SITUATION
Dès l'origine, on éleva des monastères de femmes dans l'intérieur des villes ; sous les rois de la première race, Lutèce, presque réduite à l'île de la Cité, vit sainte Aure diriger une communauté de femmes fondée par saint Eloi, au lieu occupé depuis par les Barnabites, et plus d'une ville ancienne présente des fondations analogues; la règle qu'on y suivait était celle de saint Colomban ou de saint Césaire. L'étendue de ces premiers monastères ne pouvait être considérable en raison du peu de surface qu'occupèrent nos villes durant cette période.
Extra muros. — Dans la campagne, s'élevèrent aussi de nombreux monastères, qui furent généralement placés dans des localités d'une habitation facile, les femmes n'ayant pu, comme les hommes, s'établir dans les lieux déserts et incultes, que les religieux se proposaient de défricher. Dès le règne de Clovis on voit sainte Clotilde fonder, à quatre lieues de Paris, le monastère de Cbelles, sous le nom de Saint-Georges, auprès du palais de plaisance qu'y possédaient nos rois ; au milieu du vne siècle sainte Bathilde le reconstruisait pour l'agrandir; elle y plaçait des religieuses de l'abbaye de Jouarre, déjà célèbre. Les monastères de Fontevrault, de Faremoutier, de Hières, de Gif, de Montmartre, d'Argenteuil, de Poissy, du Paraclet, sont au nombre des plus renommés.