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EMPLOI DES VOUTES

Différents cas. — Les voûtes sont d'un usage constant dans nos édifices modernes, soit pour former la partie supérieure des caves, soit pour couvrir les salles des autres étages, soit pour former les arcs des baies cintrées. Il est certaines formes de voûtes qu'on doit employer préférablement à d'autres dans chacun de ces cas. Nous les passerons successivement en revue.

Voûtes des caves. — Les voûtes des caves sont, en général, destinées uniquement à clore des enceintes où on veut maintenir une température à peu près constante, mais qui ne servent pas à l'habitation. On choisira donc leurs formes et leur mode de construction sans aucune considération esthétique et sous la seule condition d'offrir une résistance suffisante pour le moindre prix de revient. Fig. 256.

La forme cylindrique étant

la plus simple et la i)lus facile à exécuter, c'est presque toujours les voûtes en berceaux qu'on emploie dans ce cas.

PLAFONDS ET VOUTES

Quant aux matériaux, ce sont le plus souvent les moellons, ([uelquefois la meulière, enfin la brique pour des voûtes très légères.

La figure 2u6 représente la moitié d'une voûte en moellons de 0",40 d'épaisseur (minimum pour les moellons). L'un des piédroits est percé d'une porte cintrée en arc surbaissé.

Les parties comprises entre l'extrados et le plan horizontal du sommet, qui constituent les reins de la voûte, sont remplies de béton sur lequel est établi le sol du rez-de-chaussée. Les piédroits sont exécutés en moellons, comme la voûte.

Fio. 257.

FiG. 2J«.

Les figures 257 et 258 offrent des exemples : la première, d'une demi-voûle en meulière de 0™,26 d'épaisseur au sommet, hourdée en ciment, et d'un tracé très hardi qu'il ne faudrait pas dépasser en pratique ; la stîconde, d'une demi-voûte en briques de 0™,22 d'épaisseur, dont les reins sont remplis en béton qui forme liaison avec les murs et contribue beaucoup à la solidité de l'ensemble.

Dans ces divers exemples, la directrice de la voûte est un arc surbaissé à un centre. On emploie aussi l'anse de panier et même le plein cintre, surtout lorsqu'on a besoin d'une plus grande résistance, car, dans les autres cas, les arcs surbaissés ont l'avantage de donner une hauteur moins irrégulière au sous-sol ainsi voûté et plus d'espace utilisable.

Lorsqu'une cave voûtée doit être éclairée latéralement par des soupiraux, ceux-ci sont, à l'intérieur pourvus de vous-

sures formant pénétration dans le berceau principal à Ja façon des lunettes cylindriques dont nous avons déjà parlé en étudiant les différents genres de voûtes. Si le dessus de Touverture du soupirail est plus élevé que le sommet de Tintrados de la cave, la génératrice de l'arrière-voussure est inclinée, et la disposition qu'on adopte esl analogue à celle de la figure 259.

Fio. 260.

FiG. 25 I.

Fio. 271.

Les caves sont souvent aussi couvertes par un plancher en fer, et Ton peut encore, dans ce cas, se servir des voûtes pour clore les intervalles des solives. On les appuie sur les ailes inférieures de ces dernières et on les construit soit en briques pleines {fig. 260), soit en briques creuses (fig. 261), en leur donnant une faible courbure, afin de ne pas trop augmenter l'épaisseur du plancher; elles ont même quelquefois une grande portée et peuvent être employées pour les planchers des étages supérieurs. Ainsi la voûte de la ligure 260 a 3 mètres d'ouverture, et les briques, très résistantes, sont hourdées en ciment à prise lente. Il est bon de remarquer que, dans la construction de ces voûtes, on doit éviter de décintrer l'une d'elles sans qu'elle soit contrebulée latéralement par deux ou trois autres travées reposant encore sur leurs cintres. Une faible poussée ferait, en effet, fléchir dans le sens horizontal les solives qui la supportent, et cette voûte se romprait d'autant plus facilement que sa (lèche est plus faible.

Voûtes des salles. — La plupart des voûtes peuvent être employées pour couvrir les salles intérieures des édifices,

256 PLAFONDS ET VOUTES

mais les dispositions particulières de ces salles font préférer certaines formes dans chaque cas.

