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SOUBASSEMENT

dant tenus assez (ins pour s'harmoniser avec rarchitccture des étages supérieurs, qui a le même caractère.

Enfin, dans certains cas, le rez-de-cliaussée tout entier, mais non élevé sur un premier socle, peut faire office de soubassement, comme cela a lieu pour la nouvelle bibliothèque de rÉcole des Beaux- Arts, à Paris, dont un fragment de façade est reproduit par la figure 125. Le niveau durez-dechaussée correspond à peu près à la partie supérieure de l'empattement ou de la plinthe du socle. Comme le précédent, ce soul^assement s'harmonise parfaitement par sa décoration, ferme dans son ensemble, mais fine dans ses détails, avec Tordre corinthien supérieur, dont les colonnes sont cannelées. La corniche n'est presque qu'un bandeau mouluré avec frise et astragale, et celte simplicité lui laisse son importance secondaire par rapport à celle (lui couronne le premier étage.

Décoration des sonbassements. — D'après ce qui a été dit sur le caractère qu'affecte le soubassement à cause de sa fonction, on voit immédiatement que l'un des genres de décoration qui lui conviennent le mieux est celui des refends et des bossages. Ils peuvent, en efl'et, être plus ou moins accusés et prendre, avec toutes sortes de nuances, les caractères de légèreté ou de force qui s'harmoniseront le mieux avec l'ensemble de l'édifice. Les soubassements de l'École des Beaux-Arts et du palais de la Chancellerie, que nous avons déjà cités [fig, 124 et fig. 125), sont décorés au moyen de refends peu prononcés. Ceux de l'Hôtel des Monnaies de Paris et des palais de la place de la Concorde (/îr/. 120) sont décorés de refends plus accusés. La décoration des soubassements par refends et bossages convient très bien dans les cas où l'on ne peut donner, aux profils des moulures, assez de fermeté pour qu'ils caractérisent seuls cette partie de l'édifice. Mais, si Ton n'est pas tenu à une grande finesse pour ces profils, on peut avoir des soubassements très puissants sans le secoui-s des refends, et en conservant les' faces lisses, ou simplement en y accusant les joints. C'est le cas du soubassement du Louvre, représenté par la figure 1211 et cité précédemment. La hauteur des moulures, leur petit nombre, leur

simplicité, joints au talus de la partie plane, lui donnent un caractère très manjué de solidité et de force.

Ce caractère doit être très fortement accusé dans les parties pleines des soubassements, où Ton a été obligé de percer de grandes et nombreuses ouvertures. A cet égard, comme à beaucoup d'autres, il faut citer comme un modèle le soubassement des palais de la place de la Concorde, qui forme en même temps un portique très ouvert. Les piédroits des arcades qui le composent offrent au regard, grâce à leurs fortes proportions et à leur mâle décoration, toutes les garanties de solidité que réclament le goût et le sentiment des convenances.

Quelquefois on adopte les arcades pour indiquer Tossalure de la construction et on en remplit Touverture par un mur de plus faible épaisseur qu'on conserve plein ou dans lequel on [)erce des ouvertures plus petites.

Le caractère puissant du soubassement n'est pas incompatible avec une décoration plus riche. Les façades du Louvre sur la Seine suffisent à le prouver. Nous y retrouvons les fortes saillies de bossages capables de satisfaire Tœil sous le rapport de la solidité ; mais toutes ces saillies sont ornées de moulures et d'ornements d'une finesse, d'une variété et d'une grâce remarquables. Les pilastres à tambours plats, d'ordre dorique, disposés de la même façon que les colonnes correspondantes, dont la ligure 81 donne un spécimen, forment l'élément principal de celte décoration, fort originale et absolument française.

Les colonnes, comme les pilastres, peuvent parfaitement être employées à la décoration des soubassements, puisque tous ces éléments sont également susceptibles d'exprimer, selon la volonté de l'artiste, la force aussi bien que Télégance.

La corniche (jui couronne un soubassement doit être moins importante que celle de l'étage principal. Cependant il faut qu'elle présente une certaine fermeté, comme faisant partie de l'étage inférieur, traité dans son ensemble avec ce caractère. On parvient à réaliser ces deux conditions en donnant moins de saillie et plus de hauteur. Elle se réduit ainsi à un bandeau (jnelquefois lisse, souvent accompagné de moulures.

ATTIQLES i35

Nous citerons parmi les soubassements les plus remarquables, avec le regret de ne pouvoir les reproduire dans cet ouvrage, ceux de la nouvelle façade de la Faculté de Médecine, sur le boulevard Saint-Germain, et du musée Galliera, sur l'avenue du Trocadéro, dus à M. Ginain, ceux de THôtel des Monnaies, de la Bibliothèque Nationale, de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

§ 2. — Attiques

Disposition, proportions, décoration. — I/étage qui sert de couronnement à un édifice comportant un étage principal, ou un grand ensemble de plusieurs étages plus importants que les autres, est souvent décoré d'un ordre simplifié, surtout si la partie qu'il couronne est elle-même accusée par uu ou plusieurs ordres complets. Cet ordre, traité plus simplement que d'habitude, a pris le nom d'ordre attique, et l'étage qu'il décore s'appelle par abi-éviation attique. On a donné également, par extension, le nom d'attique, aux couronnements pleins placés au-dessus d'un ordre, comme celui de l'arc de triomphe de la place du Carrousel, à Paris.

