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ATTIQUES

sidérée isolément, celte corniche a la hauteur qui convient pour couronner, sans les écraser, les pilastres très fins de Tattique, mais elle est moins importante que celle de l'étage inférieur, ce qui n'est pas logique. Pierre Lescot lui a donné, d'une façon très ingénieuse, une importance suffisante pour couronner Tédifice. Il a prolongé sur toute la façade l'astragale et les feuilles du chapiteau, ce qui augmente sa hauteur, sans charger les pilastres; puis, il a placé au dessus un chéncau dont la présence est parfaitement justifiée, qui lui a fourni le motif d'une décoration très originale et très heui*euse à la fois, et qui, par son adjonction à la corniche, forme un ensemble dont la masse, frappant seule le spectateur qui regarde la façade entière, constitue un couronnement des plus nobles et des plus rationnels. Pour ajouter encore à cet effet, les intervalles des fenêtres et des pilastres sont décorés de sculptures en bas-relief qui relient ces éléments les uns aux autres et s'harmonisent très bien avec la richesse des parties inférieures du monument.

Si Ton n'en peut trouver absolument irréprochables tous les détails, cet attique est, du moins dans son ensemble, admirablement conçu. Il faut le citer comme un modèle dont on s'inspirera avec le plus grand profit, comme la plus heureuse application qui ait été faite des principes dont l'architecte doit s'inspirer, dans la composition de cette partie de l'édifice, où il est si facile de commettre des erreurs de goût et de convenances.

Le chef-d'œuvre de Pierre Lescot n'a pas été infécond. A son exemple et après lui, d'autres architectes français ont appliqué les principes qui l'avaient guide, peut-être à son insu, ou dont lui tenait lieu un sentiment délicat. On ])eut citer, en effet, bien que conçu beaucoup plus simplement dans ses détails, l'attique qui couronne le bAliment de la Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, représenté en partie dans la figure 125, et dont nous donnons le détail des pilastres et de la corniche de couronnement avec coupes au droit des pilastres et au droit des fenêtres dans la figure 128. Ces pilastres sont ornés de cannelures, comme les colonnes corinthiennes de l'étage principal. Leur chapiteau rappelle celui de l'ordre corinthien par certains détails, mais il est

de moindre hauteur et plus simple. Ils supportent une corniche architravée de faihle hauteur, dont l'importance est augmentée : au dessous, au moyen d'un léger bandeau interrompu par les fenêtres et les pilastres, laissant entre lui et la corniche des fragments de frise décorés de médaillons en marbre ; au dessus, par un chéneau moins riche que celui du Louvre, mais d un dessin très agréable. Enfln, les bases des pilastres sont réunies par des moulures se prolongeant sur toute la façade. On voit que l'architecte s'est efforcé de mettre en harmonie la décoration de l'attique et celle du

Fio. 128.

reste de l'édifice, (jue la même harmonie règne dans les proportions des divers éléments de Fallique et que cependant sa corniche couronne suffisamment l'édifice.

§ 3. — Corniches de couronnement

Corniches extérieures. — Dans les édifices construits par les (irecs, la corniche étai! «lestinée à couronner l'œuvre et à la protéger tout à la fois, et de ce double rôle utilitaire et eslhétitiue étaient nées les formes et les proportions qu'ils lui avaient donnétîs. Notre architecture moderne s'applique, en général, à des édifices de plusieurs étages, qui j>résentent

CORNICHES DE COURONNEMENT 141

par conséquent dans leur hauteur une série de coupures horizontales, de bandeaux ou de corniches. Il importe donc de différencier et de caractériser, par un profil plus saillant et une ornementation plus ferme, la corniche qui termine Tédifice à sa partie supérieure, et qu'on a appelée pour cette raison corniche de couronnement.

Son rôle étant le même que celui de la corniche unique des anciens monuments de la Grèce, on lui donne, en général, un profil et des dispositions analogues. Cependant il est des cas où on a besoin de la caractériser plus nettement, oii elle affecte un profil plus développé, et où on la décore d'ornements qui soient de nature à en bien marquer la fonction et à en accuser davantage l'importance.

