C. Église
Un trésorier, thesaurarius , auquel en était confiée la garde spéciale, avait une clef des armoires; le grand prieur, le sousprieur et le chantre en avaient aussi une chacun: elles étaient toutes différentes, pour assurer la conservation des objets. On enterrait quelquefois dans le trésor : saint Gradulphe, abbé de Fontenelle, mort en io/|8, en est un exemple.
Les trésors ne furent pas toujours placés dans une salle construite ad hoc; il est probable que l une des deux diaconiques circulaires de la basilique de Saint-Pierre servait à garder les vases précieux et les reliquaires; le trésor de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris était dans la sacristie. Quelquefois on le plaça dans une crypte faisant partie de l'église souterraine. Enfin, il pouvait être exposé à tous les regards au fond du sanctuaire, comme l'étaient ceux de la cathédrale de Metz et de la Sainte-Chapelle de Paris. Dans ce cas des armoires trèssolides et bardées de fer assuraient la conservation des objets précieux. Nous donnons ici un exemple de ces armoires; elle
provient du trésor de la cathédrale de Noyon. (Voir, pour tous les détails relatifs à cette belle armoire de trésor, les Annales archéologiques el la planche coloriée exécutée par M. Boeswilvald.)
N" Aôy. Armoire de trésor à Noyon.
Des familles constituaient des trésors particuliers pour les chapelles qui leur appartenaient et étaient, dans une église abbatiale ou autre, consacrées à leur sépulture. On voyait, dans l'église du prieuré de Vernusse en Poitou, la chapelle de la famille de Beauquaire; une armoire placée sur l'autel et formant retable contenait des objets précieux donnés par la famille, dont tous les membres, hommes et femmes, étaient représentés sur les volets de ce trésor particulier; nous en reproduisons le dessin : on y remarque un évêque, des chevaliers, un écolier, une abbesse, des religieuses, une femme en costume civil; des cartouches situés au-dessus de chacun de ces personnages contenaient l'indication de leurs noms et qualités.
IV h'06. Armoire de trésor au prieuré de Vernusse.
Indépendamment du trésor des reliques et autres objets précieux, on voyait, dans les riches abbayes, une salle placée quelquefois sur un des côtés du cloître, et dont le nom était cubiculum computatorium , quoiqu'on l'ait aussi appelée trésor; c'était la salle des comptes, la caisse; on y comptait les recettes et les dépenses de la maison, et à cet effet, le centre était occupé par une table couverte d'un drap divisé par des lignes se croisant en carré et formant échiquier; les divisions servaient aux calculs. Des coffres contenaient les valeurs, et des grilles en fer faisant une cage dans la pièce enveloppaient la table et les caisses.
Quelques abbés ayant frappé monnaie, par des privilèges particuliers, avaient fait disposer un local pour cet usage.
CLOITRES, CLAUSTRA, PERISTYLIA .
A. Dispositions générales.
B. Galeries intérieures.