‹ ArchiloqueChapitre 34 sur 258 · Phanias, fr. 18 (Fragm. hist. graec, t. II, p · texte numérisé non relu

Phanias, fr. 18 (Fragm. hist. graec, t. II, p

DATES APPROXIMATIVES DE LA VIE D ARCHILOQL'E ii9

de musique dans les fêtes carnéennes', et Sosibios faisait remonter la fondation de ce concours à la XXVIe olympiade (676) 2. D'autre part, nous apprenons par Clément d'Alexandrie3 que le même Hellanicos tenait Terpandre pour un contemporain de Midas de Phrygie, et c'est précisément à la date de 676 que les chronographes notaient la mort volontaire de ce Midas, sous la menace de l'invasion cimmérienne. Il nous faut donc rejeter la tradition qui plaçait l'âxjxYj d'Àrchiloque autour de XXIIIe olympiade (688), et cette raison nous ramène naturellement à l'autre donnée d'Eusèbe, à l'année 665 avant Jésus-Christ.

Si Archiloque avait alors environ quarante ans, il en avait une vingtaine seulement dans le cours de la XXIIIe olympiade. Cette date, notée par les chronographes, marquerait donc pour nous le début de ses aventures et de ses poésies guerrières : elle inaugurerait, pour ainsi dire, la période thasienne de sa vie. L'année 665 correspondrait plutôt à l'époque de son séjour à Paros et de ses démêlés avec les personnages qu'il a poursuivis de ses plus vives invectives.

Nous ne savons pas la date de sa mort ; mais on a vu plus haut que rien ne nous obligeait à la retarder jusqu'après la chute de Gygès (652), la destruction de Magnésie (651) ou l'éclipsé de 648. Du même coup nous, avons répondu à l'argument de Strabon qui tenait Callinos pour plus ancien qu'Archiloque : cette opinion reposait sur une interprétation que nous avons

1. Athenae., XIV, p. 635 e. — Hellanic, fr. 122 [Fragm. hist. graec, t. I, p. 61).

2. Athenae., XIV, p. 635 e. — Sosib., fr. 3 [Fragm. hist. graec, t. 11, p. 625).

3. Clem. Alex., Strom., I, p. 397 : 'E'/j-rr.zo; yoyv to-jtov ioropeï xatà Mt'oav -fEYovs'vai. — Hellanic, fr. 123 [Fragm. hist. graec, t. 1, p. 61).

cru pouvoir rejeter '. Le poète Callinos était dans Ephèse, excitant ses concitoyens à la lutte, dans le temps de l'invasion cimmérienne : depuis longtemps, selon nous, Arcliiloque avait fait usage du vers élégiaque pour chanter les joies ou les peines de sa vie aventureuse2. Quant à sa mort, elle avait dû survenir aussi avant cette époque, s'il est vrai que rien dans sa vie, toujours agitée, ni dans ses poésies, toujours animées de la même ardeur juvénile, ne nous donne l'idée d'un homme parvenu au seuil de la vieillesse.

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