Les salies rectangulaires, dont une des deux dimensions excède de beaucoup la seconde, sont susceptibles d'être voûtées en berceau, comme cela a été fait pour certaines salles des palais du Louvre. Il sera préférable de substituer à cette forme la voûte en arc de cloître barlongue ou la voûte en arc de cloître à deux directrices de même hauteur dans le cas où les deux dimensions de Tenceinte ne sont pas très différentes. Les fenêtres cintrées formeront dans ces salles des lunettes cylindriciues ou coniques, comme on peut en voir des exemples dans beaucoup de nos églises.

Les voûtes d'arête et les culs-de-four sur pendentifs conviennent très bien aux portiques. Les galeries qui forment le pourtour extérieur du rez-de-chaussée du théâtre de rodéon, à Paris, sont un exemple des premières; on veri-a d'heureuses applications des secondes dans les portiques des palais de la place de la Concorde et de la cour^ du Carrousel.

Les salles carrées peuvent être (-.ouvertes soit par une voûte en arc de cloître, soit par une coupole ou un cul-defour sur pendentifs, soit même, dans certains cas, par une voûte d'arête. Ces deux dernières dispositions conviendront parfaitement à une salle carrée qu'on voudra éclairer par de grands jours pratiqués à la jiartie supérieure des parois verticales, ou qui devra communiquer avec des salles contiguës au moyen de larges ouvertures cintrées.

Pour les enceintes ayant un plus grand nombre de côtés, on se servira presque exclusivement de la voûte en arc de cloître polygonale, avec ou sans plafond.

La coupole et le cul-de-four simples seront encore employés dans les cas des s^illes circulaires. On pourrait également remplacer la partie» c(»nlrale par un plafond limité par une couronne et raccordé avec la paroi verticale, au moyen d'une portion de sphère ou d'une surface dont la directrice serait un quart de circonférence.

Les voûtes annulaires trouveront leur application dans le cas de portiiiues ou de couloirs contournant des saHes circulaires.

Enflii, les berceaux en descente et la vis Saint-Gilles serviront : les uns, pour les escaliers droits, comme cela se voit au Louvre de Pierre Lescot, à l'escalier de Henri II; l'autre, pour les escaliers établis en tour cylindrique.

Nous ne faisons qu'indiquer ici l'emploi qu'on peut faire de ces diverses voûtes : nous aurons l'occasion d'en reparler dans la seconde partie de cet ouvrage.

Voûtes des baies. — Les voûtes cylindriques sont les seules qui soient applicables aux baies. Elles peuvent avoir pour directrices toutes les courbes planes simples, mais ce sont le plus souvent, comme nous lavons déjà vu, la demi-circonférence, l'arc surbaissé à un centre, l'anse de panier et l'ellipse. Quand elles sont percées dans les parois latérales d'une salle voûtée, elles forment des lunettes. Enfin, dans un mur à faces parallèles verticales, elles sont accompagnées à l'intérieur d'arrière-voussures dont il a déjà été question.

§ !•'. — Escaliers

Définition. — Les escaliers sont des ouvrages qui soi-vent à racheter deux iiivoaux difr<'u*ents au moyen d'un certain nombre de plans horizontaux successifs, degrés ou marcheSy suliisamment rapprochés pour qu'on puisse les gravir sans fatigue. A cet effet, ils sont susceptibles de dispositions spéciales, les unes ayant trait aux dimensions et à la succession des marches, les autres à la forme de Tensemble.

DISPOSITION

Escalier droit entre murs parallèles. — l/escalier le plus simple à étiiblir est composé de marches scellées dans deux murs parallèles. Chacune d'elles est un parallélipipède rectangle recouvrant légèrement celui qui se (trouve immédiatement au-dessous et ayant ses grandes faces horizontales, et ses pe* tites faces verticales. L'espace compris entre Faréte d'une marche et la ligne de recouvrement de la marche supérieure s'appelle giron (fig. 262).

Fio. 202. Si la largeur de J'escalier était trop con*

sidérahh» oi si Ton pouvait craindre par là une rupture des marches, soutenues à leurs deux extrémités seulement, on

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pourrait placer entre les murs extérieurs des murs intermédiaires dont le nombre et la résistance seraient proportionnés à la longueur des marches à soutenir et aux charges probables qu'elles seraient destinées à porter.

Mais cette disposition, qu'il est possible d'employer en certains cas, ne sera pas praticable en général, parce qu'elle ne permet plus d'utiliser la partie située au-dessous d'une succession de marches, ou rampe, pour la circulation ou pour l'établissement d'une seconde rampe, ce qui est le cas de la plupart des escaliers. Lorsque l'espacement des deux murs dans lesquels sont scellés les extrémités des marches, ou murs d'échiffre, sera trop considérable pour qu'on soit à l'abri *^'"- '^^*^'

«l'une rupture, il sera donc préférable d'établir entre ces murs une voûte en berceau incliné, ou descente, dont les reins porteront les marches. Dans le cas d'un escalier droit on aurait la disposition représentée par la ligure 263.

