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Fio. 27.
Fio. 28.
Les édifices des Grecs et des Romains nous donnent quelques exemples de constructions mixtes : Vopus incertum (/?(/. 27), qui consistait à envelopper aux deux parements, par des matériaux de formes irrégulières, mais effrant une face dressée et des joints, une maçonnerie en blocage constituant l'intérieur du mur; et Vopus rcticulalum (fig. 28), dans lequel les parements étaient formés par de petits moellons présentant des faces régulières, carrées et posées sur l'angle, et où la liaison était assurée au moyen d'assises en grandes briques ou en moellons plats traversant toute l'épaisseur du mur.
De ces deux systèmes nous n'avons conservé, en le modifiant, que Vopus incertum.
Du reste, les cas où l'épaisseur des murs est assez grande pour donner lieu à ces genres de constructions sont assez
DISPOSITION
rares. Il faut en excepter seulement les murs de soutènement, les piles de pont, les murs de quais ou de rc^servoii's, où Ton peut avec avantage employer, pour les parements, soit Vopus incertum, soit les assises réglées ; et pour l'intérieur, les petite matériaux, moellons, meulière ou caillasse.
Mais il ne faut se servir dans ces cas que de mortiers absolument incompressibles. Tout tassement possible serait inégal et entraînerait les plus graves désordres.
Pour nos constructions ordinaires, dont les murs sont de beaucoup moindre épaisseur, nous employons, en revanche, un autre système de maçonnerie mixte très avantageux. 11 consiste à construire les rencontres de murs, les points d'appui des fermes, les angles, les encadrements des baies et, d'une façon générale, tous les supports résistants, en pierre de taille, et les parties de mur comprises entre ces points d'appui, en moellons smiliés ou piqués, en meulière ou en briques.
Les points d'appui sont alors formés par des assises de pierre alternativement longues et courtes qui jettent des
FiG. 29.
harpes latéralement, et relient ainsi les parties construites en petits matériaux. Ce rôle spécial leur a fait donner le nom de chaînes verticales.
La figure 29 montre un exemple de chaîne d'angle et de
chaîne ordinaire, aussi appelées jambes de pierre, reliées par une maçonnerie de briques.
Il est facile de se rendre compte que, .dans une construction de ce genre, les parties exécutées en petits matériaux sont sujettes à des tassements plus considérables que les chaînes, par le fait seul de leur structure. Mais, d'autre part, les chaînes verticales étant plus chargées, il s'établit une compensation. Il est prudent néanmoins de n'y pas trop compter et d'employer dans tous les cas, des mortiers de très bonne qualité pour supprimer toute chance de tassement inégal.
Pana de bois et de fer. — Des constmctions plus économiques encore que les maçonneries mixtes peuvent être exécutées au moyen des pans de bois ou de fer. Mais ils ne sont guère employés que pour des bâtiments provisoires, pour des ateliers, des hangars, etc.
Le principe de ces constructions consiste à établir une ossature en bois ou en fer, au moyen de montants verticaux ou poteaux, de barres horizontales, sablières ou linteaux, et de pièces inclinées, contre-fiches ou echarpes; et à clore les parties laissées vides à l'aide de petits matériaux très légers, briques de champ, carreaux de plâtre, plâtras, etc. On obtient ainsi des parois de faible épaisseur, pouvant offrir cependant des points d'appui résistants, et qui s'élèvent à peu de frais et rapidement. Mais elles sont loin d'offrir les mêmes garanties de stabilité et de durée que les constructions en pierre. Nous renvoyons nos lecteurs aux traités spéciaux d(î Maçonnerie, Charpente en bois et en fer, pour tous les détails de ces diverses constructions.
§ 3. — Proportions
Épaisseur des murs ; efforts à considérer dans les différents cas. — On conçoit facilement qu'il existe un rapport entre l'épaisseur d'un mur et sa hauteur, et que ce rapport soit d'ailleurs modifié par diverses circonstances variables suivant les cas.
