‹ ArchiloqueChapitre 21 sur 258 · Rohde (E.), Kleine Schriften. t. I. p · texte numérisé non relu

Rohde (E.), Kleine Schriften. t. I. p

à l'année 66 i, et ils contiennent le récit d'événements qui n'ont pu se passer en moins de plusieurs années; or les auteurs grecs qui attribuent à Gygès la date la plus basse le font monter sur le trône en 699 et mourir après un règne de trente-six ans, c'est-à-dire en 663. Cette date minima, dit Robde, est celle de Julius Africanus et d'Eusèbe. Quant aux autres témoignages, dus à Euphorion de Chalcis et à Hérodote, ils reportent l'avènement de Gygès de neuf ou même de dix-sept ans en arrière (708 ou 716 av. J.-C), et s'accordent encore beaucoup moins avec les documents assyriens. Toute tentative de conciliation est donc vaine, et il n'y a pas lieu de chercher un fondement historique aux données des chronographes grecs.

M. Ed. Meyer, dans le tome 11 de son Histoire de l'Antiquité^, suit une méthode assez différente. Il reconnaît l'autorité la plus haute aux témoignages de l'épigraphie orientale, et c'est d'après ces découvertes, considérées comme fondamentales, qu'il raconte les relations de Gygès avec le roi d'Assyrie. Mais, pour la chronologie, il supplée au silence des textes assyriens en empruntant à la tradition grecque une date essentielle: la grande invasion des Cimmériens en Lydie, la mort de Gygès, l'attaque de Sardes et de l'Ionie, se placeraient en l'année 657 avant notre ère. Cette conclusion repose, on le voit, sur une combinaison des deux traditions en présence : l'historien adopte les faits contenus dans l'une, sans exclure la possibilité de retrouver dans l'autre la date d'un des événements principaux de cette histoire.

Si cette conciliation est légitime, peut-être ne faut-il

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