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Hom., Iliad., 18, v

LES IDÉES MORALES d'aRCHILOQUE 183

les noms divins que le poète emprunte aux croyances populaires et à la tradition épique, c'est l'activité de l'homme qui se peint, soitqu'elle exalte les forcesdela nature, soit qu'elle entre en lutte avec elles.

Cependant, sous un nom ou sous un autre, les dieux représentent, en face et au-dessus de l'humanité, une puissance qui la domine, et qui tôt ou tard a le dernier mot contre elle. Quels sentiments inspire àArchiloque cette dépendance? quelle influence exerce-t-elle sur sa conception de la vie ?

A considérer quelques-unes des sentences morales qui figuraient dans son œuvre, on pourrait lui prêter une philosophie résignée, aussi confiante dans la providence divine que convaincue de la faiblesse, de l'impuissance des hommes. Mais cette conception toute religieuse de la vie n'est, selon nous, qu'apparente.

La toute-puissance des dieux n'éclate nulle part avec plus de force que dans les choses de la guerre : au moment de courir au combat, le héros homérique proclame que la victoire vient d'en haut, que l'issue de la bataille est dans la main des dieux immortels1. Archiloque a la même pensée; mais cette confiance n'a rien de fataliste, et le premier hémistiche du vers où il exprime après Homère cette vérité traditionnelle, contient un appel à la jeunesse, une exhortation au courage (y.x\ vsouç 8âp<ruvô)2.

« Rapporte tout aux dieux, dit-il ailleurs; souvent ils tirent de l'infortune et redressent un homme qui gisait sur la terre noire ; souvent ils abattent et font tomber

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