‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 167 sur 193 · CELLULES, DORTOIRS. HABITATIONS CANONIALES · texte numérisé non relu

CELLULES, DORTOIRS. HABITATIONS CANONIALES

Saint Eusèbe et saint Augustin, en réunissant auprès d'eux les membres de leur clergé, firent construire pour les loger de simples cellules, en harmonie avec l'humilité des premiers siècles de l'Eglise. Chrodegand, en réformateur sévère, qui prenait la règle de saint Benoît pour guide, exigea que les chanoines fussent réunis la nuit dans des dortoirs. Il les établit au premier étage de son cloître, au même niveau que l'église titulaire de Saint-Paul. Cette disposition avait pour but, sans doute, de faciliter les prières de nuit, auxquelles ils étaient astreints. Nous avons signalé des chapelles dans les dortoirs mêmes des moines.

Les chapitres s'étant enrichis par les donations, les chanoines s'affranchirent de ce que la règle avait d'incommode pour eux; ils revinrent donc bientôt aux cellules, puis, quittant le cloître, ils se firent construire dans le voisinage des demeures personnelles, dans lesquelles ils vivaient isolément ou plusieurs ensemble, à leur gré. Une chapelle particulière leur permettait d'y faire leurs prières sans aller à celle que le fondateur du monastère disposait originairement dans l'enceinte du cloître.

Les maisons canoniales appartenaient aux chapitres, et même, quelquefois, personnellement à des chanoines, qui les faisaient construire à leurs frais. On lit dans les Historiens de France (t. IX, p. O12, etc.) qu'au xe siècle les chanoines de l'église de Paris avaient le droit de disposer entre eux de leurs habitations claustrales. L'Histoire de la Sainte-Chapelle de Paris, par Morand, indique des transactions faites par des

chanoines en particulier, avec des habitants du voisinage. Des maisons de chanoines ont été conservées ; on en voit quelques restes à Paris et dans les villes anciennes.

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