Escalier circulaire. — S'il s'agissait d'un escalier établi sur plan circulaire, la voûte en descente deviendrait une vis Saint- Gilles, qui pourrait, selon ses dimensions, présenter dans l'axe une sorte de support cylindrique, ou noyau, ou bien un vide de même forme que le mur enveloppant. Dans ce dernier cas, on aurait un escalier en vis à jour. Mais cette voûte est rarement employée. Elle est, en effet, compliquée et difficile à exécuter. D'autre part, les escaliers établis sur plan circulaire sont souvent de faibles dimensions, et il n'est pas nécessaire de soutenir les marches autrement qu'à leurs extrémités. On se sert alors d'une disposition très ingénieuse et très hardie, que représente la (Igure 264. La partie centrale, ou noyau, au lieu d'être un support indépendant des marches, est formée par les abouts intérieurs de ces dernières convenablement taillés et superposés, tandis que l'autre extrémité

est légèrement encastrée dans le mur extérieur circulaire. Les abouts correspondant au noyau sont constitués par des tambours cylindriques ayant chacun même hauteur que la marche à laquelle il appartient, et tous même diamètre. Pour donner plus de consist<ince à l'ensemble, lorsque le noyau est de faibles dimensions, on taille la face postérieure de chaque marche tangente au tambour, tandis (jue la face antérieure est déterminée par un plan vertical passant par l'axe. La figure 26 1 montre le plan et une coupe ver-

mticale sur Taxe d'un semblable escalier, dit à noyau plein; on y voit en traits continus les projections des faces antérieures, et en pointillé celles des faces postérieures des marches.

Dans un escalier de ce genre, la hauteur qui sépare le dessus d'une marche du dessous de la marche appartenant à la rampe supérieure, ou ce qu'on appelle VéchappéCy est très réduite, et il est important de la laisser aussi grande que possibje. Dans ce but, FiG. 264. on abat l'arête inférieure de chaque marche,

de façon à former une surface hélicoïdale continue, ayant pour directrice une hélice tracée sur le mur extérieur, et pour génératrice une droite constamment perpendiculaire à Taxe de Tescalier.

Escalier sur Toutes. — Lorsque les murs qui enferment l'escalier forment une enceinte, ou cagCy rectangulaire, les rampes s'appuient le long de ces murs, et l'on supprime assez généralement le second mur d'échiffre, afin de ménager pour la circulation l'espace situé au-dessous ou même pour donner à l'ensemble plus de légèreté. On peut alors soutenir les marches par des voûtes complètes dont les génératrices sont parallèles à la direction de leurs arêtes, ou par des demivoûtes reposant à leur naissance sur les murs de la cage et ayant leur sommet en porte-à-faux.

Dans le premier cas, il faut conserver des points d'appui pour recevoir la retombée des voûtes, et le second mur d'échiffre n'est supprimé qu'en partie. Ces points d'appui sont

alors placés aux angles ; chaque rampe est portée par une voûte dont les naissances ne sont pas sur le même plan horizontal et qu'on appelle voûte en arc rampant. On peut se rendre compte de celle disposition par la figure 265, qui représente une rampe soutenue ainsi.

La seconde solution permet d'établir la rampe sans autres points d'appui que les murs de. la cage. Pour cela on construit sur ces murs et au-dessous dc^ rampes des derni-voùtes en descente qui se raccordent dans les angles au moyen de ,p-~:-: rr^rg ^

trompes coniques destinées à f -^^

supporter lamarche carrée, ou

FiG. 2G5.

palier de repos abcd (fuj. 266). La directrice de ces trompes est l'intersection d'une demi-voûte en descente par le plan vertical mn, qui limite à l'extérieur la demi-voùle de la rampe adjacente. On soutient quelquefois aussi le palier par une demi-voûte en arc de cloître.

Escalier suspenda. — Mais, dans beaucoup d'escaliers, les voûtes elles-mêmes sont supprimées, et les rampes se composent de marches s'appuyant les unes sur les autres au

moyen de faces planes normales à la surface qui forme le dessous de l'escalier. On doit alors fixer l'un des abouts des marches dans le mur de cape par un scellement de 0",20 au moins ; la largeur de la face de contact est environ le tiers de la hauteur d'une marche, et celle du recouvrement, les deux tiers de celte dimension. Toutefois, ces proportions ne sont que des moyennes. On les modifiera selon la nature des pierres et selon les charges probables qu'elles devront supporter. Cette disposition a reçu le nom iVescalier ampcndu.

