Pindar., Pyth., II, v. 52 sqq
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savons rien, et c'est par une hypothèse gratuite qu'on lui donne pour adversaires des démocrates. Aucun indice ne permet de supposer que, dès le début du vu" siècle, un parti démocratique ait existé, et surtout triomphé, à Paros. Bien d'autres circonstances peuvent expliquer les disgrâces dont avait souffert Archiloque, ne fût-ce que cette naissance irrégulière, bien faite pour lui inspirer des sentiments de mécontentement, de rancune et de vengeance.
Mais il nous faut ajouter surtout que les aventures d'Archiloque à Thasos ne sauraient en aucune manière passer pour un simple épisode dans une guerre de partisans. M. Jurenka insiste peu sur ces campagnes de Thasos et de Thrace ; mais elles ont occupé une place considérable dans la vie de notre poète et dans l'histoire de Paros. Nous nVn voulons d'autre preuve que l'inscription même que nous avons déjà maintes fois citée. On savait, bien avant cette découverte, que nombre de fragments d'Archiloque se rapportaient à des pièces composées à Thasos, ou relatives aux batailles livrées dans ces parages 1 ; on entendait tantôt les accents pleins de confiance et de bonne humeur du poète-soldat-, tantôt ses plaintes ou ses inquiétudes^; mais on ne pouvait se faire une idée de l'étendue qu'avaient ces récits de guerres ni de la variété des sujets traités. Or, ce que nous apprend l'inscription,
1. M.O. Crusius (art. cité, p. 493) va jusqu'à dire que certaines poésies d'Archiloque étaient intitulées ià ©paxixdc. C'est là une interprétation inexacte du texte suivant : xa6i7rep 'Apyf/o/oç piv èv roîç ©paxtxoî; à.-iùr[\i.\}.virjz Seivoîç Tov 7ro/.£p.ov s!-/.7Çïi SaXaiTMa xXvSwvt (Herarlilus, Aller). hom., 5), texte dans lequel il faut réunir les mots èv toi; ©paxixoîç Seivotç. — Cf. Arehil., IV. o4.