‹ ArchiloqueChapitre 33 sur 258 · DATES APPROXIMATIVES DE LA VIE D ARCHILOQL'E · texte numérisé non relu

DATES APPROXIMATIVES DE LA VIE D ARCHILOQL'E

sous le règne de Romulus (752-716) [ ; Cornélius Xépos, que ce poète était déjà connu et célèbre sous le règne de Tullus Hostilius (671-640)2.

De ces deux données, la première ne doit pas nous arrêter longtemps : si elle ne provient pas d'une simple confusion de chiffres, peut-être se rattache-t-elle à la tradition qui plaçait en 720 (01. XV) la fondation de Tliasos. En tout cas, elle est en contradiction avec les indications chronologiques le plus généralement admises. La seconde, au contraire, nous apprend un fait intéressant, et plus précis en réalité qu'il n'en a l'air d'abord. Quand il s'agit d'un règne de trente ans, dire d'un homme qu'il était « déjà » célèbre sous ce règne, c'est laisser entendre de deux choses l'une : ou bien que ce personnage est arrivé à la célébrité dans les derniers temps du souverain en question, ou bien qu'il était déjà connu dès l'avènement de ce prince. Dans le premier cas, le personnage ainsi désigné est censé avoir atteint après la fin du règne la plénitude de sa renommée ; dans le second, il apparaît comme assez jeune encore au début. Or.de ces deux alternatives, une seule est acceptable pour Archiloque, c'est la seconde ; car personne ne soutient que l'activité poétique d'Archiloque - se place postérieurement à l'année 640. Il faut donc conclure que le poète de Paros avait déjà conquis en 671 quelque célébrité, et que le plein épanouissement de sa réputation se produisit dans les dix premières années de Tullus Hostilius.

Avec ce résultat s'accorde une des données chronologiques recueillies par Eusèbe, celle qui place aux

1. Cicer., Tuscul. quaest., 1, 1, 3: Archilovhus(fuit) regr.unte Romido.

2. Aul. Gell.. XVII, 21 : Archilochum Sepos Cornélius tradit Tullo llostilio Romae régnante jam tum fuisse poematis clarum et nobilem.

alentours do Tannée 66,5 le point de maturité d'Archiloque1. Mais cette date se recommande encore par la considération suivante : c'est que l'autre date enregistrée parles chronographes, la XXIIIe olympiade (688)'', soulève une objection, à notre avis, décisive.

En dépit des doutesémis par M. 0. Crusius3, le témoignage de Glaucos de Rhégion établit l'antériorité de Terpandre sur Archiloque 4. En vain oppose-t-on le témoignage contraire de Phanias d'Erésos5. Si ce dernier auteur plaçait Archiloque avant Terpandre, c'était là, nous le voyons bien, la conséquence d'une combinaison qui mettait aux prises dans un concours Leschès de Lesbos avec Arctinos de Milet ; mais cette combinaison, destinée à accréditer une légende, ne pouvait que fausser les calculs de Phanias. Glaucos, au contraire, n'a eu pour objet que de marquer la suite des progrès accomplis dans la musique par les plus anciens poètes, et c'est par des arguments techniques, tirés de l'étude comparée des œuvres elles-mêmes, qu'il a adopté la série chronologique : Terpandre, Archiloque, Thalétas. Or la date de Terpandre se trouve déterminée par plusieurs témoignages concordants : Hellanicos savait que Terpandre avait été le premier vainqueur au concours

i. Euseb. , Chronic., t. II, éd. Schœne, p. 8G : 'Ap-/t).o-/oç stal Si^um'ôr,? zai 'ApiffrôÇevoç oE fjioucrixoi èYvtopfÇov-ro- — L'année 665 correspond à la 1352e année d'Abraham.

2. Euseb., Praepar, evang., X, 11, 4. — Tatian., Ad Graecos, p. 124 éd. Otto.

3. Crusius (0.). art. Arcliilochos, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopaedie, t. 11, p. 488.

4. Plut., De Musica, 4. — Voici le texte de ce passage, d'après l'édition récemment publiée par MM. Weil et Th. Reinach (Plutarque, De la musique, g 47) : Kai rot; ypôvoiç Se acpô&poc 7ia).atôç èaxi (6 TspTtavôpo:)" ■rcpsaê-jTîpov yoûv aù-rôv 'ApytÂÔyou à7ro?ouvEi DvaCzoç 6 i\ 'IraXtaç èv cuyYpaf/.fji.aTc' tivi x& 1 1 e p i tmv àpyouwv noir^wv te xai (j.ov<7ix<ôv.

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