PROPORTIONS M
L'épaisseur dépend, en effet, d'une part, de la nature delà construction et, d autre part, des efforts auxquels elle doit résister. Dans un mur en pierres de taille, Tadhérence des matériaux et une répartition plus parfaite des charges sur les surfaces pressées, permettent d'avoir des épaisseurs beaucoup moindres que pour un mur en moellons, en meuli<>re ou autres petits matériaux, placé dans les mêmes conditions. 11 tombe également sous le sens qu'un mur isolé se prolongeant en ligne droite aura besoin pour résister aux efforts latéraux du vent d une plus grande épaisseur que s'il forme des angles ou s'il est relié h d'autres murs perpendiculaires ou obliques à sa direction, et que, dans ce dernier cas, son épaisseur pourra être d'autant plus diminuée que les murs qui le rencontrent seront plus rapprochés. Les mure de nos édifices d'habitation, tous solidaires les uns des autres, et réunis à dos hauteurs plus ou moins grandes par des planchers, sont également dans des conditions plus favorables pour résister aux efforts latéraux, et peuvent être construits avec une épaisseur relativement faible eu égard à leur hauteur.
Ces diverses considérations montrent qu'il est impossible de formuler une r^gle absolue applicable dans tous les cas. Nous ne pourrons donner dans cette étude que quelques formules empiriques synthétisant un très grand nombre d'observations et n'offrant guère qu'une indication et un point de départ pour les calculs et les recherches à faire dans chacjue cas particulier.
Rondelet a exprimé le résultat de ses observations en un certain nombre de formules pour les différents cas : des murs isolés, solidaires d'autres murs, réunis par des combles, par des planchera, etc. Mais ces diverses distinctions ne nous paraissent pas absolues. Par exemple, s'il est exact que les planchers et les combles des habitations forment une liaison entre les mure sur lesquels ils s'appuient, il est vrai aussi que cet avantage est fort diminué par les ébranlements qu'ils leur communiquent, en raison de leur élasticité, et qui augmentent avec leur portée.
Nous nous contenterons de donner les formules relatives aux deux cas généraux d'un mur parfaitement isolé et d'un mur solidaire d'autres murs. Dans le premier cas, le poids
des matériaux exerce évidemment une plus grande influence que leur adhérence réciproque.
Aussi, tout en donnant un résultat satisfaisant, même à ce dernier point de vue, la formule suivante tient-elle compte surtout du poids de la maçonnerie. Désignons par p le poids du mètre cube en kilogrammes, et par h la hauteur du mur isolé. Nous aurons pour l'épaisseur :
Dans le cas des murs solidaires, Télément qui importe le plus est la distance / de ces murs, et l'épaisseur se déduit de la formule :
Ih
Répétons encore que ces formules ne sont qu'approximatives et ne doivent servir qu'à donner une première indication. Il faut les compléter, pour chaque cas, par diverses recherches et particulièrement par l'examen des constructions analogues exécutées dans les mêmes conditions.
Du reste, des dispositions spéciales sont adoptées dans chaque genre de mur, et nous allons examiner successivement plusieurs cas des plus fréquents.
Mars de clôtare. — Chaperons. — Les murs de clôture rentrent dans la catégorie des murs isolés. Leur hauteur réglementaire est 2™,60 ou 3"», 20, selon qu'ils sont construits dans une ville dont la population ne dépasse pas 50.000 habitants, ou bien dans une ville dont la population est supérieure à ce chiffre.
Ils peuvent être de natures très différentes, selon leur situation et leur but; tantôt très simplement construits, là où ils servent uniquement à clore un terrain, tantôt plus ou moins richement décorés, lorsqu'ils forment façade sur rue.
Un des moyens les plus simples consiste à établir des fondations solides, en moellons hourdés en mortier de chaux hydraulique qu'on monte jusqu'à 0™,50 au-dessus du sol, sur
PKOPOUTIONS 33
une épaisseur de O^jio à O^j.iO; à ^«lever do disUince en dis- Uince, tous les 3 ou 4 mètres, des piles en petits matériaux hourdés en plâtre et à remplir les intervalles à l'aide il'une maçonnerie en mortier de terre, qu'on protège conire Tinfluence de la pluie et du vent par un crépis imperméable.
\ji partie supérieure du mur est surmontée d'un chapeau, ou chaperon, qui a pour but de le proléger conire l'humidité en favorisant Técoulemenl des eaux pluviales. Il présenle à cet effet une ou deux pentes, selon que le mur appartient entièrement à l'une des propriétés conliguës ou qu'il est mitoyen. Ce chaperon se fait quehiuefois en phltre, mais il est préférable de le construire en tuile. Les deux ligures 30 et 3t en donnent un exemple dans les cas d'un mur non mitoyen et d'un mur mitoyen.
Fio. 30. Fio. 31. Fio. :t*.
