‹ ArchiloqueChapitre 155 sur 258 · Archil., fr · texte numérisé non relu

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de faveur les dernières nouveautés. « Le chant que les hommes approuvent et célèbrent entre tous, c'est le plus nouveau qui vienne frapper leur oreille1. » Cette tendance naturelle, cette curiosité toujours en éveil, ne manqua pas de survivre à la décadence des grandes compositions héroïques. Les contemporains d'Archiloque continuèrent à aimer les fables, quitte à y découvrir des allusions au présent. Le présent luimême valait la peine d'être conté, pour peu qu'il comportât des aventures guerrières et romanesques dont le poète fût le héros ou le témoin.

Les narrations qu'Àrchiloque substitua ainsi aux légendes anciennes devaient toutes rentrer plus ou moins dans la catégorie des poésies personnelles, et la figure du poète y apparaissait presque partout au premier plan. Deux remarques toutefois nous autorisent à en considérer ici le caractère objectif : c'est d'abord que le récit des faits auxquels le poète avait assisté, ou qu'il se représentait par l'imagination, offrait parfois les éléments d'une description véritable ; ensuite, c'est que la forme narrative, par une sorte de tradition instinctivement suivie, continua de s'imposer, là même où dominait l'esprit satirique.

Dans l'état actuel des fragments, aucune description de bataille ne nous est parvenue intacte. Seuls, deux distiques élégiaques nous peignent le spectacle d'un combat terrible; le poète en prévoit et en admire l'ordonnance; il en savoure presque l'horreur. « Ni l'arc ne se tendra, ni la fronde ne lancera au loin ses balles par milliers, quand Ares engagera la mêlée dans la plaine, c'est l'épée qui fera son œuvre au milieu des

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