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, Sont parfois, à de certains moments que nous préciserons, entièrement écartées, où ne sont admises que partiellement. En effet, il y a leshommes du dévouement et les hommes de l’égoisme, il y a des gémies et
à aussi dl
des intelligences inertes, comme il y cœurs remplis d'enthousiasme religieux à côté de
sceptiques déterminés; il y a encore et surtout,
entre ce
termes extrêmes, les représentants d tous les degrés de la série. Pour ces hommes, si différents par leurs croyances — morts, auxquels on
rend un dernier hommage, et survivants, chargés
de ce pieux devoir —; la glorification du mort et l’in-
vocation aux puissances célestes peuvent, ensemble
ou isolément, être considérées comme à peu près
tout où à peu près rien dans un monument funéraire.
L'architecte, d’ailleurs, ne saurait échapper à l’action de son client. Il en reçoit les instructions : celui-ci est un fervent croyant, il veut qu’on exprime en même temps sa douleur et sa foi en la résurrection éternelle; celui-là est libre penseur, sa volonté est d’honorer seulement la mémoire du
mort, qui était peut-être un sayant éminent où un
art
ste illustre, c'est une apothéose qu'il demande; l’un est catholique, etinvoque l’intervention figurée
des anges; l’autre est protestant, et les formes
austères lui conviennent davantage; enfin, un dernier, fier de son opulence, veut bien laisser toute liberté à l'architecte, pourvu qu'il trouve la satisfaction de sa vanité ou de son orgueil dans le monument projeté.
Ajoutons, à regret, que les architectes, même
n'ont gardé que d’une façon
les plus illustre
vague devant leur pensée les trois éléments essen-
sion funéraire : — la Mort, la
tiels de l’expr Glor
sion du mort. On peut même dire que cette analyse
ification du mort, l’Invocation céleste à locca-
sion funér:
de l’expre ire, si simple cependant, n’a été encore faite par eux qu'instinctivement, c’est-
à-dire de sentiment, et non par une vue nette et
précise de l'esprit. Certains architectes ne se sont
même jamais occupés que de l’effet plastique d
ce genre de monument, sans Y attacher d'autre idées que celles qui leur ont été suggérées par la routine ; et de là, dans leurs œuvres, une absence de clarté d'expression produisant une fatigue comparable à celle qui fait tomber des mains du
lecteur un livre obscur ou mal écrit.
Le tableau suivant résume la classification de
tous les spécimens possibles de l'architecture funé-
9 ARCHITE
raire. C’est le système adopté dans ce livre. Il se compose de trois
sections : dans la première sont groupés les monuments qui représentent une seule des trois idées radicales de l’architecture funéraire, La Foi, La Mort, La Glorification ; dans la deuxième, au contraire, sont réunies les compositions expri-
mant la combinaison de ces idées deux à deux ou
toutes les troi.
ensemble; la troisième section est
consacrée à des monuments qui offrent un carac-
tère particulier, à des tombeaux de famille, des
tombeaux juifs, etc.; mais les monuments de cette
dernière section ne sortent pas toutefois du cercle
des trois idées principales.
Voici l’ensemble du tableau (4) La Fort, (B) La Morr
(C) La GroRiFIcATION.
1e SECTION expriman
essentiellemen
(4') La For Et La Morr,
2 S > à : 5 2° SECTION | (B') LA For ET LA GLORIFICATION,
exprimant ” s a | C') La MorT ET LA GLORIFICATION, (D!) La For, La MorT ET LA GLORIFICATION.
3° Secrion (4''} TOMBEAUX DE FAMILLE à | ; Daoutiens. | (B') Srécimexs Divers : TOMBEAUX JUIF, ere.
Au point de vue simplement abstrait, on eût
pu distribuer tous les spécimens de l’architecture
funéraire entre les deux premières sections, répar-
tissant entre celles-ci, suivant l’idée ou les idé radicales de la composition, tous les spécimens de a troisième section, et si nous n'avons pas fait ainsi, c’est qu'un intérêt pratique, qu'apprécieront es architectes, s’attachait à la division en trois sections.
