‹ ArchiloqueChapitre 154 sur 258 · HÉRACLÈS ET DÉJANIRE DANS ARCIIILOQUE · texte numérisé non relu

HÉRACLÈS ET DÉJANIRE DANS ARCIIILOQUE

(-s?'' - 'àopbç sccv-ra; N^vETai)1, quitte à les détourner légèrement de leur acception première pour les appliquer à l'image d'un fleuve et de sa barbe «limoneuse». Un autre trait de la même bataille s'est conservé, ce semble, dans uneglose d'Hésychius : Meuvôxspa, xb jujxÉTt è'yov tv-.v i/./.r.v 2. Achéloos avait, disait-on, perdu dans la lutte, avec l'une de ses deux cornes, le plus clair de sa vigueur, et il avait offert en échange à son rival la corne d'Amalthée, dont il se trouvait possesseur. Un autre fragment, enfin, nous reporte à la scène de l'Evénos : «Non, disait le Centaure, sans un salaire, nous ne te ferons pas traverser le fleuve, »

ziua&t vatû 71 ~i;j.-av où &Ct£au£V 3.

Peut-être toute cette légende avait-elle été choisie par Archiloque, dans le vaste domaine de la fable, avec une intention satirique : on voit trop bien quel exemple de la perversité des femmes Déjanire fournissait au poète, en trompant par de belles paroles l'attention du héros. Mais la pièce n'en avait pas moins le caractère d'un récit indépendant, où la fable se développait avec quelque chose de l'ampleur épique.

Aussi bien l'épopée grecque n'avait-elle jamais perdu tout contact avec la réalité contemporaine. Dès le principe elle s'était constituée par un mélange d'éléments mythiques et de faits réels ; tant qu'elle conserva quelque vitalité, elle ne cessa pas de se renouveler à la source de l'histoire, et de l'histoire la plus récente. D'instinct, le public accueillait avec plus

Page 1