Les marches sont apparentes à leur extrémité libre, ou limitées par un bandeau rampant appelé limon. I^ figure 267 donne un exemple de la première disposition, qui a fairplus hardi et plus léger.

Fio. 26S.

On doit, dans ce cas, décorer la face latérale ainsi rendue apparente par un retour des moulures qui ornent la face antérieure. La figiu-e 268 représente un escalier suspendu à limon dans le(juel on a supposé celui-ci formé par une série de saillies appartenant respectivement à chaque marche et dont la fiice sui)érieure est inclinée suivant la pente de la rampe. Mais le limon pourrait aussi être formé d'une pierre indépendante portant une succession d'entailles en crémaillère où viejîdraient s'encastrer les marches.

Le limon a l'avantage de former liaison et de donner par là même une plus grande solidité à l'ensemble. 11 constitue aussi un appui tout naturel à la balustrade qui reposerait mal sur h»s ^êtes des marches. D'ailleurs, lorsqu'on n'emploie pas le limon, la halustracle est ordinairement exécutée en niétiil, afin de ne pas charger, ni pour l'œil, ni au point de vue de Ja stabilité réelle, l'extrémité libre des marches.

Escalier à quartier tournant. — II arrive souvent que la cage est insuffisante en surface pour permettre rétablissement d*un escalier h rampes droites séparées par des paliers de repos. Dans ce cas, on remplace les angles par des arcs de cercle, et on forme Tescalier d'une rampe continue en faisant rayonner vers Tintérieur les marches situées dans les parties courbes. Cette forme, d'ailleurs, peut être employée avec les différents modes de construction déjà étudiés.

PROPORTIONS

Relation entre le giron et la hauteur des marches.— La longueur des marches dépend essentiellement du caractère que doit revêtir l'escalier, de son but, de l'importance de la circulation à laquelle il doit donner passage. On ne peut donc fixer de règle qui permette d'établir cette dimension avec quelque rigueur. C'est à l'architecte à l'apprécier dans chaque cas particulier. Il n'en est pas de même de la hauteur et de la largeur ou giron. Cette dernière doit être suffisante pour qu'on y puisse, poser le pied à l'aise ; il faut, d'autre part, que la hauteur soit assez faible pour permettre d'élever le pied sans difficulté d'une marche à la suivante. De plus, on doit pouvoir franchir d'un seul pas l'intervalle de deux marches consécutives.

On conçoit donc qu'il doit exister un certain rapport entre ces dimensions pour qu'un escalier soit commode. Mais, comme l'amplitude du pas de l'homme varie avec l'inclinaison du plan sur lequel il marclie, et que d'ailleurs on ignore suivant quelle loi, on ne pourra guère donner que des limites entre lesquelles on devra se maintenir. Pour les fixer, on admet que la longueur habituelle et moyenne du pas de l'homme sur un plan horizontal est de 0™,64, qu'elle diminue à mesure que le plan se relève, et qu'elle est réduite de moitié lorsque celui-ci fait 90*> avec l'horizon. Si l'on avait à établir un passage horizontal sur des surfaces interrompues, on les espacerait donc d'axe en axe de 0™,64, et si l'on doit s'élever d'un niveau à un autre, au moyen d'une échelle parfaitement verticale, deux échelons consécutifs de cette échelle seront distants de 0",32. Entre ces deux limites seront com-

prises los haulours do marche des différentes inclinaisons d'escalier. En sorle quo, si l'on appelle g la largeur dune marche et h sa iiauleur, la relation qui doit lier ces deux dimensions sera :

On se fixera g ou h et on en déduira la valeur correspondante de l'autre variable. Si Ton trouve pour celle dernière une quantité trop grande ou trop petite, on modifiera en conséquence la première, et par une série de tiUonneinents successifs on trouvera, pour une hauteur de rampe et une longueur horizontale données, les dimensions qu'il convient d'afîecler aux marches.

Mais, en réalité, ces Uikonnements se renferment en des limites assez étroites que Texpérience a déterminées. On fait varier les hauteuis de marche entre J^",18 etO",ll, ce qui donne pour les largeurs extrêmes corre.spondantes :

fy« =^0,64 -2X0,18 et :

soient 0"',28 et 0'»,42.

