Jurenka (H.), Archiloclios von Paros, p. u et suiv
ARCHILOQLE A THASOS 59
adversaires, et ne cessant pas de tenter, sur terre et sur mer, tous les moyens de rentrer dans son île natale. C'est de ce point de vue que M. Jurenka interprète toule la conduite et toute la poésie d'Archiloque. Animé des mêmes sentiments qu'un Alcée ou un Théognis, le poète satirique aurait poursuivi de sa haine et de ses invectives, non pas, comme on Fa cru, des ennemis personnels, mais des adversaires politiques. Cette conception nouvelle embrasse, on le voit, toute la personnalité d'Archiloque. Bornons-nous pour le moment à l'étude des faits biographiques qui doivent être la base de toute théorie générale.
Que des difficultés matérielles, et la perte même de sa fortune, aient décidé Archiloque à s'éloigner de sa patrie, c'est le fait incontestable qu'établit le témoignage de Critias ; mais faut-il parler ici d'une révolution politique ? Aucun texte ne nous apprend rien de pareil. Seul, OEnomaos de Gadara, dans le récit légendaire que nous avons déjà discuté, parle de « plaisanteries politiques », TCcXtTix.ïi ipÀuapta, qui auraient causé la ruine d'Archiloque1. Mais, à supposer que ce texte dût être pris à la lettre, que prouverait-il, sinon que le poète avait attaqué dans ses vers quelques-uns de ses concitoyens ? Dans quelle occasion avait-il exercé cette verve mordante qui devait, comme dit Pindare, le jeter toute sa vie dans les embarras et la misère ~? Nous n'en
1. Euseb., Praepar. evang., V, 30 : 'AicoSaXovri tïjv oûatav èv jroÀiTtxvj pXvapta.