‹ ArchiloqueChapitre 99 sur 258 · Hephaestion., 94 'Archil , fr · texte numérisé non relu

Hephaestion., 94 'Archil , fr

sans qu'on s'en doutât, des fragments inédits d'oeuvres anciennes. La révélation récente de l'historien Déméas doit nous rendre circonspects : puisque le livre de cet historien a passé inaperçu, qui sait si du même coup de longues citations d'Archiloque n'ont pas été pour jamais oubliées? Nous avons vu pourtant qu'une tradition ininterrompue avait maintenu autour du nom d'Archiloque une renommée toujours vivante, et le caractère personnel de ses œuvres a dû rendre facile, dès le principe, la tâche de ceux qui voulaient en faire le recueil. Seules, certaines élégies étaient exposées à se confondre avec d'autres poésies gnomiques, et nous n'affirmerions pas que la collection si mêlée, qui porte le nom de Théognis, ne contient pas quelques distiques d'Archiloque.

Aussi bien serait-il surtout intéressant de savoir si du moins toutes les pièces de l'édition alexandrine étaient authentiques. Car c'est d'elle que découlent toutes les citations, tous les extraits ultérieurs; c'est d'elle que dépend, en dernière analyse, la connaissance que nous pouvons acquérir, encore aujourd'hui, du vieux poète.

A en juger par ce qui nous reste des élégies, les détails biographiques semblentavoir fourni aux éditeurs alexandrins le critérium le plus sur. Et ces indices positifs, ces allusions à des noms et à des faits connus, garantissaient mieux encore l'authenticité des pièces iambiques. Ainsi donc, dans cette partie du moins de l'œuvre d'Archiloque, l'édition alexandrine, si nous la possédions en entier, aurait pour nous la valeur d'un original, et, en l'absence de cette édition, l'authenticité des citations qui dérivent d'elle ne saurait être contestée. L'embarras commence aveccelui des livres d'Archiloque

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où les éditeurs avaient accumulé des pièces lyriques, naturellement plus impersonnelles : l'origine parienne des hymnes à Héraclès et à Démêler, dont il nous est parvenu de maigres fragments,, ne semble guère douteuse ; mais l'attribution à Archiloque se trouve mêlée à des traditions singulièrement légendaires ; elle remonte toutefois, du moins pour l'hymne à Héraclès, à une époque si ancienne que nous ne saurions la contester. D'autres pièces lyriques, aujourd'hui perdues, pouvaient offrir encore, au 111e et au 11e siècle avant Jésus-Christ, des garanties suffisantes d'authenticité : Callimaque fait allusion quelque part à un prélude dithyrambique d'Archiloque ' ; or, si l'on recherche sur quoi reposait alors cette attribution, on découvre que le poète luimôme avait parlé de ce prélude dans un de ses tétramètres '. Ainsi les Alexandrins ont pu disposer de termes de comparaison qui nous échappent, et se prononcer avec preuves à l'appui en faveur de pièces qui ne portaient pas en elles-mêmes la marque certaine du poète. Reste la question des épigrammes. Des trois distiques que publie Bergk, en les considérant d'ailleurs comme suspects3, il y en a un qui n'est pas dans l'Anthologie et qui ressemble moins aux pièces ordinaires de ce recueil qu'à une épigramme au sens moderne du mot, à une fine moquerie'1 : le distique sur Pasiphilé pourrait donc faire partie du livre des élégies, où l'esprit

1. Calliin., éd. Schneider, i'r. 223 : Tcô tj.s6-j;r}.r,yo: spotjuov 'Apjri-

2. Archil. . fr.77. — Nous empruntons ce rapprochement à M. Bahntje IV. Quaest. archil., p. 16.

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