DIFFÉRENTES FORMES DE L ÉPODE
vers iambo-trochaïque tiré des Izîx/.yz'. n'est pas d'une authenticité certaine1. Aussi bien ces combinaisons ne visaient-elles encore que des membres de même nature, du genre double (yévoq ;--/.â~'.:v . Un progrès plus sensible et plus fécond fut accompli quand Archiloque réunit dans un même système des membres de rythme différent.
Naturellement, cette fusion ne se produisit pas d'abord sous la forme où elle nous apparaît plus tard chez les poètes lyriques et dramatiques ; dans Archiloque elle a un caractère encore tout primitif: les membres dactvliques et iambiques se succèdent bien l'un à l'autre en une sorte de période; mais, d'abord, ces xûXa hétérogènes ne dépassent jamais le nombre de trois, ce qui donne une strophe encore bien maigre; ensuite la liaison de ces unités métriques souffre plus d'une atteinte : pour quelques vers où la continuité de la mesure ne présente aucun arrêt, beaucoup de ces zrj;ip-r-z \j.i-pz se divisent en xôXa terminés par un hiatus ou une syllabe indifférente, c'est-à-dire en véritables vers isolés ; il y a donc là juxtaposition plutôt que composition véritable. Mais ce fait même nous révèle précisément un état de choses encore tout voisin des origines, et confirme la tradition des anciens 2, qui rapporte l'invention à Archiloque : la tentative du vieux poète de Paros se renouvela et se développa rapidement; on peut dire qu'elle donna l'essor à la poésie lyrique proprement dite.
Voici l'énumération des combinaisons épodiques que
1. Archil.. fr. 120. — Héphestion, dans son Manuel, p. 94, dit que ce vers se trouvait iv roi? ccvasepofisvotç il; "Ap/f/o/ov 'Ioêà/./o'.;.
2. Plut.. De Musica. 28 (§276 de l'édition Weil-Reinach;.* — Hephaestion., 15 (Scriptores metrici graeci, éd. Westphal, p. 47j : [r.iy. -.>„-, ÊlttcruvOÉTWvJ r.r.<<i-.'jz oï Xflù to^to:; Aç/f/o/o: 7.ïyyr-.x:.
nous font connaître soit les fragments originaux d'Archiloque, soit les imitations qu'on en a faites.
1° Trimètre iambique et tripodie dactylique catalcctique (penthémimère). — C'est la forme épodique la mieux représentée dans ce qui nous reste d'Archiloque1. Elle semble lui appartenir en propre; une seule imitation se rencontre dans tout le recueil des poètes postérieurs, chez Anacréon 2. Deux fragments épodiques, composés dans ce mètre, et déchiffrés récemment sur un papyrus de Strasbourg, nous ont paru, pour cette raison entre autres, devoir être attribués à Archiloque.
2° Hexamètre dactylique et dimètre iambique. — Le vers le plus court suit le plus long, et forme épode. Dans le fragment 84, le dimètre SiiffTTjvoç ïyy.ei[i.ca -o<)t<) venait certainement après un hexamètre, comme on le voit par les imitations d'Horace3.
3° Hexamètre dactylique et trimètre iambique. — Cette strophe se rapproche beaucoup de la précédente; on peut l'attribuer sans crainte à Archiloque, puisqu'Horace en offre un spécimen dans les Epodesi. Mais déjà Critias, au v° siècle, en avait fait usage5, ainsi que plus tard les poètes de l'Anthologie.
Chacune des deux premières de ces combinaisons s'est développée par l'addition d'un troisième élément, iambique ou dactylique.
4° Trimètre iambique, tripodie dactylique catalectique (penthémimère) et dimètre iambique. — Le second et le troisième élément d'une strophe de ce genre sub-
1. Archil.,fr. 89, 93, 104 (Bergk), fr. 101 (Hiller-Crusius).