Be
Le fréquent défaut de précision dans l’idée que es architectes ont voulu exprimer dans les tombeaux qui forment ce recueil, nous a suscité plus d'une difficulté lorsque nous avons voulu mettre en pratique la classification qui précède. Nous avons rencontré, il faut le dire, les mêmes em-
barr orsque nous avons tenté de grouper, de cette façon, les nombreux spécimens de l’architec-
ture funéraire moderne que nous avons recueillis
dans nos départements et dans les pays étranger. et toujours par suite de la mème cause : l’incer-
utude de l’idée exprimée. Aussi, la dificulté qu'on éprouve à classer les œuvres modernes de ce genre, constitue-t-elle, suivant nous, une des plus graves critiques qu'on puisse adresser à l’architecture funéraire de nos jours. Elle constate hitecte, un
chez le public, et même chez Par défaut trop habituel de clarté dans la conception
1. Nous avons dit plus haut que l’idée de la morr figurait néces-
ire, et ici cependant nous qu'il
sairement dans toute composition funé
ne la marquons pas. C’est que nous n’avons signalé cé que cé
rchitecte de bien accu:
était dans la volonté mar
JRAIRE" 10
de la pensée, une fâcheuse tendance à s’accommoder de mirages vagues et indécis, une certaine
aversion à $
rrer de près et à scruter sévèrement
l’idée à exprimer. Cependant, pour le génie fran-
üs surtout, la clarté est un besoin impérieux et
une qualité habituelle
est
; la clarté dans la pensée d’ailleurs la condition fondamentale du bien-dire dans toutes les formes si variées du langage et de l’art. Pour bien parler — que çe soit de la plume ou de la parole, du pinceau ou du ciseau,-par les riches mélodies de la musique ou les puissantes
créations de l'architecture — il faut avoir une
idée nette, c’est-à-dire posséder pleinement son sujet.
Nous avons dégagé de la branche spéciale d'architecture qui nous occupe les trois idées qui tiennent à la nature de
choses, les trois rapports constants qui existent entre la nature de l’homme en société et les monuments funéraires ; mais nous
avons fait remarquer que ces rapports peuvent varier d'importance relative dans chaque monument, parce que le tombeau peut être essentiellement, pour celui-ci un monument religieux, un monument commémoratif pour celui-là, et enfin,
pour tel autre, simplement la demeure dernière
d’un mort, ou, tout à la fois, un édifice religieux, commémoratif et funéraire ; et que de là naît une variété de combinaisons pouvant donner naissance
à des difficultés et même à des conflits. Nous allons
dire sous quelles influences
et dans quelles conditions sociales ces difficultés et ces conflits peuvent naître et grandir.
Chaque tombeau est la demeure d’un mort et, par suite, l’expression d’une individualité; mais il est aussi comme une parole d’adieu adressée au mort par les survivants, c’est à-dire une expres-
sion de leurs sentiments; et, dans cette mesure,
es vivants y impriment aussi quelque chose de
volution sociale,
este
eur image. Aux époques d° à-dire aux époques de foi commune et de principes communs, cette double expression de ce que fut e mort et des sentiments et idées des survivants, n’offrait aucun inconvénient : tout le monde avait a même foi; pour tous un tombeau était, avant tout, un monumentreligieux. Mais dans les périodes de transition. sociale, périodes de doute et de recherche, où se heurtent à tout moment et à
propos de tout, l'affirmation et la négation, aujour-
d’hui par exemple, le mort peut avoir été, jusqu’à ses derniers moments, un libre penseur, et celui
qui reste pour lui rendre le dernier devoir peut
être un ardent croyant. La réciproque peut aus
être vraie. Comment déterminer alors si le tombeau
ou non essentiellement un monument reli-
gieux? Le sceptique écartera-t-il la croix de la dernière demeure du croyant? Le croyant l’imposera-t-il au tombeau du sceptique ?
La plupart des architectes échappent d’habi-
tude à l’obligation de répondre à cette question,
en acceptant comme bien fondée la décision de celui qui paye le monument. Il y a dans cette solution une part de raison pratique incontestable, mais elle n’est pas précisément de nature à satisfaire les âmes sérieuses.
Si chaque tombeau est comme une parole d’adieu adre
ée par les survivants au mort, c’est aussi et à un titre plus élevé peut-être, le monument commémoratif du mort, et l’on peut afirmer, à ce dernier point de vue, que Le tombeau est l'œuvre architecturale la plus individuelle qui existe.
Envisagé ainsi, on peut même trouver au tombeau
uelque analogie avec la statue personnelle en
culpture, ou avec le portrait en peinture, car le
monument funéraire est bien l'expression archi-
ecturale de ce que fut tel homme; c’est, en quel-
ue sorte, le tableau, plus ou moins symbolique et plus ou moins idéalisé, de son caractère et de ses
actes, de sa pensée et de sa foi. Aussi, les amis et
les parents qui lui survivent ne devraient-ils pas
perdre de vue ce fait capital; ils devraient se gar-
s du mort
er de trop usurper sur les droits sac et craindre d’effacer peut-être ou de voiler son image sous la leur, en se livrant à une effusion
ive et pour
exce
ainsi dire trop bruyante de leurs sentiments personnels. Mais la difficulté qui résulte d’une préoccupation trop personnelle de la part
des survivants, n’est que la moindre de celles que
nous avons devant nous; il en est qui sortent de dissidences générales et profondes, et qui sont autrement graves, car elles naissent de chacune des trois racines mêmes de l’architecture funé-
raire ; ce sont celles-là que nous allons préciser.
— La mort répond à une idée générale, et son
expression, dans un monument funéraire, ne peut
donner lieu à aucune dissidence. C’est seulement