Archil., fr
dant le recueil de ses œuvres, permettrait d'y apprécier sûrement le mérite de la composition. Il faut nous contenter, en attendant, des indications qui se tirent soit de la critique ancienne, soit des fragments euxmêmes, soit enfin des imitations dont on suppose qu'Àrchiloque a été l'objet.
Le mot d'Aristophane de Byzance sur les iambes d'Archiloque, « d'autant meilleurs que plus longs' », atteste, avec l'admiration du critique alexandrin, l'étendue variable de ces pièces. Et. de fait, qu'il s'agît d'élégies ou d'ïambes, de tétramètres trochaïques ou d'épodes, aucune loi, aucune tradition ne déterminait à l'avance la longueur de ces morceaux: suivant les circonstances et l'inspiration du moment, le poète adressait à un ami de rapides conseils ou de longues confidences, lançait contre un adversaire les traits acérés d'une épigramme, ou l'accablait sous les coups répétés d'une satire écrasante. L'étendue de ces pièces se mesurait donc à l'occasion qui les faisait naître; mais, toujours destinées à la récitation mélodramatique ou au chant, elles ne dépassaient jamais le temps qu'on peut accorder, dans une réunion d'amis, aux libres effusions d'un poète. Une limite plus précise peut-elle être fixée? Le poème de Simonide d'Amorgos (118 vers) nous parait être un maximum qu'Archiloque ne dut guère atteindre : cette pièce fameuse a une allure didactique, un développement régulier, dont les fragments de notre poète n'offrent aucun exemple : une satire toute personnelle se serait mal accommodée, ce semble, de la marche lente et de l'ampleur un peu lourde d'une démonstration aussilongue.