I^ principale modification qui s'introduit alors dans les dispositions de la corniche ordinaire consiste dans l'emploi de consoles décorées et profilées avec plus ou moins de richesse, de fermelé ou de finesse, et qui se placent dans la frise, qu'elles divisent en compartiments, à la façon des triglyphes de l'ordre dorique. Ces corniches peuvent affecter les formes les plus variées et présenter les dispositions les plus diverses, selon le caractère de l'édifice. D'ailleurs, leur proportion relativement à la hauteur de la façade qu'elles couronnent est très variable. Celle de la figure 129 est le 1/21 de la hauteur totale ; Vignole a donné à la sienne [fig. 130) le 1/41 de cette même dimension.

C'est au goût de l'architecte à apprécier cette proportion dans les divers cas.

Quelques exemples suffiront à le montrer, et on y verra dans quel esprit il faut traiter cette partie de l'édifice.

Corniches ayec frise. — Les figures 129 et 130 représentent deux corniches empruntées à l'architecture italienne. La première, due à Bramante, appartient au palais de la Chancellerie, à Rome. Les moulures de l'architrave y sont assez prononcées et forment une sorte de bandeau dont la saillie sur le mur inférieur est fortement mar(|uée. Au dessus, la frise, en surplomb sur la dernière plate-bande, est divisée régulièrement par des consoles de faible hauteur et d'un profil très ferme, qui supportent, au moyen d'un chapeau formé

par le ressaut des moulures de la frise, le larmier principal de la corniche. Celle-ci, en oiïet, est puissamment accusée par rétiigement de deux larmiers, dont le supérieur est une sorte de développement de la cymaise, destiné à protéger et à couronner l'autre, plus important et plus saillant.

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fia. 129.

La seconde corniche est due à Vignole et tirée du palais de Caprarola. Elle est plus élégante et plus fine, mais aussi moins monumentale. Le support du larmier est plus haut et se dédouhle en (jueliiue sorte en deux consoles, une hori-

Fio. 130.

zontalo otune verticale, qui soutient la premit>re à l'aide d'un couronnement formé par quelques moulures. Elle a été très souvent employée, et on peut la voir heureusement repro-

CORNICHES DE COURONNEMENT

duite dans le couronnement de la façade de l'Hôtel des Monnaies, à Paris.

Quelquefois la frise reste intacte, et l'importance de la corniche est accusée par des modillons vigoureusement traités et une cymaise un peu développée. Cette disposition est représentée par la coniiche de la figure i31, empruntée à la façade

Fjo. 131.

du Louvre qui fait face à l'arc de triomphe du Carrousel. On remarquera l'arrangement ingénieux de la moulure supérieure de la corniche, qui fait office de larmier et protège les sculptures de la doucine. Au-dessous de cette corniche très développée court une frise richement décorée d'enroulements de feuilles et limitée à sa partie inférieure par une simple astragale.

On peut même, dans les édifices

Corniches sans irise. de faible hauteur, supprimer complètement l'architrave et la frise.

C'est ce qu'a fait, par exemple, Palladio, dans la belle et simple corniche que représente la figure 132, oii le larmier est soutenu par des modillons à arêtes vives qui lui donnent une grande fermeté.

CT

Vic. 132.

Corniches de ponts. — Enfin, dans les deux exemples des figures 133 et 134, la corniche elle-même s'est simplifiée. Ils sont tirés, il est vrai, de monuments où la complication et la finesse des profils seraient absolument déplacées. Le premier nous est fourni parle pont romain de Rimini : les moulures inférieures du larmier sont supprimées, et la cymaise

Fjo. l;i3.

très saillante est formée de deux moulures courbes séparées par un filet. Le profil des consoles se réduit à une doucine de forme très curieuse, qui ne paraît pas réclamée par les exigences de la construction, mais dont les architectes du

Fio. 134.

moyen ûge se sont inspirés si souvent qu'elle est désormais consacrée. D'ailleurs, il est possible, par une inclinaison convenable, de la mettre en harmonie avec sa fonction de support, et les jeux de lumière que produit son profil mouvementé sont d'un efi'et agréable.

La corniche de la figure 134, empruntée au viaduc de

CORNICHES DE COURONNEMENT

Dinan, de coiistrui'lion moderne, est courue dans un esprit analogue à la précédente, mais elle est beaucoup plus simple et mieux caractérisée. La plate-bande du larmier, très développée, est protégée par une fine moulure à gorge, et ce bandeau saillant s'appuie sur des consoles allongées, d'un prolil indiquant nettement et simplement la nature do TelTort vertical qu'elles subissent.

