Archil., fr
Kai vsouç 6àp<7-jvE ' vÎxyjç 5' Èv hi'Aii Tzstpa-ra.
à la renverse celui qui se tenait debout1. » Voilà une sentence qui deviendrait sans peine un hommage à la providence divine, il suffirait d'en forcer légèrement les termes; et nous avons pu nous-même la rapprocher d'une admirable pensée de Pindare2. Mais Archiloque ne dit pas que les dieux relèvent la vertu malheureuse, ni qu'ils abattent l'orgueil coupable; il n'exprime ni sa foi dans la justice divine, ni même cette idée, encore grossière, mais pourtant morale, que la vengeance des dieux poursuit et atteint le malheur insolent ; il considère la vie telle qu'elle est, avec ses vicissitudes étranges, ses retours imprévus, inexplicables, et tout cela, ditil, c'est l'œuvre des dieux. En d'autres termes, l'action divine s'exerce dans le domaine qui échappe à la prévoyance de l'homme ; c'est la destinée ([i.oîpa), ou même le hasard :
IlâvTa T'j/r, xai [J-oipa, EUptxXEeç, œySpï BîSwatv3.
Aucune loi ne se révèle plus directement à l'observation des hommes, que cette succession fatale des maux et des biens : il faut que tous, l'un après l'autre, subissent les coups du sort, car « telle est la mouvante incertitude des choses humaines4. » La conclusion, c'est