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ÉCOLE LAÏQUE MIXTE AU LAUTARET ( BASSES-ALPES

(Planches XXX et XXXI)

Le hameau du Lautaret est une section d’un village plus important, où se trouve placée la mairie; il ne possède qu’une population de 270 habitants; son école communale peut donc être mixte.

La construction est d’un aspect pittoresque et mouvementé, justifié par sa position au pied des montagnes sur un emplacement irrégulier et accidenté, dont l’accès n’a pu être obtenu qu’au moyen de degrés qui, du sol du chemin, font parvenir au sol des cours intérieures.

Le bâtiment est fort simple, mais bien disposé; la distribution intérieure, facile et commode, renferme dans un espace restreint tout le local nécessaire aux classes et au logement de l’instituteur, indépendants l’un de l’autre. On voit que l’architecte s’est d’abord préoccupé de satisfaire aux exigences de son plan, et que ce plan lui a ensuite donné ses façades.

HOTELS DE VILLE. — MAIRIES. — MAISONS D’ÉCOLE

Pour bien comprendre dans quelles conditions a été élevé ce modeste édifice, il nous faut entrer dans quelques détails au sujet des matériaux du pays, détails intéressants, du reste, car ils se rattachent à toutes les constructions élevées dans les provinces des Alpes.

La pierre de taille est commune, mais difficile à se procurer ; la plus grande partie des montagnes est formée de rochers calcaires ou schisteux en décomposition peu propres à la construction ; on trouve des masses calcaires très-dures, mais d’une exploitatation presque impossible à cause du manque de voies de communication et de la hauteur à laquelle elles sont généralement placées. La pierre forme dans les montagnes une masse compacte qui n’a ni bancs ni lits; on l’extrait à la marine ; aussi celle le plus souvent employée provientelle de blocs détachés, roulés dans les vallées. On les ébauche sur place ; mais on conçoit combien la taille en est difficile, longue et coûteuse.

Cependant, malgré ces difficultés, la pierre de taille pourrait encore, grâce au bas prix de la main-d’œuvre, être employée sans dépenses excessives, si l’habitude et la routine ne lui faisaient préférer le bois, très-commun dans les montagnes du pays.

Dans les environs de Digne et de Forcalquier, on rencontre aussi des pierres d’une autre nature ; ce sont des grès plus facilesà exploiter. La pierre de Forcalquier se trouve par lits d’épaisseur irrégulière ; elle est tendre, d’un grain grossier, friable, mais qui durcit promptement à l’air. On s’en sert pour les parties moulurées ou sculptées. Celle de Digne a un grain plus serré. Les bancs sont de diverses hauteurs, depuis Om,IO. On l’emploie généralement pour dalles, marches, pierres tombales. Certains bancs se délitent à l’air par feuilles parallèles au lit de pose. Ce vice est assez difficile à reconnaître avant la mise en œuvre.

Le moellon est de très-bonne qualité, dur, compacte, mais sans lits ; on le pose comme il se trouve et on le cale avec des éclats de pierre.

Les bois sont abondants, la meilleure essence est le mélèze ; le bois le meilleur marché est le pin blanc des Alpes.

L’architecte de l’école du Lautaret a voulu réagir contre les habitudes locales et a essayé l’emploi des pierres dont nous venons de parler ; cet essai a pleinement réussi. D’abord, la dépense n’a pas été plus élevée, puis l’aspect de la construction a gagné et sa durée en sera sensiblement augmentée. Il est à remarquer que la pierre y a bien été employée suivant sa nature: tous les parements sont unis, le bandeau delà façade n’a même pas de moulures, les murs ont été enduits par économie, et, somme toute, celte simplicité excessive est préférable aux décorations de faux goût en plâtre que nous voyons si fréquemment.

Nous appelons l’attention du lecteur sur les planchers, dont les solives, scellées à leurs exlrémités dans les murs pignons, reposent au milieu de leur portée sur une forte poutre en mélèze, soulagée elle-même par deux consoles en même bois ; la nature du moellon a exigé, pour obtenir une liaison suffisante dans les maçonneries, que les murs aient 0m, 60 jusqu’au premier étage; les bois de charpente sont, sauf les solives des planchers, en mélèze, ainsi que les menuiseries extérieures ; les solives des planchers et les menuiserie intérieures sont en bois blanc.

La construction a coûté 7,555 fr. 37 ; de ce total il faut déduire toutefois le montant du rabais consenti à l’adjudication, soit environ 550 francs, ce qui fait revenir à 85 francs environ le mètre carré de surface couverte, y compris les travaux extérieurs de clôture et d’escaliers.

ÉVALUATION DES TRAVAUX

QUANTITÉS

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