Les corniches sans frise ni architrave, supportées par des consoles, ont été très employées dans les constructions du moyen ûge pour former les plateformes en encorbellement désignées sous le nom de mâchicoulis.

Corniches avec frise et architrave interrompues. — Dans nos édifices privés, où il faut ménager la hauteur des parties en maçonnerie pleine,

Fia. 135.

afin de ne pas réduire les jours, on interrompt ([uelquefois l'architrave et la frise de Tentablement supérieur au-dessus de chaque fenêtre, de façon à remonter près de la corniche le chambranle ou le linteau de celle-ci.

On peut alors adopter une disposition analogue à celle de la figure 135. L'entablement complet n'est conservé que pour les parties pleines, ou trumeaux, (jui font office de pilastres, et la corniche seule couronne le tout. Celte solution peut se Justifier ici de la môme façon que lorsqu'elle est adoptée pour des arcades encadrées dans un ordre do colonnes.

Corniches diverses. — Les corniches (pie nous venons de passer en revue sont toutes exécutées en pierre. Dans nos édifices privés, il arrive souvent que, par raison d'économie, on les exécute en briques ou sinqjlement en plâtre. Dans ce dernier cas, il faut avoir soin de les proléger parfaitement au

ARCHITECTURE. i'>

moyen d'un recouvrement en zinc contre Inaction dissolvante des eaux pluviales, qui détruisent en peu de temps de pareih ouvrages, môme quand on a pris cette précaution.

Quand la brique est substituée à la pierre pour Texécution des corniches, on peut adopter des dispositions dont la figure 136 donne un spécimen. Elle n'a rien de monumental et ne peut s'appliquer qu'à des constructions très simples, élevées à la campagne, dans des conditions qui n'excluent pas un certain air pittoresque et rustique. On peut aussi agrémenter l'effet un peu sec et monotone de cette disposition en décorant les parties pleines de petits panneaux de faïence et en employant des briques de couleur. Toutefois, même quand les circonstances appellent ce genre de décoration, il est bon de n'en user qu'avec une réserve intelligente et un goût sobre.

Corniches intérieures. — Les corniches sont également employées pour décorer les parties intérieures des édifices; mais, comme elles répondent ici à d'autres besoins, on leur assigne des dispositions et des proi)ortions différentes. On conçoit qu'elles diminuent pour l'œil la hauteur apparente dos salles ; aussi leur donne-t-on un développement plus grand en saillie qu'en hauteur. Cette disposition a pour effet, il est vrai, de restreindre les dimensions du plafond, d'après lesquelles l'œil apprécie celles de la salle elle-même. Mais cet inconvénient est de moindre importiince, et on le corrige dans une certaine mesure en donnant i)eu de saillie sur le nu du plafond aux moulures extrêmes, et en les reliant aux autres, qui forment bandeau le long des murs par une gorge profonde, tangente très souvent au nu de ces derniei^.

Fio. 146.

§ 4. — Frontons

Disposition : frontons grecs. — Les Grecs construisaient leui-s temples sur plan rectangulaire, et le toit en était formé par deux pentes inclinées perpendiculairement aux grands côtés. Ce toit formait ainsi, sur les faces les moins étendues, deux triangles isocèles de faible hauteur auxquels ils appliquèrent la disposition si naturelle appelée par les nécessités de la construction, et à laquelle on a donné le nom de fronton.

Le fronton est limité, à sa partie inférieure, par la corniche, qui couronne l'édifice, et sur les côtés inclinés ou rampants^ par un retour de moulures qui reproduit, du moins dans ses principaux éléments, la corniche horizontale. On se rappelle Torigine et la fonction primitive de ces divers éléments. Le larmier, dont la saillie protège les parties inférieures, ordinairement décorées, aura dans les rampants du fronton sa place toute marquée pour la même raison. La cymaise, qui n'est autre chose que le profil du chéneau, le couronnera également dans cette partie ; mais, en revanche, elle sera interrompue sur le larmier de la corniche horizontale, où elle n'aurait aucune raison d'être.