Les recherches sont encore facilitées par cet autre résultat d'expérience que, pour des escaliers devant monter à une grande hauteur, il est iiréférahle de se rapprocher de la limite la plus élevée, tandis qu'on prend les plus faibles hauteurs pour les escaliers (jui n'embrassent qu'un étage ou qui ne se composent que de (juelques marches. Dans les habitalions ordinaires, elles ont des hauteurs moyennes de 0™,i6 ou O"*,!?, ce qui correspond aux largeurs :

(/^ =0'",64 — 2X0,16 et:

soient 0",32 et 0°»,;^.

On réduit souvent ces largeurs de quelques centimètres, afin de gagner de la place.

Les prescriptions qui précèdent s'appliquent sans difficultés aux escaliers composés d'une ou de plusieurs rampes

droites. Mais, dans les escaliers circulaires ou à quartier tournant, les marches n'ont pas le môme giron dans toute leur longueur; il n'y a donc qu'un point de cette dimension pour lequel la condition exprimée par la formule pr<?cédente est complètement réalisée. Toute la question est de savoir où ce point sera i)lacé. Certains auteurs, se basant sur la considération qu'une personne parcourant l'escalier doit pouvoir s'appuyer sur la main courante de la balustrade, ont fixé sa position à environ 0™,50 de celle-ci; mais on en voit tout de suite Tinronvénient pour les escaliers très vastes ; à l'extrémité opposée à la balustrade, les marches sont beaucoup trop larges. Aussi est-il préférable de prendre, pour appliquer la formule précédente le point situé au milieu de la marche. La courbe qui réunit dans le plan tous ces points s'appelle la ligne de foulée de l'escalier.

Lorsque la ligne de foulée est une courbe continue et sans inflexion, on trace les arêtes des marches normalement à cette courbe, sur laquelle on a porté autant de fois qu'il éUiit nécessaire le giron fourni par la formule précédente. C'est le cas des escaliers circulaires, demi-circulaires ou elliptiques. Mais, si cette ligne est composée de courbes et de droites raccordées, comme cela a lieu pour les escaliei^ à quartier tournant, ce tracé est défectueux.

Balancement des marches. — Le cas se présente très fréquemment dans nos habitations, et il est utile de l'étudier. Considérons un escalier dont les deux rampes sont très rapprochées et n'admettent qu'un seul tournant (/?{/. 269). La ligne de foulée abcde se compose d'une demi-circonférence bcd raccordée aux deux droites ab, de. Si les arêtes des marches étaient normales à celte courbe, comme l'indiciue

le pointillé ( ), on voit qu'aux points de raccordement

il y aurait une différence de giron très brusque du côté delà balustrade, en passant de la ram()e droite au quartier tournant. Cette différence occasionnerait une fatigue réelle et peut-être des accidents pour les personnes parcourant l'escalier. D'ailleurs, elle produirait un jarret désagréable dans le limon et la main courante de la balustrade, à chacun des points de raccord B et D.

Aussi on s'arrange à passer progressivement du plus grand giron au plus petit en inclinant de plus en plus les arêtes sur la normale à la courbe, à mesure qu'elles se rapprochent de

ces points. Cette Dpération , qui s'appelle le balancement des marches, peut se faire de plusieurs manières. Nous ne donnerons que le procédé le plus simple.

Sur une horizontale on porte en AiE^ la projection horizontale développée de la portion du limon comprise entre A et E avec les points de rencontre des arêtes des marches supposées normal es à la ligne de foulée. Sur la verticale du point E^, on porte en E^E' une longueur égale à la hauteur qui sépare les marches a, e, oi on la divise en autant de parties égales qu'il y a de marches dans cet intervalle. Si, par les points de division de A4E4, on élève des verticales ou ordonnées, et si par les points de division de E^E', on mène des lignes horizontales ou abscisses, leurs intersections donneront le développement de la crémaillère foraiée par les têtes de marches du côté du limon, et on voit que la ligne circonscrite à ce développement A<B4G<D4E' est une ligne brisée dont les deux

FiQ. 260.

angles B|, D| correspondent aux jarrets du limon. On remplace cette ligne brisée par une courbe à inflexion qui lui est tangente extérieurement en A| et C^, et intérieurement en C^ et E*. On prolonge jusqu'à cette courbe les abscisses déjà tracées, et les distances horizontales de leurs intersections successives avec elle sont substituées dans la partie ABGDE aux girons précédents. La figure indique en traits continus les nouvelles marches de l'escalier ainsi balancé.

