LE PROBLÈME FONDAMENTAL
sacrée, l’abside devint la tcte, le chevet du lit sanglant où Jésus nous enfanta à la grâce, et cette petite abside primitive parut dès lors indigne de ce qu’elle représentait.
La troisième cause de l’agrandissement deschoeurs fut l’extension que prit, au xne et au xme siècle, le culte particulier de la sainte Eucharistie, à la suite des attaques dirigées contre ce dogme par l’hérésiarque tourangeau Bérenger.
Ces causes n’agirent point partout, et ce fut là seulement où elles agirent, dans le Nord de la France, qu’elles conduisirent l’architecture à ses dernières étapes.
Les bas côtés des nefs, avec ou sans les tribunes qui les doublaient en élévation, apportèrent leur contingent de difficultés là où les constructeurs ne voulurent pas renoncer à l’étage supérieur de la nef centrale.
Vinrent enfin les tours, dont Grégoire et Fortunat attestent l’existence dès le ve et le vie siècle, et dont les cloches n’ont pas été l’unique raison d’être. Ici, loin d’imiter la pusillanimité des Italiens, qui de longtemps n’osèrent les relier au plan des églises et les dressèrent tout à côté, nos ancêtres commencèrent par un coup d’audace, en les greffant sur le milieu même du monument sacré.
La marche ascendante à travers ces complications de programmes ne fut, qu’on ne s’en étonne pas, ni générale, ni régulière, ni continue ; heureusement un fil mystérieux, tenu par la Providence, guidait les artistes.