Souvent le mur de clôture est construit avec plus de soin et de meilleurs matériaux, et peut être recouvert d'un chaperon en pierre (fig. 32) formé de dalles B à une ou à deux pentes, avec mouchettes m pour l'écoulement des eaux. Le chaperon est quelquefois sans saillie, et ses deux parements se confondent avec ceux du mur.
Si l'on veut avoir un mur de clôture de longue durée, il est préférable de le construire entièiement en moellons, meulière ou briques et mortier hydrauliciue.
Lorsqu'un mur de clôture forme façade sur rue, il esl souvent exécuté en maçonnerie mixte qui peut se prêter à des combinaisons décoratives d'un effet très heureux.
La figure 29 donne un exemple de ce genre. L'intervalle des chaînes pourrait aussi être exécuté en meulière ou on moellons.
Les murs de clôture formant façade sur rue sont percés,
ARCUITICTURB. 3
eu général, de portes pour les piétons ou de portes charrelières. Nous examinerons ces diverses ouvertures et leur modL^ de décoration dans le chapitre des portes et fenêtres. Souvint aussi on ne construit que la partie inférieure, jusqu'à liïiuteur d'appui, en maçonnerie. Au-dessus de ce soubassement, on élève à intervalles réguliers des pilastres également en maçonnerie, et ces intervalles sont fermés par des grilles dormantes à jour en fer.
Murs de soutènement. — Contreforts, barbacanes. — Un
mui' ne sert pas uniquement à clore, il peut, dans certxiins
cas, avoir pour seul but de résister à des efforts latéraux; c'est le cas des murs de soutènement destinés à opposer une résistance suffisante à la poussée des terres. L'épaisseur de ces murs ne peut évidemment se déduire des formules que nous avons données précédemment. Il entre ici un nouvel élément :
le poids des terres à soutenir, et il est facile de voir que le poids du mur jnyi.ru un grand rôle dans l'action efficace de celui-ci. C'est i:e do II! tient compte la formule de Navier qui donne l'épaisseur uniforme d'un mur de soutènement à parois verticales. Siiienl : P, le poids du mètre cube de terre; p, le poids du mètie I ube de maçonnerie; //, la hauteur de terre à soutenir ; el fi, l'angle formé par le talus naturel des terres avec i'iioi iz(ïn ; ré();ii:?seur :
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Fio. 33.
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Mîiis le plus souvent les murs de soutènement présentent à rexlè[ieur un talus, ou fruits et du côté des terres des retrailes successives ou redans diminuant de la base au sommet
PROPORTIONS
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Fio. 3'*.
ifig. 33). On obtient de très bons résultats en prenant pour épaisseur moyenne de ces ouvrages celle qui se déduit de la formule de Navier.
On augmente la résistance du mur, ou on en diminue Fépaisseur moyenne, surtout lorsqu'il offre un certain développement, au moyen de contreforts également en t<ilus ou à retraites successives, placés à Textérieur, à intervalles réguliers, isolés (fig. 33) ou réunis soit en plusieurs points de leur hauteur, soit seulement à leur sommet (fig. 34) par des arcs saillants.
Ces contreforts se prêtent fort bien à des motifs de décoration divers qui donnent un caractère très particulier et très distinctif à ces ouvrages, en accusant leur fonction.
Enfin, on peut encore rendre la résistance du mur plus efficace en lui donnant, suivant sa section horizontale, une courbure plus ou moins prononcée entre les contreforts, comme cela est indiqué dans la figure 34. Cette disposition a, en outre, Tavantage de donner lieu à un autre genre de décoration, en formant des niches circulaires dont on peut tirer un très grand effet, ou qui, selon leurs dimensions, sont susceptibles d*être utilisées pour des dépôts, des resserres, etc.
Il est bon de remarquer que, dans ces différents cas, il y a lieu de tenir compte des surcharges aux(iuelles peuvent être soumises les terres à soutenir.
Une des principales causes de destruction des murs de soutènement, construits d'ailleurs dans des conditions normales, est la présence de Teau dans le sol, soit à Tétat permanent, soit à l'état accidentel. Il est donc nécessaire de pourvoir à son écoulement régulier et constant. On y parvient en pratiquant dans les parois du mur de petites ouvertures très étroites
et très allongées, de façon à empêcher Tenlrainement des terres, tout en permettant à l'eau de s'écouler au dehors. Celleci, après avoir suivi le talus du mur le lonj^ dutiuel on a praticjué au-dessous diî l'ouverture une rigolo euL'iillée dans la pierre dure, se réunit à son pied dans un caniveau incliné qui la conduit àl'égoutou dans un cours d'eau voisin.
