A BEAUNE-LA-ROLANDE (LOIRET
(Planches XXVIII et XXIX)
Le bâtiment scolaire de la commune de Beaune-la-Rolande ne contient qu’une seule salle, divisée en deux classes. Le logement de l’instituteur reste provisoirement établi dans une construction voisine; mais, comme il fallait admettre la possibilité du transfert de ce logement dans un étage élevé au-dessus du nouveau bâtiment, la construction neuve a dû prévoir la destination future de cet étage supplémentaire, et la disposition particulière à donner au plancher a été étudiée en conséquence.
La difficulté d’établir, au-dessus d’une large salle, un plancher pouvant supporter de lourdes charges et dont les solives ont de longues portées, peut se résoudre de diverses manières ; le procédé le plus communément employé consiste à donner aux solives un plus fort équarrissage. Mais ce n’est pas là une solution, c’est un expédient dont les conséquences sont souvent funestes dans un temps plus ou moins long.
Les dispositions applicables à des constructions de peu d’importance, — car nous ne voulons pas ici parler de poutres en tôle, de fermes en fer, utiles seulement dans des cas spéciaux, — sont variées et d’un emploi facile: d’abord, on peut bander dans le sens de la largeur un arc surbaissé, contre-buté derrière les murs par des contre-forts; ou bien encore, placer une poutre en bois entre deux fers à T, ou un fer à T entre deux poutres en bois, ou enfin une poutre en bois seule ou divisée, d’un équarrissage suffisant.
Dans ces différentes hypothèses, la portée des maîtresses poutres, appuyées sur les murs les moins éloignés, est soulagée au moyen de corbeaux en pierre ou en bois scellés dans la maçonnerie ; puis, l’espace à couvrir, ainsi divisé par travées, reçoit des solives de petites dimensions dont l’ensemble constitue une construction solide et parfaitement capable de supporter les cloisons nécessaires à ia distribution.
L’architecte de l’école de Beaune a adopté le parti de deux pièces de bois séparées par un fer à T à larges ailes; ce fer a 0m,2f> de hauteur; il est relié avec les deux poutres en bois au moyen d’écrous et de colliers placés à 2™, 00 de distance ; de plus, la portée est soulagée à chaque extrémité par des corbeaux en pierre, augmentant l’assiette de la poutre et placés en encorbellement dans l’axe de chaque trumeau ; les travées sont ainsi réduites à une portée de 4m,00 au maximum et sont remplies par de petites solives dont l’équarrissage ne présente que 0™, 1 2 sur 0m,25. Ce plancher est économique, il est parfaitement solide et pourra, sans inconvénients, recevoir les cloisons qui seront plus tard établies au-dessus, lors de l’érection de l’étage supérieur.
La pierre de taille du pays est de la même nature que celle des carrières de Château-Landon, assez voisines du reste. C’est une pierre froide, d’une taille coûteuse et difficile : l’architecte en a donc restreint l’emploi aux parties où elle était strictement nécessaire ; mais afin de ne pas laisser les parements de ses façades recouverts d’un enduit lisse et monotone, il a placé des rangs de briques suivant les lignes d’assises de même hauteur qu’elles, et alternant avec les bandes d’enduit.
Enfin, comme disposition spéciale, les deux salles dont se compose le bâtiment peuvent se réunir en une
seule au moyen d’une cloison en bois à compartiments mobiles. Cette combinaison, facile et peu dispendieuse, peut rendre de grands services dans un village, où les locaux un peu vastes font souvent défaut.
Le prix du mètre carré de surface couverte a atteint 75 francs, chiffre relativement élevé, mais justifié par le
voisinage de Paris.
ÉVALUATION DES TRAVAUX
désignation des travaux.
QUANTITÉ
PRIX
DÉPENSES
Maçonnerie de moellons
Maçonnerie de briques
Maçonnerie de pierres de taille
Taille de la pierre
Enduits intérieurs
Enduits extérieurs
Nivellement du sol de la classse (drainage, macadam).
Pavage
Trottoirs au pourtour du bâtiment
Plafonds en plâtre
Couverture
Faitières, châssis, noues et noquets
Bois de sciage chêne pour le comble
Bois d’équarrissage chêne pour le comble
Charpente des planchers et chevrons (sapin) . . . .
Menuiserie pour fenêtres et cloisons de la salle . . .
Serrurerie et gros fers
Peinture et vitrerie
Cabinets
Mobilier
Total
Honoraires de l’architecte, 5 p. 100.
Frais de voyage
et déboursés . . .