‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 112 sur 193 · C. Diaconique · texte numérisé non relu

C. Diaconique

D. Diaconique.

A. Nef principale.

N° 45o. Diaconique de Pola

B. Transsept méridional.

A. Nef de la basilique.

B. Diaconique.

Le dôme de Parenzo, construit au vie siècle, a conservé sa diaconique, dans laquelle le constructeur, pour rappeler l'abside qu'elle remplaçait et pour avoir plus d'espace, a établi deux absides aux extrémités opposées de la salle; les deux autres

faces contiennent l'une la porte d'entrée, l'autre celle qui conduit à un triclinium dont nous parlerons plus loin.

N° 45 1. Dôme de Parenzo.

Diaconique

Dans le plan de l'abbaye de Saint-Gall, la sacristie, nommée sacratorium , est située de même au midi du sanctuaire; au centre est une table où se déposaient les vases sacrés; enfin, pour compléter le service des sacristies primitives, on plaçait auprès une construction particulière dans laquelle on préparait le pain sacré1 et l'huile d'onction, domus ad prœparandum panem sacrum et oleam exprimcndum. (Voir le plan de Saint-Gall.) Dans cette pièce on remarque un âtre, une table et des bancs. Les prêtres changent de vêtement, avant et après les cérémonies, dans la plupart des sacristies modernes; mais, originairement, une salle particulière nommée revestiaire était affectée à

' On sait que les abbayes avaient des moules particuliers pour la fabrication des hosties : on trouve dans les Recherches historiques sur Sainte-Geneviève, par G. Wallin, la forme des pains sacrés de cette abbaye à l'effigie de la sainte. Elle a été reproduite dans la 9.\° livraison de la Slatistique monumentale de Paris. (A. Lenoir.)

ce service et faisait en quelque sorte une double sacristie. La basilique de Saint-Pierre de Rome avait deux diaconiques, dont une pour les vêtements; les légendes du plan de Saint- Gall indiquent le revestiaire au-dessus de la sacristie, supra vestium ecclesiœ repositio. A Glocester il se compose d'une série de cabinets en pierre, ornés d'arcades gothiques, closes par des treillages de fer; cet ensemble occupe l'extrémité d'un transsept de l'église.

Vers le xie siècle, lorsque l'architecture romane domina dans toute la chrétienté occidentale, les sacristies eurent la physionomie de toutes les constructions de cette époque, et commencèrent à prendre la forme d'une petite église accolée à la grande. Le plan de l'ancienne abbaye de Saint-Germain-des- Prés, à Paris, publié par dom Bouillart en 1 7 2 4 , nous montre l'ancienne sacristie disposée de la sorte; cet usage se transmit durant la période gothique. Il y en avait une à la Sainte-Chapelle de Paris.

N° 652. Ancienne sacristie de l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés.

A. Neflatérale de l'église.

B. Sacristie romane.

C Sacristie plus moderne.

N° 453. Sacristie de la Sainte-Chapelle de Paris.

A. Sainte-Chapelle .

Les sacristies n'affectaient pas toujours la forme des églises auprès desquelles le besoin les avait fait construire; on en voit des exemples à la cathédrale actuelle de Saint-Omer, ancienne église abbatiale, et à l'abbaye de Batalha.

N° 454. Sacristie de l'abbaye de Batalha.

Meubles de sacristie. — Les principaux meubles de la sacristie étaient, i° un autel particulier, dont la présence avait pu con-

1NSTRUCTIONS III. ^7

B. Sacristie.

duire à donner fréquemment à la construction la forme d'une chapelle; i° une grande armoire destinée à contenir les vêtements sacerdotaux; 3° une sonnerie, quelquefois très-importante, placée auprès de la porte, et en dehors, pour annoncer dans l'église aux fidèles la sortie de l'officiant se rendant à l'autel. Ces sonneries, remplacées aujourd'hui par une simple cloche, étaient fréquemment composées d'une roue, autour de laquelle on fixait un grand nombre de clochettes libres, qui s'agitaient bruyamment lorsque, au moyen d'une corde enroulée autour du moyeu de la roue, on faisait rapidement tourner celle-ci sur son essieu. Ces roues, simples d'abord et construites comme celles d'un char, se compliquèrent ensuite par leur fabrication, puis on leur donna la forme d'une étoile, d'un soleil, les clochettes s'accrochant sur toute la surface des rayons. M. Gailhabaud en a publié un exemple curieux dans son ouvrage intitulé, Architecture du Ve au xvif siècle et les arts qui en dépendent; k° un meuble en métal sur lequel on pouvait mettre du feu pour préparer les saintes hosties, dans des moules fabriqués exprès; nous en donnons ici un exemple tiré de la sacristie de Beauvais, n° 455, à la page suivante; ce meuble, qui, en raison de sa forme, de ses dimensions, du toit qui le couvre pour éviter la chute de la poussière ou de tout autre corps étranger sur le foyer, nous semble avoir, en cette occasion, remplacé, à l'époque à laquelle on simplifiait les détails du service, la salle voisine de la sacristie tracée sur le plan de l'abbaye de Saint-Gall, et qui était consacrée à la fabrication des saintes hosties, domus ad prœparandum panem sacrum. (Voir, dans la première partie, au plan de l'abbaye de Saint-Gall, la salle tracée au delà de la sacristie, parallèlement au dortoir.)

N° 455. Réchaud à hosties dans la sacristie de Beauvais.

Le sacristain, sacrista, prenait soin des vases, des livres et vêtements nécessaires au service divin; il veillait aux offrandes de l'autel, préparait le pain, le vin et l'huile; il dirigeait les funérailles.

trésor.

Le premier cahier des Instructions du comité, page 93, fait reconnaître l'origine des trésors dans le pastoforium ou petite abside du Nord des basiliques latines, destiné à renfermer les vases sacrés, comme on le voit encore en Orient, à l'église de Saint-Démétrius, de Smyrne, et au monastère de Vatopédi, sur le mont Athos. Cet espace devint trop peu étendu lorsque les princes enrichirent à l'envi l'un de l'autre les basiliques et les monastères, en donnant des objets précieux destinés au service des autels. On voit dans le bibliothécaire Anastase combien l'empereur Constantin prodigua l'or et les matières précieuses, pour faire confectionner les vases sacrés. Les rois de France et certains abbés puissants suivirent son exemple, et, dès les vie et vne siècles, les trésors des abbayes de Saint- Germain -des- Prés et de Saint-Denis commencèrent à recevoir de Childebert et de Dagobert Ier, des croix enrichies de pierreries , de précieux reliquaires , origine de ces deux collections célèbres. C'est alors qu'on pensa à construire auprès des sacristies une salle voûtée, entourée d'épaisses murailles, et qui prit le nom de trésor; celui de l'abbaye de Saint-Denis était une grande salle de trente-six pieds carrés et haute de vingt pieds. La voûte était soutenue au milieu par une colonne en marbre; une lampe y brûlait continuellement par respect pour les saintes reliques; les objets précieux y étaient renfermés dans des armoires, d'où on les tirait à l'époque des fêtes solennelles. La salle du trésor

était quelquefois fort restreinte et construite dans l'épaisseur du mur de la sacristie; on en voit un exemple à l'abbaye de Batalha. (Voir la planche n° 454.)

N" 456. Plan du trésor de Saint-Denis.

Salie du Trésor.

B. Armoires

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