Ces ouvertures, plus ou moins espacées, suivant le degré d'humidité du sol, et placées à des hauteui-s convenables, prennent le nom de barbacanes ipg, 33 et fiy. 34j.
Murs des réservoirs. — Les murs des réservoirs ne sont que des variétés des murs de soutènement: ils résistent à la poussée des eaux. On leur donne des formes analogues aux précédents et ils peuvent être, comme eux, d'épaisseur uniforme ou d'épaisseur variable, diminuant de la base au sommet, mais en suivant ici le profil d'une courbe plus ou moins prononcée, et non celui de redans successifs. On peut également les consolider à l'aide de contreforts. Dans son Traité de Maçonnerie j M. Denfer donne, pour déterminer l'épaisseur de ces murs, la formule suivante:
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3Rrf — ^(Ph
dans laquelle R est la résist<ince de sécurité des matériaux qui constituent le mur; cl, leur densité ; A, la hauteur de Teau dans le réservoir.
Mors des édifices. — Il est impossible de faire figurer dans une formule générale tous les éh''inents qui déterminent l'épaisseur des murs de nos édilictîs, où les réactions sont multiples et extrêmement variables. Mais les exemples abondent et tiennent lieu d'une règle unique. 11 sullit, pour chaque cas, de se guider d'après les ouvrages analogues exécutés précédemment.
11 est d'usage, à Paris, oii l'on a à sa disposition des matériaux de très bonne qualité, de donner aux murs des constructions à plusieurs étages, espacés de 4 à ."> mètres, des épaisseurs de 0",:)0 à 0™,()0 pour les fa(;ades et de 0»,40 à O'^yib pour les refends. Dans certains édifices, les hôtels, par
PROPORTIONS 37
exemple, on les portées et les hauteurs d'étage sont plus grandes, on va jus(|u a 0™,80 pour les murs de face et 0",;)0 pour les refends.
On peut se rendre compte que ces épaisseurs sont beaucoup plus fortes qu'il ne faut pour supporter les seules charges verticales. La résistance de sécurité à l'écrasement des matériaux employés est bien supérieure à la pression qu'ils supportent de ce chef. Mais il faut considérer que les flexions éprouvées par les planchers et les combles tendent à reporter à l'extérieur la résultante des efforLs qui agissent sur le mur et que, si son épaisseur était calculée pour les conditions normales, dès que ces flexions produiraient la moindre perturbation, la même résultante pourrait être appliquée sur une arête qui ne résisterait pas. Il importe donc de donner au murune section supérieure à celle qui serait nécessaire pour supporter sans s'écraser les poids dont on le charge; et on voit tout de suite que, s'il y a un excédent d'épaisseur, il est préférable de le reporter sur la face extérieure, où il sera plus efficace.
Mais, même dans le cas où Ton n'aurait pas h craindre les actions horizontales et où le mur n'aurait à supporter «lue des charges verticales, il faudrait lui donner une é[)aisseur plus grande que celle fournie par la résistance à l'écrasement. !,a cohésion des diverses parties du mur étant insuffisante, si l'on chargeait progressivement sa section horizontale, on le verrait, en effet, se désagréger et s'écrouler bien avant d'avoir atteint la limite où se produit réciasement d'un seul bloc de même nature que ceux qui le constituent par leur juxtaposition, lorsqu'on le charge isolément.
Les murs sur lesquels viennent s'appuyer des voûtes sont soumis à des actions d'un autre genre qui tendent encore et avec plus d'intensité à reporter à l'extérieur la résultante des efforts. Aussi exigent-ils des épaisseurs plus grandes et des dispi)sitions particulières, mais nous les étudierons en même temps que les voûtes qu'ils peuvent être appelés à supporter.
On donne également un surcroît d'épaisseur aux murs de caves qui supportent toute la charge des murs en élévation et qui sont, en outre, de véritables murs de soutènement, ayant à contrebuter la poussée des terres environnantes.
Les murs des fosses d'aisance dans les édifices sont encore soumis à des conditions spéciales. Mais elles sont la conséquence de règlements sanitaires plutôt que le résultat de calculs ou d'expériences. Nous renvoyons nos lecteurs pour tous renseignements à cet égard à l'ouvrage traitant de la législation du bâtiment.
