‹ ArchiloqueChapitre 210 sur 258 · Theogn.. v. 349 (Bergk · texte numérisé non relu

Theogn.. v. 349 (Bergk

8. Papyrus de Strasbourg, fr. I, Sitzungsberic/de der preuss. Akademie, 1899, p. 857 et suiv.

pas seulement la mort; il se le représente naufragé, jeté sur une côte barbare et réduit à manger le pain de l'esclavage. 11 contemple avec une joie farouche le spectacle hideux qu'il évoque : « Transi de froid, et sortant du fond de l'eau couvert d'algues marines, puisse-t-il claquer des dents, et, comme un chien, la bouche contre terre, être là sans forces, étendu sur le rivage où se brisent les tlots ! Voilà ce que je voudrais voir souffrir à celui qui m'a offensé, qui a foulé aux pieds ses serments, lui autrefois mon compagnon ' ! » La gravité de ces derniers mots ne laisse pas que d'atténuer l'horreur des malédictions qui précèdent : on y sent la profonde blessure d'une àme ulcérée par la trahison, la protestation d'un cœur meurtri contre un ami infidèle, un parjure ! Archiloque a-t-il eu toujours une telle excuse à ses haines? Un passage d'Aristote nous autorise du moins à admettre que les plus vives de ses colères éclataient contre d'anciens amis, devenus la cause de ses tourments : « 0 mon cœur, tes amis eux-mêmes te torturent'2! »

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