‹ Architecture funéraire contemporaineChapitre 4 sur 17 · LES · texte numérisé non relu

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, Sont parfois, à de certains moments que nous préciserons, entièrement écartées, où ne sont admises que partiellement. En effet, il y a leshommes du dévouement et les hommes de l’égoisme, il y a des gémies et

à aussi dl

des intelligences inertes, comme il y cœurs remplis d'enthousiasme religieux à côté de

sceptiques déterminés; il y a encore et surtout,

entre ce

termes extrêmes, les représentants d tous les degrés de la série. Pour ces hommes, si différents par leurs croyances — morts, auxquels on

rend un dernier hommage, et survivants, chargés

de ce pieux devoir —; la glorification du mort et l’in-

vocation aux puissances célestes peuvent, ensemble

ou isolément, être considérées comme à peu près

tout où à peu près rien dans un monument funéraire.

L'architecte, d’ailleurs, ne saurait échapper à l’action de son client. Il en reçoit les instructions : celui-ci est un fervent croyant, il veut qu’on exprime en même temps sa douleur et sa foi en la résurrection éternelle; celui-là est libre penseur, sa volonté est d’honorer seulement la mémoire du

mort, qui était peut-être un sayant éminent où un

art

ste illustre, c'est une apothéose qu'il demande; l’un est catholique, etinvoque l’intervention figurée

des anges; l’autre est protestant, et les formes

austères lui conviennent davantage; enfin, un dernier, fier de son opulence, veut bien laisser toute liberté à l'architecte, pourvu qu'il trouve la satisfaction de sa vanité ou de son orgueil dans le monument projeté.

Ajoutons, à regret, que les architectes, même

n'ont gardé que d’une façon

les plus illustre

vague devant leur pensée les trois éléments essen-

sion funéraire : — la Mort, la

tiels de l’expr Glor

sion du mort. On peut même dire que cette analyse

ification du mort, l’Invocation céleste à locca-

sion funér:

de l’expre ire, si simple cependant, n’a été encore faite par eux qu'instinctivement, c’est-

à-dire de sentiment, et non par une vue nette et

précise de l'esprit. Certains architectes ne se sont

même jamais occupés que de l’effet plastique d

ce genre de monument, sans Y attacher d'autre idées que celles qui leur ont été suggérées par la routine ; et de là, dans leurs œuvres, une absence de clarté d'expression produisant une fatigue comparable à celle qui fait tomber des mains du

lecteur un livre obscur ou mal écrit.

Le tableau suivant résume la classification de

tous les spécimens possibles de l'architecture funé-

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raire. C’est le système adopté dans ce livre. Il se compose de trois

sections : dans la première sont groupés les monuments qui représentent une seule des trois idées radicales de l’architecture funéraire, La Foi, La Mort, La Glorification ; dans la deuxième, au contraire, sont réunies les compositions expri-

mant la combinaison de ces idées deux à deux ou

toutes les troi.

ensemble; la troisième section est

consacrée à des monuments qui offrent un carac-

tère particulier, à des tombeaux de famille, des

tombeaux juifs, etc.; mais les monuments de cette

dernière section ne sortent pas toutefois du cercle

des trois idées principales.

Voici l’ensemble du tableau (4) La Fort, (B) La Morr

(C) La GroRiFIcATION.

1e SECTION expriman

essentiellemen

(4') La For Et La Morr,

2 S > à : 5 2° SECTION | (B') LA For ET LA GLORIFICATION,

exprimant ” s a | C') La MorT ET LA GLORIFICATION, (D!) La For, La MorT ET LA GLORIFICATION.

3° Secrion (4''} TOMBEAUX DE FAMILLE à | ; Daoutiens. | (B') Srécimexs Divers : TOMBEAUX JUIF, ere.

Au point de vue simplement abstrait, on eût

pu distribuer tous les spécimens de l’architecture

funéraire entre les deux premières sections, répar-

tissant entre celles-ci, suivant l’idée ou les idé radicales de la composition, tous les spécimens de a troisième section, et si nous n'avons pas fait ainsi, c’est qu'un intérêt pratique, qu'apprécieront es architectes, s’attachait à la division en trois sections.

Be

Le fréquent défaut de précision dans l’idée que es architectes ont voulu exprimer dans les tombeaux qui forment ce recueil, nous a suscité plus d'une difficulté lorsque nous avons voulu mettre en pratique la classification qui précède. Nous avons rencontré, il faut le dire, les mêmes em-

barr orsque nous avons tenté de grouper, de cette façon, les nombreux spécimens de l’architec-

ture funéraire moderne que nous avons recueillis

dans nos départements et dans les pays étranger. et toujours par suite de la mème cause : l’incer-

utude de l’idée exprimée. Aussi, la dificulté qu'on éprouve à classer les œuvres modernes de ce genre, constitue-t-elle, suivant nous, une des plus graves critiques qu'on puisse adresser à l’architecture funéraire de nos jours. Elle constate hitecte, un

chez le public, et même chez Par défaut trop habituel de clarté dans la conception

