CHILOQUE. — LES DESTINÉES ULTÉRIEURES DU RECUEIL
Qu'était-ce que l'ouvrage d'Aristote intitulé x-opr/j.y.-y. 'Àp/iXô^ou1? Nous n'en pouvons juger que par analogie, d'après les questions du même genre que le même auteur s'était posées sur Homère : c'était un essai d'interprétation appliqué aux passages obscurs, embarrassants, du grand poète; il n'y avait pas là de commentaire suivi, méthodique, mais une série de notes recueillies par un lecteur attentif, préoccupé d'expliquer le fond des choses plutôt que la forme; ce n'était pas encore. de la grammaire, à proprement parler; mais cette étude minutieuse d'un texte poétique supposait une tournure d'esprit, une curiosité historique et philologique, que n'avaient pas connue au même degré les âges précédents. Aussi bien, en traitant Archiloque avec le même souci qu'Homère, Aristote se conformait-il à l'idée qu'il avait du rôle joué par l'un et l'autre dans l'histoire de la poésie : comme, à ses yeux, la tragédie dérivait de l'épopée, c'est de l'iambe que venait la comédie2, et ce rapprochement seul assurait à Archiloque une place éminente parmi les anciens poètes. Aristote le cite
i. Cet ouvrage se présente, dans Hésvcliius, sous ce titre : '\-oyr/±x-x 'Ap/'.Ao/oo, EùptmôoUj XoipsXovi Iv jSiëXtotç -,- : c'est le même sans doute que cite Diogène Laërce, d'après Hermippos, sous cette forme abrégée : (à7topr,tiâTwv) 7roiïj7ix<wv> ôT. — Voir ces deux catalogues dans l'édition publiée par l'Académie de Berlin, Aristot., Opéra, vol. V, p. 1463 sqq.