On peut se rendre compte de cette disposition générale dans la façade du Parthénon (fg, 75). Le tympan formé par les lignes intérieures du triangle du fronton est décoré de sculptures dont la présence est tout indiquée. Les sommets de ce triangle sont marqués, en général, comme dans la farade que nous venons de citer, par des ornements imrticuliers appelés acrotères. Ceux des sommets inférieurs sont formés par la face d*une tuile plus richement décorée qui se répétait très souvent dans la farade latérale au-dessus de chaque colonne, ou par un petit socle portant une chimère. L'acrotère du sommet était plus imporUinte. On y voit tantôt une stMe, tantôt une statue ou un groupe, comme sur la figure 75.

Frontons modernes. — On peut remanjuer que les orne^ raents de la frise et ceux de la corniche qui eu dépendent sont supprimés dans le fronton, ce qui est absolument ra-

iionnel. 11 ne saurait, en effet, y avoir abouts de poutres ou de planches du toit sur la face du fronton. Vignole, en vertu du même principe, proscrit t'îgalement les modillons et les denlicules dans cette partie de l'édifice. Mais, ni les Romains, ni les architectes «le la Renaissance n'ont observé ces convenances, et, depuis leur épo(|ue, prescjue tous les frontons qui ont été construits sont pourvus, suivant le cas, de mutules, de denticules ou de modillons.

Nos architectes modernes ont conservé cette habitude. Ces trois ornements de la corniche sont reproduits dans les frontons avec la différence que, leurs faces latérales restant verticales, leur face antérieure est un parallélogramme, au lieu d'être un rectangle. Cette forme a bien, au premier abord, quelque chose de désagréable; mais notre œil, l'ayant observée sur tant de monuments, s'y est complètement habitué, et nous ne concevons pas facilement un fronton où ces éléments de la corniche ne seraient pas reproduits.

Frontons courbes. — L'origine du fronton assigne à ses deux rampants la forme rectiligne, qui est la seule rationnelle. Mais la Renaissance a introduit dans cet élément d'architecture des formes plus variées qui, si elles ne répondent pas à des nécessités immédiates de la construction, et par

Fio. !37.

conséquent paraissent superflues, se prêtent cependant à une décoration plus mouvementée, à laquelle on ne peut refuser une certaine grâce et qui produit un heureux effet en bien des circonstances.

La première de ces modifications consiste à substituer l'arc de cercle à la ligne droite pour les deux parties inclinées du fronton, comme le montre l'exemple de la figure 137, emprunté

à la farailo de l'Opéra de Paris. La rourbo est convexe extérieurement. Mais dans rarchitecture de la Renaissance on rencontre souvent pour de petites dimensions l'arc de cercle concave, par exemple dans les couronnements des lucarnes du toit dont les deux penles du fronton sont remplacées par deux arcs de cordes concaves. Enfîn, elle a encore employé des formes plus tourmentées, et s'est servie pour les frontons de courbes à inflexion, surtout pour les boiseries, où elle s'explique et se justifie mieux.

Frontons coupés. — Ces diverses formes, y compris la forme trian^laire primitive, ont été, par les arcbitectes de la même époque, très souvent interrompues au sommet, soit pour permettre un plus grand développement des bas-reliefs du tympan, soit pour dégager un socle portant un motif de décoration, vase ou autre ornement analogue, et s'élevant dans Taxe du fronton. Ces diverses dispositions ont reçu le nom de frontons coupes. Les façades de l'Opéra offrent des exemples de frontons circulaires coupés, comme couronnements de fenêtres. Dans ces exemples, la corniche courbe a ses deux extrémités au sommet, couvertes par les volutes d'un ornement du tympan ; il est des cas oii elle se profile simplement de part et d'autre du motif de décoration central qu'elle dégage.

Les façades du Louvre sur la Seine et sur la place du Carrousel présentent des cas très variés de frontons coupés d'un effet agréable.

On verra plus loin l'application de ces diverses formes à la décoration des portes et des fenêtres, où elles jouent un grand rôle.

Proportions. — On ne peut donner de règle absolue pour le rapport à observer entre la hauteur et la largour d'un fronton: en d'autres termes, l'inclinaison des rampants est variable. !1 est évident que le rapport donnant une hauteur convenable pour un fronton de peu d'étendue, embrassant quatre colonnes par exemple, appliqué à un fronton porté par douze colonnes, lui en donnerait une trop considérable. De même, si on prenait comme règle la proportion adoptée dans certains

temples anti(]ues, offrant un grand développement, et si on rappliquait à des édifices de dimensions restreintes, on trouverait une trop faible hauteur. D'ailleurs, la hauteur qu'il convient de donner à un fronton dépend du caractère qu'on veut imprimer à Tédifice qu'il couronne. Il faut donc se préoccuper à la fois de ces deux considérations pour la déterminer. Il n'est guère possible que de donner quelques indications, fournies par certains édifices, d'en déduire une relation moyenne, et de laisser pleine liberté à l'artiste pour apprécier, dans les différents cas, les circonstances qui concourent à la modifier et la valeur (|u'il convient de lui assigner.