1. Nous avons dit plus haut que l’idée de la morr figurait néces-

ire, et ici cependant nous qu'il

sairement dans toute composition funé

ne la marquons pas. C’est que nous n’avons signalé cé que cé

rchitecte de bien accu:

était dans la volonté mar

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de la pensée, une fâcheuse tendance à s’accommoder de mirages vagues et indécis, une certaine

aversion à $

rrer de près et à scruter sévèrement

l’idée à exprimer. Cependant, pour le génie fran-

üs surtout, la clarté est un besoin impérieux et

une qualité habituelle

est

; la clarté dans la pensée d’ailleurs la condition fondamentale du bien-dire dans toutes les formes si variées du langage et de l’art. Pour bien parler — que çe soit de la plume ou de la parole, du pinceau ou du ciseau,-par les riches mélodies de la musique ou les puissantes

créations de l'architecture — il faut avoir une

idée nette, c’est-à-dire posséder pleinement son sujet.

Nous avons dégagé de la branche spéciale d'architecture qui nous occupe les trois idées qui tiennent à la nature de

choses, les trois rapports constants qui existent entre la nature de l’homme en société et les monuments funéraires ; mais nous

avons fait remarquer que ces rapports peuvent varier d'importance relative dans chaque monument, parce que le tombeau peut être essentiellement, pour celui-ci un monument religieux, un monument commémoratif pour celui-là, et enfin,

pour tel autre, simplement la demeure dernière

d’un mort, ou, tout à la fois, un édifice religieux, commémoratif et funéraire ; et que de là naît une variété de combinaisons pouvant donner naissance

à des difficultés et même à des conflits. Nous allons

dire sous quelles influences

et dans quelles conditions sociales ces difficultés et ces conflits peuvent naître et grandir.

Chaque tombeau est la demeure d’un mort et, par suite, l’expression d’une individualité; mais il est aussi comme une parole d’adieu adressée au mort par les survivants, c’est à-dire une expres-

sion de leurs sentiments; et, dans cette mesure,

es vivants y impriment aussi quelque chose de

volution sociale,

este

eur image. Aux époques d° à-dire aux époques de foi commune et de principes communs, cette double expression de ce que fut e mort et des sentiments et idées des survivants, n’offrait aucun inconvénient : tout le monde avait a même foi; pour tous un tombeau était, avant tout, un monumentreligieux. Mais dans les périodes de transition. sociale, périodes de doute et de recherche, où se heurtent à tout moment et à

propos de tout, l'affirmation et la négation, aujour-

d’hui par exemple, le mort peut avoir été, jusqu’à ses derniers moments, un libre penseur, et celui

qui reste pour lui rendre le dernier devoir peut

être un ardent croyant. La réciproque peut aus

être vraie. Comment déterminer alors si le tombeau

ou non essentiellement un monument reli-

gieux? Le sceptique écartera-t-il la croix de la dernière demeure du croyant? Le croyant l’imposera-t-il au tombeau du sceptique ?

La plupart des architectes échappent d’habi-

tude à l’obligation de répondre à cette question,

en acceptant comme bien fondée la décision de celui qui paye le monument. Il y a dans cette solution une part de raison pratique incontestable, mais elle n’est pas précisément de nature à satisfaire les âmes sérieuses.

Si chaque tombeau est comme une parole d’adieu adre

ée par les survivants au mort, c’est aussi et à un titre plus élevé peut-être, le monument commémoratif du mort, et l’on peut afirmer, à ce dernier point de vue, que Le tombeau est l'œuvre architecturale la plus individuelle qui existe.

Envisagé ainsi, on peut même trouver au tombeau

uelque analogie avec la statue personnelle en

culpture, ou avec le portrait en peinture, car le

monument funéraire est bien l'expression archi-

ecturale de ce que fut tel homme; c’est, en quel-

ue sorte, le tableau, plus ou moins symbolique et plus ou moins idéalisé, de son caractère et de ses

actes, de sa pensée et de sa foi. Aussi, les amis et

les parents qui lui survivent ne devraient-ils pas

perdre de vue ce fait capital; ils devraient se gar-

s du mort

er de trop usurper sur les droits sac et craindre d’effacer peut-être ou de voiler son image sous la leur, en se livrant à une effusion

ive et pour

exce

ainsi dire trop bruyante de leurs sentiments personnels. Mais la difficulté qui résulte d’une préoccupation trop personnelle de la part

des survivants, n’est que la moindre de celles que

nous avons devant nous; il en est qui sortent de dissidences générales et profondes, et qui sont autrement graves, car elles naissent de chacune des trois racines mêmes de l’architecture funé-

raire ; ce sont celles-là que nous allons préciser.

— La mort répond à une idée générale, et son

expression, dans un monument funéraire, ne peut

donner lieu à aucune dissidence. C’est seulement

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