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ET PAUPERUM

Les monastères furent de tous temps des maisons de charité; on y distribuait aux pauvres des vivres et des aumônes; lorsqu'ils étaient peu étendus, ces distributions se faisaient dans une avant-cour ou dans une pièce particulière affectée à ce service et qu'on nommait aumônerie. Mais dans les grandes abbayes, une construction spéciale, assez vaste pour prendre le nom de

maison des pèlerins et des pauvres, domus peregrinorum et pauperum, était établie dans le voisinage de l'entrée principale. Le plan de Saint-Gall fait connaître quelle importance avait cette construction dès le ixe siècle; celle qui y est figurée se compose de deux vastes corps de logis séparés l'un de l'autre. Le premier, qui est le plus important, contient d'abord un vestibule donnant entrée à deux pièces pour les domestiques, servientium .mansiones. En face, il introduit dans une grande salle éclairée parle haut et qui probablement était un atrium toscan; car on lit dans un carré tracé au milieu, et qui indique sans doute le passage de la lumière, le mot tesludo, toit. Des bancs continus régnent autour de la salle : les pèlerins et les pauvres étaient reçus là et pouvaient s'y reposer pour attendre les aumônes. 'Au nord et au midi on entre dans deux dortoirs destinés à donner à coucher à ceux qui arrivaient tard et ne pouvaient continuer immédiatement leur route. On remarque qu'il n'y a point de lits: ils couchaient sans doute sur de la paille. Deux pièces situées au couchant sont des celliers pour renfermer les provisions qu'on leur distribuait.

Le second corps de logis est destiné à la fabrication du pain et des boissons; il renferme, d'un côté, une boulangerie avec un four et ses accessoires; on y lit, pistrinum et fornax; de l'autre est une brasserie, bracitorium. Près de celle-ci , dans une pièce fort allongée, sont des tables et un vase auprès desquels on lit ces mots, Ad refrigerandam cervisam; du côté opposé sont les accessoires pour mouiller et préparer la farine de la boulangerie.

Sur la face latérale de l'église , auprès de laquelle s'élève la maison des pèlerins et des pauvres, est la demeure de l'hostelier, paasatio procuratoris pauperum.

On voit à Rome une maison de pèlerins beaucoup pluscon-

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sidérable que celle qui est tracée sur le plan de Saint-Gall; saint Philippe de Néri en eut la première pensée, le pape Jules III l'aida dans cette œuvre de charité. Les pèlerins des deux sexes y sont logés et nourris pendant trois jours, à quelque nation qu'ils appartiennent; on en a compté jusqu'à cinq mille dans les années de jubilé. Trois réfectoires immenses sont destinés à leurs repas; une grande cuisine de forme circulaire, voûtée et entourée de nombreuses dépendances, est. placée au centre de la maison; on voit auprès une grande salle dans laquelle on lave les pieds des pèlerins à leur arrivée.

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