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MAGASINS DE POMPES A INCENDIE

MAGASINS DE POMPES A INCENDIE A DURGDAUFF (bade)

(Planche CXXXIII)

Nous avons déjà publié deux ou trois types de constructions en bois, et le peu de variété qu’offre ce genre de construction, au point de vue du système général et des combinaisons d’assemblages, nous aurait fait hésiter à en donner encore un, si nous n’avions pas trouvé dans ce dernier une originale satisfaction d’un programme spécial et une intelligente disposition pour tirer un heureux parti du bois, seule matière mise à la disposition du constructeur.

La distribution intérieure de ce petit bâtiment comprend : au rez-de-chaussée, la remise des pompes, un atelier de réparations et un hangar pour le nettoyage des appareils et agrès. A l’étage, deux pièces seulement destinées au logement du gardien. Il fallait plus d’emplacement à l’étage qu’au rez-de-chaussée ; cet excédant de surface a été obtenu au moyen d’un encorbellement qui donne à la façade un aspect original ; une cloche d’alarme placée sur le faîtage prévient et appelle les pompiers en cas de sinistre. 11 n’y a rien de trop dans tout cet ensemble, mais il y a tout ce qu’il faut.

Durgdauff est situé sur la lisière de la Forêt-Noire, le bois ne manquait donc pas au constructeur et il l’a abondamment employé ; il a de plus mis en œuvre des combinaisons qui, dans d’autres conditions, seraient sans doute trop coûteuses et que fera facilement comprendre une courte description. Les murs sont d’abord formés de poteaux de 0m,l8 carré, assez rapprochés, mais placés à des distances inégales et reliés entre eux au moyen de traverses et de semelles ; chacun de ces points d’appui a reçu une entaille oblique de 0m,027 de largeur et de 0m,08 de longueur; dans ces entailles se loge une première cloison en planches de 0m, 27 inclinées dans le sens de leur largeur et se recouvrant de 4 centimètres, afin de faciliter l’écoulement des eaux pluviales et éviter leur introduction ; derrière cette première cloison, et faisant tapisserie à l’intérieur, s’applique une seconde cloison en planches posées bout à bout, se coupant sur les poteaux et assemblées à rainures et languettes ; ces deux cloisons sont indépendantes et ainsi séparées par un espace libre de 5 à 6 centimètres, isolant l’extérieur de l’intérieur, qu’il protège contre les influences atmosphériques.

Cette combinaison, malgré sa simplicité, serait évidemment fort dispendieuse dans les localités où le bois ne se trouverait pas à la libre disposition des constructeurs; mais dans les conditions spéciales de Durgdauff, le résultat obtenu est des plus satisfaisants à tous les points de vue.

Ajoutons encore que le bois employé est exclusivement du sapin, peint à l’extérieur et verni à l’intérieur.

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