Hom., Od., 18, 13.j
attachée au mot àvftpû-oiGi comme kf/Oiviwv dans le vers homérique; mais « le père des dieux et des hommes» s'appelle simplement Zeus. Ou bien, sans abréger, il transpose la pensée épique, en lui donnant un accent plus moderne. Le beau vers qu'Ulysse adresse aux femmes du palais, pour réprimer leurs accès de joie devant les cadavres des prétendants, s'inspire d'une pensée religieuse :
Où/ ôcrtY] x.Ta;j.Évofjtv liz àvSpdraiv EÙyeTaadOai '.
Quand Archiloque reprend pour son compte la même idée, il invoque plutôt les sentiments d'une générosité toute humaine (oj y<*p laôXa)2.
Mais l'indépendance d'Archiloque à l'égard d'Homère éclate surtout dans l'emploi de locutions nouvelles, d'alliances de mots, d'adjectifs composés, de métaphores ou de comparaisons, qui transfigurent, pour ainsi dire, les éléments épiques du vocabulaire. Dans VIliade3, les « dons aimables » d'Aphrodite désignent la beauté de Paris ; Archiloque proclame son habileté dans les « dons aimables » des Muses4. La bataille dans Homère, c'est l'œuvre de la guerre5 ou d'Ares6; Archiloque contemple d'avance la rude besogne des épées, £i<p!o>v IpYov7. Les naufragés qu'il pleure, il souhaite que la mer les lui rende, pour les ensevelir, « présent lamentable de Poséidon », àvivjpà swpa8. Il