C. Dôme central
D. Bas-côtés.
E. Sanctuaire, f. Avant-nef.
FONTAINE, Urjyij <plà\ï] , LAVACRUM.
Une fontaine destinée aux ablutions recommandées aux chrétiens avant d'entrer dans l'église s'élevait devant la façade et dans l'intérieur de l'enceinte sacrée, comme celle que les Occidentaux plaçaient au milieu de Y atrium. Constantin en fit une devant la basilique des Saints- Apôtres ; Eusèbe la nomme Basilicœ lauacrum 1. Justinien en donna une à l'église de Sainte- Sophie; elle était en jaspe, un jet d'eau s'élevait au milieu. Une autre fontaine destinée aux prêtres se composait de douze lions et de douze daims en marbre lançant de l'eau dans des coquilles. Devant la basilique de Saint-Démétrius à Salonique on voit encore une fontaine byzantine composée de huit colonnes supportant des arcades; au milieu est une grande cuve de marbre blanc sculpté. Le voyageur Clavijo décrit l'église de Saint-Jean à Constantinople; il dit : « Et contre la porte par où l'on entre au corps de l'église, il y a une belle fontaine sous un dôme porté par huit colonnes, etc. » Cette forme présentant un édicule surmonté d'une voûte fut celle que les Byzantins adoptèrent de préférence; la vue du Rossicon, monastère de l'Athos, qui a été donnée p. 33, pl. 20, présente une phiale ainsi disposée; nous y joignons celles du Zographc et (Ylviron, autres monastères du mont Athos, aux nos i56 et i5y, p. 242.
La phiale du couvent de la Sainte-Laure, au même lieu, est décorée, à l'intérieur de sa coupole, de peintures relatives aux merveilles historiques de l'eau : on y voit flotter Moïse enfant, la mer s'entr'ouvrant pour laisser passer les Hébreux, l'eau sortant du rocher sous la baguette de Moïse, puis guérissant les lépreux; saint Jean y baptise Jésus, enfin l'eau sainte rajeunit œux qui la puisent2.
1 Eusèbe, liv. III , c. t.
2 Annales archéologiques , mars 18&6. Didron, p. 1 43.
INSTRUCTIONS. II. 3l
il i
N0' i56 et i5y. Phiales du Zographe et d'Iviron.
Le plan de la petite église de Navarin, que nous donnons à la page 2^0, planche i55, présente dans Y atrium une phiale d'ablution en A ; elle est hexagone. Dans Yarea de l'église de Modon, publiée, comme celle-ci, par la commission de Morée, sont deux bassins d'ablution de forme carrée1. (Voir la planche i54, page 2 38.)
Les Turcs imitèrent les phiales des Byzantins: toutes les cours de leurs mosquées en contiennent une. La plus riche et la plus analogue à celles dont nous donnons ici les dessins, que nous ayons recueillie en Orient, se voit à la mosquée d'Akhmet à Constantinople.
ÈAPTISTÈnË.
Les chrétiens d'Orient eurent, ainsi que les Occidentaux ,
' Commission de Morée, Modon.
des baptistères isolés devant leurs églises; ils les établirent, comme nous, sur un plan circulaire d'abord, dans la pensée, sans doute, de rappeler la mer d'airain du temple de Jérusalem. L'empereur Justinien fit établir auprès de l'église de Sainte- Sophie un édifice isolé destiné à donner le baptême; Paul le silenciaire et l'auteur grec anonyme en parlent ainsi : «Justinien, avant l'achèvement de Sainte-Sophie, fit faire un petit édifice circulaire surmonté d'une coupole dorée; il était consacré à saint Jean, précurseur du Christ, et fut appelé le Baptistère. » Le luxe apporté à la décoration de ces monuments ne le cédait pas à celui qui ornait les basiliques; la coupole dorée que nous venons de mentionner au baptistère de Sainte-Sophie en serait déjà une preuve suffisante, si l'auteur qui le décrit n'ajoutait que l'empereur y fit placer des portes en bronze incrustées d'or et d'ivoire.
Gonzalez Clavijo, décrivant l'église de Saint-George à Constantinople, dit : « Et devant la porte de l'église, en dehors, il y a un bassin pour baptiser, bien grand et beau , et au-dessus un dôme porté sur huit colonnes de marbre blanc, taillé à toutes manières de figures1. » D'Agincourt a publié d'après un ménologe grec du ixe ou du xe siècle, conservé à la bibliothèque du Vatican, une peinture sur laquelle on voit un baptistère byzantin offrant une grande analogie avec ceux des Latins que nous avons reproduits à la page 102, nos 61 et 62.
Au moyen âge, le baptistère des Grecs prit, comme en Occident, plusieurs formes, et le polygone prévalut; on en voit encore un exemple dans la ville de Trébisonde sur la mer Noire; il est entièrement décoré de peintures à l'intérieur. A l'époque, sans doute, de la chute de l'empire grec, on renonça au baptistère apparent ; le vase destiné à la cérémonie fut
1 Clavijo, hc. cil.
réduit et fabriqué en cuivre : de nos jours il est porté par les prêtres dans la maison du catéchumène; l'emploi des cuves baptismales en métal remonte à l'antiquité chrétienne : nous avons indiqué précédemment celle du baptistère de Constantin à Rome, qui était en argent; la fille du roi Sapor fut baptisée dans une conque en même matière.