La hauteur du fronton se compte de l'arête supérieure de la corniche horizontale jusqu'au point de rencontre des deux arêtes qui lui correspondent dans les rampants, c'est-à-dire déduction faite de la cymaise. Dans le grand temple de Pœstum, cette hauteur est environ le 1/4 de la hauteur totale de l'édifice et un peu plus du 1/10 de la largeur. Dans le Parthénon, l'inclinaison des rampants est à peu près la même, mais la hauteur est un peu plus grande par rapport à celle du monument. Parmi les frontons dont l'inclinaison est la plus forte, on peut citer celui de la porte de Saint-Michel, à Bologne. Sa hauteur est un peu plus du 1/6 de sa largeur et un peu plus du 1/10 de la hauteur totale.

D'une façon générale, on peut dire que l'inclinaison est d'autant moindre que le rapport de la hauteur à la largeur de l'édifice est plus petit.

Nous employons très souvent, bien qu'ils ne soient pas motivés au point de vue de l'utilité, des frontons au-dessus de colonnes engagées ou dégagées. C'est la disposition des pavillons extrêmes des palais de la place de la Concorde {fig. 120). Dans ce cas, ils n'ont pas un grand développement, et, pour ces dimensions restreintes, on peut appliquer le procédé graphique suivant, qui donne des proportions satisfaisantes. Soient AB la demi-longueur de l'arête supérieure de la corniche horizontale (fig. 138) et BC l'axe du fronton. Du point B comme centre avec BA pour layon, on décrit .un arc de cercle qui coupe en D le prolongement de l'axe. Du point D comme centre, avec DA comme rayon, on décrit un autre arc de cercle qui coupe l'axe en C. La corde AC donne l'in-

FRONTONS IdI

clinaison de l'arête retournée pour former le fronton. Il suffit de tracer les moulures parallèlement à cette direction.

Ce procédé, très simple, est d'autant plus utile à retenir qu'il permet de construire en \ \ j"

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donne, dans ce Fio. 138.

cas, la courbe

dufronton, etil suffitde décrire pour toutes les moulures qui

le composent une série d'arcs concentriques.

Les architectes de la Renaissance ont employé pour les petites dimensions des frontons beaucoup plus inclinés ; il y en a dont le rapport de la hauteur à la largeur est i/2, c'est-à-dire que leurs rampants forment avec l'horizontale un angle de 45°.

Décoration. — Les Grecs décoraient les tympans de leurs frontons de statues en ronde-bosse. Ce procédé nous paraîtrait aujourd'hui un peu sec, mais il est le plus rationnel et celui qui respecte le plus les convenances architecturales. Grâce à lui, la sculpture apparaît nettement comme un ornement qui accompagne l'architecture, qui concourt à en augmenter l'aspect monumental, et qui repose agréablement l'œil de la monotonie des lignes, sans cependant rien ôter à celles-ci de leur caractère et sans empiéter sur elles pour en interrompre les formes.

De nos jours, on s'est départi de cette sobriété si pure et si pleine de délicatesse. Les sculptures de nos frontons sont en bas-relief et ne laissent point voir la face plane qu'elles couvrent, mais ne décorent plus. Une surface tourmentée, aux formes confuses, voilà ce qui orne, en général, les fron-

tons modernes. Sans doiile, ce mouvement, cette agitation, dirions-nons volontiers, nous plaît davanl<ige et convient mieux peut-otre à n Ave carach'-re et à nos habitudes modernes, que les attitudes calmes, les contours précis et nettement accns«'s des statues (fui décoraient les frontons grecs. Néanmoins, il est p;Mmis de croire que ce sont là des procédés moins irréprochables et moins vrais, et qu'il eût mieux valu marcher à cet égard dans la voie que nous avaient ouverte les Anciens.