La position des points A et E n'est pas complètement indifférente. On la choisit dans chaque cas de telle sorte que la transition soit bien ménagée entre les girons de la partie droite et ceux de la partie courbe, et qu'en môme temps la diminution ne commence pas assez loin du tournant pour que Ijb spectateur soit surpris de voir, sans motif apparent, des marches obliques dans une rampe droite.

Grûce à un balancement convenable, un escalier à quartier tournant peut devenir très praticable. Cependant la différence des girons est encore un grave inconvénient, surtout lorsqu'il doit servir à une circulation très active. Aussi, dans ce cas, il faudra toujours lui préférer l'escalier à rampes droites.

Décoration

Considérations générales. — On peut comprendre sous ce titre la décoration de la cage, aussi bien que colle de l'escalier proprement dit. Mais nous n'avons pas à nous occuper do la première, dans cotte partie de l'ouvrage consacrée à l'étude des éléments constitutifs dos édifices. Nous nous bornerons donc à examiner de quelle façon peuvent être décorées les difTérontes parties de l'escalier, indépendamment dos murs entre lesquels il est établi.

Décoration des marches. — Les marches sont quelquefois à arêtes vives, surtout si leur hauteur est très faible, ce qui est le cas de la plupart des escaliers extérieurs désignés sous le nom de pcrrom. Si la hauteur de la marche est suffisante, on décore sa face antérieure d'un encadrement à moulures en creux, dont les deux portions verticales viennent

reposer (iirectemont sur la face horizontale de la marche inférieure, comme Tindique la figure 270. Cette décoration s'applique surtout aux escaliers d'un caractère très monumental, et olle convient parfaitement a la pierre, dont elle accuse la forme massive et résistante. Un autre mode de décoration qui rappelle la construction des escaliers en hois consiste à indiquer le dessus de la marche, comme s'il était formé d'une

FiG. 270. Fio. 27i.

dalle mince, par un corps de moulures saillant, souvent appelé le nez de la marche et composé généralement d'un quart de rond ou d'un demi-tore, surmontant un petit filet. On supprime quelquefois le filet dans les escaliers très simples. Cette disposition, dont on peut voir un exemple dans la figure 271, a l'avantage de s'adapter aux marches de formes courbes aussi bien et mieux encore qu'aux marches droites. C'est celle qu'on emploie presque toujours pour les escaliers de nos habitations.

Décoration du limon. — Dans les escaliers à limon, celuici est généralement décoré à la façon des bandeaux. Les arêtes sont remplacées par quelques moulures dont le profil arase ses faces et qui constituent dans beaucoup de cas, son seul ornement. Si l'on veut avoir plus de richesse, la face verticale du limon tournée vers l'extérieur est décorée d'entrelacs, de postes ou d'enroulements.

Si l'escalier repose sur un mur d'échilîre, le limon apparaît comme le couronnement de ce dernier et peut être traité à la façon d'une corniche rampante. Toutefois, on lui donne beaucoup moins de saillie qu'à une corniche ordinaire.

Dans l'un et l'autre cas, ils peuvent être appelés à porter une balustrade en pierre, et on leur donne alors une largeur suffisante et des formes accusant une résistance en rapport

avec le poids apparent dont on le charge. La balustrade est disposée comme il a été dit dans un précédent chapitre, avec alettes et main courante.

Décoration des appuis. — Si Tescalier s'appuie sur des murs d'échilTre apparents, ceux-ci se décorent comme les murs ordinaires au moyen de refends, de bossages, d'encadrements ou de pilastres. S'il est porté par des voûtes reposant sur des points d'appui isolés, ceux-ci sont des colonnes ou des pilastres ou des groupements de colonnes ou de pilastres, selon leur importance et le degré de résistance qu'ils doivent offrir, selon aussi le degré de richesse de l'édifice auquel appartient l'escalier.

Les escaliers secondaires de l'Opéra de Paris, formés de rampes droites, sont portés par des colonnes. On a également employé ce genre de support pour les rampes de certains escaliers circulaires de grandes dimensions ne permettant pas l'emploi d'un noyau plein, et que nous avons déjà mentionnés sous le nom d'escaliers en vis à jour. Cette disposition produit un très grand effet décoratif.

Quant aux voûtes qui supportent les escaliers non suspendus, elles se décorent de la même façon et par les mêmes procédés que les voûtes ordinaires, lorsqu'elles sont apparentes.

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