habitude de jurer par Aristote; mais encore un témoignage aussi formel ne peut-il être rejeté sans discussion. Laissons de côté, naturellement, l'attribution à Homère, et bornons-nous à rechercher ici deux choses : d'abord, si réellement le Margitès, sous sa forme originale, comportait un mélange de trimètres iambiques et d'hexamètres dactyliques ; ensuite, si ce poème est antérieur à Archiloque et a pu être connu de lui.
L'hypothèse d'une interpolation, due à un écrivain sensiblement postérieur à la composition primitive de l'œuvre, a séduit de nombreux savants, y compris Welcker' et Bernhardy4, et, de nos jours encore,
1. Plut., De Musica, 28 (§g 271-272 de l'édition Weil-Reinach).