Les frontons de la Madeleine et du Panthéon, à Paris, que nous citerons comme exemples de cette décoration, n'en sont pas moins, ces restrictions faites, de très beaux spécimens du genre.

Les frontons de la place de la Concorde et ceux de l'Opéra sont également décorés de figures allégoriques.

Lorsque les dimensions des tympans sont trop faibles pour permettre d'y sculpter des figures, ils sont souvent lisses ou ornés de cartouches et d'enroulements.

Emploi des frontons. — La forme du fronton, servant autrefois uniquement à couronner les façades des temples

FiG. 139.

rectangulaires, où elle était justifiée par les nécessités de la construction, a été employée, dans la suite, indépendamment

de ces conditions et avec les modifications qu'exigeaient les différents cas. Les Romains s'en sont servis en les répétant plusieurs fois consécutivement dans la même façade au-dessus d'ouvertures circulaires ou à arcs surbaissés, dont ils formaient en quelque sorle le couronnement. Ils supprimaient alors la partie horizontale de la corniche et ne la conservaient qu'à la rencontre de deux frontons très souvent accusée par un pilastre d'attique ou par une colonne surmontée d'une statue. C'est celte disposition, dont la façade des thermes de Caracalla nous offre un exemple, que nous reproduisons dans la figure 139. H mérite d'être cité à cause du parti qu'on en a très souvent tiré depuis. Il n'est pas, d'ailleurs, le seul molif de cette façade que nous ayons reproduit dans nos édifices modernes : nous lui avons également emprunté celui des arcades divisées dans le sens de la hauteur en deux parties par un entablement que supportent deux ou plusieurs colonnes.

Les frontons servent très souvent à couronner les murs, pignons, soit qu'on y conserve la corniche horizontale, soit

Fio. 140.

Via. 141.

que les rampants seuls soient décorés de moulures (pg. UO). On emploie aussi pour les pignons des maisons d'habitation la disposition de la figure 141, très répandue dans le Nord et dont la silhouette décou[)ée a quelque chose de pittoresque qui ne messied pas dans bien des circonstances.

Enfin et surtout, les frontons servent à couronner les portes et les fenêtres tant à l'intérieur qu'à l'extérieur; et nous en reparlerons en détail dans le chapitre suivant. Il est

bon cepondant de faire remarquer que Ton a très souvent combattu, et sans doute avec quelques raisons, remploi des frontons à l'intérieur des édifices. Il est évident que, si on ne peut les justifier suffisamment au point de vue des convenances parfaites, lorsqu'ils sont adossés à un mur extérieur, on peut cependant accorder qu'ils servent, dans ce cas, à protéger contre la pluie et à encadrer les sculptures des tympans; mais à l'intérieur d'un biUiinent on ne peut alléguer pareille raison. Toutefois, comme c'est une forme qui a sa place acquise dans notre architecture moderne, il y aurait mauvaise grâce à vouloir la proscrire complètement. L'architecte ne peut se proposer comme tâche de réformer d'un seul coup le goût de ses contemporains. Il peut réagir progressivement contre les tendances et les innovations regrettables au point de vue purement artistique ; mais il a aussi comme devoir immédiat celui d'utiliser, en les adaptant aux circonstances particulières, et en leur donnant une expression aussi vraie que possible, les formes qui lui sont transmises par ses prédécesseurs et qu'un long usage a consacrées. Il lui appartient toujours d'ailleurs de leur imprimer le caractère de son goût propre et de sa personnalité par la manière de les interpréter. Ainsi acceptées, ces formes, loin d'être une entrave à son inspiration, lui offrent un champ d'études plus vaste et des éléments plus nombreux à mettre en œuvre dans ses compositions.

§ 5. — Balustrades

Bat et disposition. — Nous verrons tout à l'heure d'où est venu le nom de balustrade. Quoi qu'il en soit, les ouvrages qu'il désigne sont destinés à entourer des plateformes élevées au-dessus du sol et à protéger contre les chutes les personnes qui s'y trouvent. Ce sont, en principe, des murs de faible épaisseur, montés jusqu'à hauteur éCappui, c'est-à-dire à 1 mètre environ du niveau du sol sur lequel ils sont établis et dont la partie supérieure présente une surface lisse plane ou courbe, mais sans arête aiguë, permettant de s'accouder commodément, offrant en un mot un appui convenable.

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