On voit, d'après ce qui précède, que cet étage est lié, comme le soubassement, à la partie princii>ale de l'édifice ; mais ici la rehition est inverse. Si, comme le soubassement, il doit participer du caractère de l'étage principal, à l'inverse de lui, il indique une partie plus légère et plus fine qui doit couronner l'édifice sans le charger.

Il y aura donc un certain rapport entre la hauteur d'un attique et celle de l'étage au-dessus duquel il s'élève. Ce rapport, très variable, peut être compris entre le quart et les deux tiers. On reste en général plus près de la première proportion que de la seconde. Pour simplifier, on peut s'en tenir à un rapport moyen, environ un tiers.

}ji décoration de l'atlique doit être courue de façon à le relier bien nettement à l'étage principal. Toutes les fois que celui-ci comportera un ordre de colonnes ou de pilastres, ou devra également avoir des pilastres dans l'alticiue. Ceux-ci seront plus trapus que dans les circonstances ordinaires.

Leurs proportions sont très variables ; toutefois, on peut adopter pour leur hauteur quatre à six fois leur largeur. Les ornements seront traités aussi légèrement que possible, mais ils devront participer du caractère général de richesse, de force ou d'élégance de l'édiftce.

L attique est couronné par une corniche, comme Tétage inférieur. Le problème se pose donc tout naturellement de savoir à laquelle de ces deux corniches on devra donner le plus d'importance. Il ne saurait y avoir de règle absolue pour trancher la question ; car si, d'une part, Tétage de Taltique, moins élevé que les autres, doit avoir une corniche moins importante, c'est, d'autre part, à la naissance du toit, tout au sommet de l'édilice, que doit être, rationnellement, la corniche principale, dont la saillie est destinée à protéger les étages inférieurs contre les eaux pluviales. De là, semble-l-il, deux solutions opposées, selon qu'on accordera une plus grande valeur à l'une ou à l'autre de ces deux considérations. En réalité, elles ont chacune son importance, et la vraie solution doit en tenir compte.

Attiques italiens. — Les architectes italiens ont adopté la première. Nous donnons, dans la figure 126, un fragment de la farade d'un palais construit par Palladio, où le grand architecte a traité l'attique comme un simple couronnement. L'étage principal est décoré par un ordre de colonnes ioniques dont l'entablement ressaute au-dessus de chacune d'elles, qui sert ainsi de piédestal à une statue placée en avant du pilastre correspondant de l'attique. Ce pilastre, très peu accentué, est constitué, comme dans les attiques des arcs de triomphe romains, par une simple table saillante pourvue à sa partie inférieure d'un petit socle et se terminant sans chapiteau ni astragale sous la coniiche. La corniche inférieure ressautant au-dessus des colonnes, il fallait que celle de l'attique ressautât aussi au-dessus des pilastres, (juoique ceux-ci eussent une très faible saillie ; et, pour qu'elle prenne encore moins d'importance, Palladio la fait môme ressauter au-dessus du chambranle des petites fenêtres placées dans les intervalles des pilastres.

Le principe de la solution de Palladio une fois admis, on ne

ATIIQUES

peut qu'admirer le parti qu'il en a tiré dans ce monument,

dont les proportions

sont si harmonieuses, et l'unité si parfaite.

Les statues placées au-dessus des colonnes donnent de l'importance à Tordre, accusent nettement la corniche qui le couronne et relient admirablement cet étage à Tattique.Mais il est permis de chercher ailleurs une disposition meilleure, sinon au point de vue de l'harmonie des proportions, du moins à celui des convenances.

Attiqnes français.

— Pierre Lescot, s'inspirant des deux considérations que nous avons signalées plus haut, relativement à rimportance à donner à lattique, s'est efforcé de les satisfaire toutes les deux et y est parvenu de la façon la plus heureuse dans la façade ouest de la cour du Louvre, qu'il exécuta sous le règne de François l*"".

L'étage principal, comme on peut le voir sur la figure i*27, est décoré d'un ordre corinthien dont la corniche est continue. La décoration de rattitjue qui s'élève au-dessus est constituée par des pilastres ornés d'encadrements, avec une base reposant sur un petit socle, et un chapiteau à fouilles d'acanthe se profilant sous le larmier d'une corniche très légère et très décorée, comme celle de l'étage inférieur. Con-

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Fiii. l'27.

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