Enfin, il y aurait lieu d'étudier les modes de constructions adoptés pour les égouts; mais les ouvrages Maçonnei^ie et Assainissement donnant sur ce sujet tous les détails intéressants, nous nous bornerons à les mentionner comme un des cas particuliers auxquels peut avoir affaire Tarchitecte. Qu'il nous suffise de dire que, par leur forme courbe et leur ^ complet encaissement dans le sol, ils exigent moins dVpaisseur pour leurs parois que les constructions ordinaires. On les exécute en maçonnerie de petits matériaux très résistants hourdés en mortier de ciment à prise rapide. Leurs formes et leurs dimensions sont d'ailleurs déterminées par des règlements de police que nous n'avons pas à énumérerici.
§ 4. — Décoration
Principe de la décoration des mura. — Nous avons dit, au commencement de cet ouvrage, que le but de l'architecture est de donner une expression agréable à ce qui est nécessaire. Ce principe guidera efficacement toute recherche de décoration et, en particulier, de décoration des murs. L'architecture devant satisfaire la raison autant que le goût, un des modes de décoration les plus simples et les plus recommandables est celui qui consiste à accuser, par des ouvrages extérieurs en saillie ou en couleur, l'ossature de la construction.
Joints apparents, refends, bossages, piles, encadrements.
— Pour la face extérieure d'un mur en pierre de taille, par exemple, il est tout indiqué de marquer d'une façon plus ou moins visible les lignes de lits et de joints. On peut les accuser simplement par une substance colorée mélangée à un enduit avec lequel on rebouche soigneusement tous les
DÉCORATION
joints, en se servant d'un instrument on fer spécial, appela tire-jointa, rjni leur donne une fonne légèrement concave.
Si Ton veut rendre celte indication plus visible, on élargit le joint en pratiquant tout au pourtour de chaque pierre une entaille dont la profondeur varie de 0",01 à 0",08, ayant environ 0",03 de largeur, et qu'on nomme refend. Les anciens se sont servis de ce mode de décoration, mais avec beaucoup «le réser^'e, quant aux dimensions qu'ils donnaient à leurs entailles. La figure 35 montre un spécimen de refends emprunté au temple de Vesta à Rome. De nos jours, et surtout dans nos climats, où, le ciel étant moins pur, l'air moins transparent, il est nécessaire d'accuser très fortement les saillies qu'on veut faire remarquer, on donne des profondeur plus considérables aux refends des murs extérieurs. La fig:nre 36 en est un exemple. Ce spécimen est emprunté au .soubassement de l'un des grands palais qui font le principal ornement de la place de la Concorde à Paris et qui datent du siècle dernier. La profondeur des refends atteint 0™,085.
Les refends peuvent être à arêtes vives, comme dans la ligure 35, ou légèrement arrondis, comme dans la (iguro 30.
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Fio. 35.
Fio. 36.
Souvent les faces des pierres accusées par des refends sont ornées elles-mêmes de saillies de formes diverses appelées bossages. Ces derniers sont à arêtes vives, arrondis, ou à pans inclinés, comme dans l'exemple de la figure 37. Les bossages peuvent même exister sans les refends. La figure 38 donne un exemple de ce genre où on les a simplement accusés en
40 Ml'RS
aliiiLlriLkl li'UJ's iuvLf^s suivant un angle uniforme. La face des lu>*isag*i^ f^si i[in'liftii^f<iis ornée de saillies appelées pommes de tiitiimuit, mi de rîjiiiiux Irvs petits et 1res sinueux auxquels on donne pour cv\U* raison le nom de t^ermiculurea.
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Fio. 38.
L(*s ii'fcnds ri Irs bossages s'emploient surtout dans les parties d'un rdiik'f^ uù l'on veut donner l'impression d'une gninde solidité^ ilans [es soubassements, dans les piles et cliaîïH'S d'aniîïes, aux eiieadroments des baies, etc. (Ui 1rs rniiploiera doni' avec avantage pour les murs exécutés en maronneries mixtes, où ils piMMoeltent d'accuser fortement l'oss-ilure de la constiniction. Dans ce fMS, l(»s parties exécutées en petits niiitériaux seront simplement ornées de joints ordinaires, s'il s'agit du moellon ; formeront des dessins f^liis ou moins variés de formes t'I de c(mleurs, s'il s'agit de la briipie (fig, 29); présenteront une surfni e plane ornée d'encadrements à moulures, s'il «'agit fl'un n^m plissage en matériaux irréguliers, recouverts d'un enduit {fig. 39).
