‹ Architecture communaleChapitre 23 sur 66 · DÉSIGNATION DES OUVRAGES · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DES OUVRAGES

QUANTITÉS

PRIX

DE

DÉPENSES

Terrasse .

Fouilles et déblais

l’unité.

Maçonnerie .

Fondations, voûtes des caves.

Fosse en meulière

Moellon en élévation

Parements piqués

Pierre de taille, taille et sculptures. .

Plàtrerie, enduits, jointoiements.

Charpente .

. Combles et planchers

Couvertures.

. Ardoises

Zinguerie, plomberie

Menuiserie .

. Croisées, portes et fenêtres ....

Serrurerie .

. Quincaillerie et gros fers

Peinture. .

. Vitrerie

Fumisterie .

. Calorifères, cheminées

Total .

Honoraires de l’architecte

Total

général .

PRESBYTÈRE A MAGADINO (lac majeur)

(Planches LXVI, LXVII et LXVIII)

Le presbytère de Magadino est destiné à l’habitation d’nn pasteur de la religion réformée, et à ce titre diffère naturellement du presbytère habité par un prêtre catholique: les besoins auxquels il est appelé à répondre ne sont plus les mêmes, et son caractère, par suite, s’en éloigne essentiellement.

Le point de départ du presbytère protestant, c’est qu’au lieu de servir à l’habitation d’un homme isolé, séparé ou du moins retiré du monde, il sert à l’habitation d’un père de famille vivant dans le monde, en ayant toutes les charges et toutes les relations, voulant sans doute tendre au même but que le prêtre catholique, mais suivant en définitive une voie différente.

Ce n’est donc plus comme construction ayant un caractère spécial que nous présentons le presbytère protestant de Magadino, mais comme la demeure et l’habitation d’un simple particulier.

Il est situé au bord du iac Majeur: une de ses façades borde un chemin, l’autre regarde le lac; chacune de ces façades s’approprie parfaitement à sa position: celle sur le chemin, peu percée, empêche le passant de jeter un regard indiscret à l’intérieur ; deux bancs hospitaliers invitent au repos le pauvre et le voyageur, et semblent lui annoncer qu’à l’intérieur il pourra trouver aide et secours ; n’oublions pas que Magadino est une station de la route du Simplon, et que par là passent une partie des ouvriers et des mendiants qui d’Italie gagnent la France; 1 autre façade, au contraire, exposée au soleil, est très ouverte, grâce à une grande ter—

rasse et a un balcon qui font partie intégrante de la maison et permettent aux habitants de jouir des splendides paysages qu’ils ont sous les yeux.

La distribution intérieure est facile et commode : à l’entrée, un parloir, sur lequel aboutissent toutes les

PRESBYTERES.

pièces, les cuisines, une chambre de domestique, la salle à manger et un salon de réunion; au premier étage trois chambres à coucher et un cabinet de travail pour le ministre.

Les façades appellent l’attention et nous y revenons pour insister sur certains détails. D’abord sur la façade du chemin nous trouvons des applications de dessins en creux faites sur l’enduit frais ; ces applications, dont les dessins fort simples sont formés de combinaisons rectilignes, se rencontrent fréquemment en Italie, en Toscane surtout, où parfois les murs de clôture eux-mêmes en sont couverts; elles forment ici un large bandeau sous les appuis des fenêtres. Au-dessus de ce bandeau est une véritable peinture à fresque faite sur l’enduit en mortier et qui présente des scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament; cette peinture est grossière et déjà dégradée par la pluie et l’air extérieur. La façade sur le lac est très-intéressante, et ses deux étages de terrasse et de balcon lui donnent un aspect original; la terrasse inférieure est au niveau des salles du rezde-chaussée dont elle n’est qu’une dépendance : elle est protégée par le balcon supérieur et arrêtée par une balustrade en dalles de pierres de taille posées de champ. Des degrés descendent au jardin, qui s’étend jusqu’au rivage et entoure la maison. Au premier étage, le balcon est porté sur les solives du plancher qui dépassent le mur de face et dont l’encorbellement est soutenu par un poitrail qu’une console en pierre soulage au milieu de sa portée; ce balcon est couvert par une avance du grand comble, et est protégé des vents de la montagne par la saillie donnée aux murs latéraux.

Sur les parements intérieurs des murs s’étendent ces peintures à fresques si fort en usage en Italie ; les plafonds et les murs sont enduits en mortier et recouverts d’une décoration plus ou moins riche, mais toujours très-variée et très-vive, et faite avec la préparation que nos peintres en bâtiment appellent peinture à la colle, colorée de divers tons et composée de dessins qui représentent des combinaisons géométriques sur les murs et des personnages ou des allégories diverses sur les plafonds.

Toute la construction est fort simplement exécutée, mais avec trop peu de soins, bien qu’étudiée cependant ; la pierre de taille est un calcaire jurassique qui se trouve à l’extrémité du lac Majeur et s’extrait par assises parfois assez longues pour permettre d’en faire des poteaux de lignes télégraphiques.

PRESBYTÈRE A BRIGUEUIL ( Charente)

(Planches LXIX, LXX et LXX1)

Les monuments laissés par les architectures antérieures exercent, cela ce comprend, une grande influence sur. les œuvres des époques qui suivent; cette influence heureuse et favorable quand elle est raisonnée, devient déplorable quand elle est acceptée sans contrôle par des esprits superficiels et incomplets qui, satisfaits d’une apparence extérieure, ne voient que la forme et ne cherchent ni à connaître ni à comprendre les motifs d’où a découlé cette forme plutôt que tout autre.

C’est à cette tendance ou à ce laisser-aller, à ce manque de direction de l’esprit que nous sommes redevables de certains monuments, appelés gréco-romains ou gothiques, parce que dans les uns nous voyons des colonnes qui ne portent rien, et dans les autres, des arcs pointus, reposant sur de maigres colonnettes.

Quant à l’essence du monument, au principe de sa construction, aux matériaux employés, ces questionslà sont abandonnées, laissées de côté : le fer est traité comme le bois, le plâtre comme la pierre ; on montre au public un fronton sur des colonnes accolées à un mur, une voûte en fer cachée sous le plâtre ; il n’approuve pas toujours, mais alors on lui répond que l’appréciation de ces questions-là n’est pas de son ressort, que ce qu’on

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