D. TABLES ET SIEGES
La distribution des tables et des sièges dans les réfectoires demandait à être faite d'une manière commode et qui permît de placer tout le monde sans confusion et suivant les grades de chacun. On voit dès les temps les plus reculés que l'abbé ou le prieur avait une table séparée, placée ordinairement vers une extrémité de la salle; les hôtes de qualité dînaient auprès de lui Son siège, porté par une estrade quelquefois fort élevée, était surmonté d'un dais (dasium) construit avec le siège lui-même , comme nous en voyons des exemples dans nos musées, ou formant un baldaquin appuyé contre le mur. C'était devant ce dais que, pendant trois jours de suite, bn plaçait les portions de nourriture des moines morts, pour les distribuer aux pauvres. Auprès du siège de l'abbé était un timbre , pour indiquer le moment de la prière. Ce timbre était nommé cymbale.
La table des hôtes se plaçait quelquefois à part; dans le plan de Saint-Gall, elle est vis-à-vis la porte d'entrée, en avant de la tribune du lecteur.
Les tables des moines faisaient le tour du réfectoire; les bancs, appuyés contre les murs, y étaient ordinairement fixés pour éviter le désordre. Derrière ces bancs un lambris en menuiserie permettait de s'appuyer contre le mur sans souffrir du froid de la pierre.
1 Règle de saint Benoît.
3/i8 INSTRUCTIONS.
Un religieux était maître de la table et en surveillait le service. Le chambrier fournissait les nappes de table.
E. DRESSOIU, DRESSADERIUM , DIRECTORIUM , ABACUS , TOREGMA.
Le réfectoire contenait, en général, des meubles destinés à déposer les vases après le service de la table : « Fecit renovare directorium in refectorio... Dressaderium ubi vasa reponuntur ad mensae ministerium. » (Ducange.) Le plan du réfectoire de Saint-Gall montre, près de la porte de la cuisine, un carré auprès duquel on lit Toregma; c'était un meuble destiné à contenir des vases; on pouvait y placer aussi la coupe de grâce, dans laquelle les religieux buvaient, après les grâces, en la faisant circuler autour de la table; cette coupe, étant ordinairement en métal ciselé ou repoussé, expliquerait l'usage ici du mot toregma qu'emploie Cicéron pour exprimer les vases précieux fabriqués de la sorte.
Le réfectoire pouvait être dépourvu de ces meubles à déposer les vases; on voit sur le plan du prieuré de Cantorbéry, publié dans la première partie, page 28, qu'entre le réfectoire et la cuisine étaient pratiquées deux ouvertures : l'une servant à passer les mets, « fenestra ubi fercula administrante, » l'autre par laquelle on rendait les assiettes sales pour les faire laver, «fenestra per quam ejiciuntur scutellae ad lavandum.»