[,f*B refenils indiquant les assises de pierre, on doit les fniie l'oïncidrrïivci' \rs jMiiils. C.ette règle, en elle-même très b>^iipu% siM'Md liûji absiilur si on l'appliquait à tous les cas. I>*^ nus Jours cm coiisliiiit souvent les murs en pierre de tiiille à laide de bhirs qui peuvent avoir 0°,50 ou 0™,80 de hauteur. Des relV^ntls placés seulement aux lits et aux joints de ces assises pnjdu iraient un effet désagréable. 11 est bon
Fig, 3H.
DÉCORATION
Fio. 40.
d'adopter pour les refends des hauteurs variant entre 0",30 et 0"»,40 et, si les blocs sont de plus grande hauteur, de les divisej* de façon à faire coïncider chaque ligne de Ht et de joint avec un refend.
l-es piles et les chaînes d'angles sont quelquefois employéc's roinme moyen de décoration, quoique le mur soit exi^cuté dans son entier avec des matériaux de même nature. Dans ce cas, elles n'ont pas la même signification au point de vue de la construction : elles indiquent des parties renforcées, ce sont pour ainsi dire de légers contreforts. Ces piles et chaînes peuvent alors être dépourvues de harpes latérales; leurs arêtes verticales
sont droites et continues: elles affectent plutôt la forme de pilastres, et cette ressemblance est souvent accentuée par la présence d'un corps de moulures à la partie supérieure ipg- 40'.
Bandeaux et corniches. — Les divers moyens de décoration qui précédent ont pour but d'accuser les parties verticales de l'ossature de la construction. 11 eu est d'autres (jui indiquent les divisions horizontales, les planchers : ce sont les bandeaux^ simples plates-bandes en saillie, courant sur toute la largeur de l'édifice, et les cornicha^^ corps de moulures plus ornés et de plus forte saillie, qui, en général, couronnent les murs au-dessous du comble et protègent leur parement extérieur contre l'action des eaux pluviales.
Sculpture, peinture, faïences, mosaïques, terres cuites. — Le principe de décoration qui dénve de la construction même, très rationnel et souvent très fécond en formes et en dispositions heureuses, ne peut cependant sutlire à tous les cas. 11 est des constructions très simples qui n'offriraient que peu de motifs de décoration et pour lesquelles on est obligé d'en chercher d'autres qui en sont indépendants. On a alors recours avec avantage aux ornements sculptés sur
place ou rapportés, aux peintures murales, à rincrustation (le panneaux de faïence, de mosaïque, de terres cuites, dont les dessins varient à riniini et peuvent fournir roccasion d'effets très originaux et très «ign^ables.
Toutefois, il ne faut point abuser de ce genre de décoration, ne l'employer qu'avec beaucoup de n'^serve et de jugement, dans les cas où seulement il convient, où il ajoute au caractère de Tédidce et s^harmonise avec l'esprit général de son architecture. Il ne faut pas oublier que la décoration, de quelque nature qu'elle soit, est un accessoire susceptible d'être supprimé, sans détruire le caractère de l'architecture qu'elle sert, mais à laquelle elle doit être constamment subordonnée.
§ 5. — Parements
Parements en pierre de taille. — I.es parements extérieurs des maçonneries se terminent de différentes manières, selon la nature des matériaux. Pour la pierre de taille on procède au ravalement des faces intérieures et extérieures, puis au ragrêcment de toutes les parties apparentes, enfin au rejointoiemcnt. Celte dernière opération se fait en rebouchant les joints au ciment ou au plâtre coloré, selon qu'on a affaire à la pierre dure ou à la pierre tendre ; dans le premier cas, le joint apparent est accusé en creux au moyen du tire-joints, et, pour la pierre tendre, il est plat et au nu du mur afin d'éviter les épaufrures des arêtes.
Durcissement des parements en pierre de taille. — Les
parements des pierres de taille sont sujets à s'altérer sous 1 action des agents atmosphériques. Mais pour beaucoup de pierres celte décomposition est empêchée pîir le durcissement de la paroi. Il est probable que l'eau de carrière qu'elles contiennent, en s'éroulant peu h peu à l'extérieur, avec le calcaire et la silice qu'elles tiennent en dissolution, et en s'évaporant au contact de l'air, laissent se déposer dans les parties externes ce calcaire et cette silice. Certaines