‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 73 sur 193 · VII. ID. FEBR. OBIIT RANOLDVS · texte numérisé non relu

VII. ID. FEBR. OBIIT RANOLDVS

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1 Cette chapelle a été détruite jusqu'au sol en 181 /», pour la défense de Thionville. Le plan seul est resté.

N° 3o4. Plan de la chapelle de Vieux-Pont-en-Auge.

Les dispositions simples de cet oratoire offrent une nef allongée, un sanctuaire carré et sans abside, et, de plus, un clocher quadrangulaire , qui bien qu'établi avec des assises de briques, comme le reste de l'édifice, paraît être de construction postérieure: il masque en effet à moitié une fenêtre du chœur1. (Voir les nos 3oA et 3 1 3 .)

N° 3o5. Plan de l'oratoire de Cividale-del-Frioul.

Oratoire de Cividale-del-Frioul. — L'oratoire dont nous donnons ici le plan est situé au centre d'un monastère de béné-

1 Ce plan de la chapelle de Vieux-Pont, ainsi que la façade n° 3i3, est extrait de l'ouvrage intitulé, l'Architecture du v' auxri' siècle, par M. J. Gailhabaud.

dictins de la petite ville de Cividale-del-Frioui, dans la légation d'Udine (royaume Lombardo-Vénitien). La chronique en attribue la construction à la princesse Giseltrude, duchesse de Frioul, au vm0 siècle. « iEdificavit pulcherrimum chorum, « testudinatum, et per circuitum ornatum tabulis marmoreis « non paucis , cum marmoreis columnis circa altare testudi- « nem sustinentibus. » Le plan de cet oratoire est un parallélogramme, qui, en longueur, a reçu un peu moins de deux, fois sa largeur; il présente, avec les édifices latins, une différence notable par l'épaisseur plus grande donnée aux murs, afin de leur faire supporter des voûtes. Un septum sépare le chœur et la nef, comme à l'abbaye de Saint-Gall.

Après la retraite des Normands, et lorsque la paix rendue à l'Europe permit de reconstruire les monastères ou d'en élever de nouveaux, les oratoires des maisons religieuses et les chapelles isolées subirent d'importantes modifications : les murs épais destinés v porter des voûtes, et qu'on avait déjà jugé nécessaire d'établir durant la période carlovingienne, furent consolidés par des pilastres ou des contre-forts, distribués soit intérieurement , soit à l'extérieur; ces pilastres conservèrent dans la Provence et les contrées limitrophes les formes et les caractères antiques, quelquefois même des colonnes engagées prirent leur place, comme on peut s'en convaincre en examinant la chapelle monastique de Saint-Quinin de Vaison, dont une vue pittoresque, gravée à la page suivante, sous le n°3o6, fait voir l'abside triangulaire, ornée de pilastres puis d'une colonne engagée, sur l'angle saillant. Enfin ces contre -forts, devenant plus ou moins saillants, reçurent tous les développements indiqués déjà, dans les précédentes instructions du Comité des Arts, aux styles roman et gothique, page 59.

!V 3o6. Vue de la chapelle de Saint-Quinin , à Vaison.

A la même époque, dans les provinces du centre et de l'ouest de la France, les oratoires et les -chapelles présentaient des plans analogues à ceux de la Provence et des contrées limitrophes. M. Mérimée a publié le plan d'un oratoire dépendant du monastère de Monte-Christo, qui offre deux absides jumelles; il est consacré à sainte Christine et situé à Cervione (Corse.)

IV 3oy. Plan de la chapelle de Sainle-Chrisline (Corse.)

Quant au Nord, il nous montre dans les plans d'oratoires et de chapelles isolées l'esprit novateur qui caractérisa cette contrée dès le xic siècle; ces édifices offrent plus souvent que ceux

du Midi la forme d'une croix latine; puis à Fontenelle, à Querqueville, les transepts sont terminés par des absides. Indépendamment de ces dispositions, les plans de ces deux oratoires sont conçus de manière à présenter, au centre de la croix, un carré parfait, également ouvert sur les quatre faces et consolidé par de fortes épaisseurs de murs , dans le but de lui faire porter une tour centrale, innovation établie par les religieux constructeurs de l'Europe moyenne et septentrionale, et que, plus loin , en examinant les églises, on verra se produire dès le règne de Charlemagne. (Voiries plans 3o8 et 309.)

N° 3o8. Plan de l'oratoire de Saint-Saturnin.

N° 309. Plan de la chapelle de Querqueville.

Lorsque la chapelle n'était pas disposée en croix , on élevait le clocher sur le chœur ou le sanctuaire, et de solides contreforts extérieurs remplaçaient les transepts ou les absides, pour maintenir le poids de la tour. Nous en donnons deux exemples, extraits de l'ouvrage de M. E. Woillez, sur le Beauvoisis.

N0i 3io et 3i 1. Chapelles du Beauvoisis.

FAr.ADES DES ORATOIRES.

Dans les contrées méridionales, l'aspect extérieur des oratoires se rapproche généralement de celui de Vaison, gravé à la planche 006; les constructions s'élèvent peu, se décorent dans un style plus ou moins voisin de l'art antique modifié par la période latine. Dans le Nord, au contraire, un clocher s' élevant sur le chœur ou sur le sanctuaire, comme les précédents plans l'indiquent, ou sur quelques parties latérales et antérieures, ainsi qu'on en voit des exemples, l'édifice reçoit de cette tour, plus ou moins importante, un tout autre caractère que ceux du Midi. (Voir la planche 3 12, à la page suivante.)

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N° 3i2. Vue de l'oratoire de Saint-Saturnin.

Les façades d'oratoires carlovingiens présentent des différences avec celles que construisaient les religieux de la période antérieure : l'emploi des voûtes, qui déjà se répandait alors pour remplacer d'une manière durable les plafonds des Latins, comme on en voit un exemple à l'oratoire de Cividale-del- Frioul, pulchro testadinatum , dut apporter des modifications dans les façades, en faire exhausser les pignons plus qu'on ne l'avait pratiqué dans le style précédent. Ces observations se peuvent faire dans les constructions supérieures de la façade de l'oratoire que nous citons. La chapelle de Vieux-Pont-en- Auge, située dans l'arrondissement de Lisieux, et dont nous avons précédemment donné le plan , est dans le même cas : la situation septentrionale de ce petit édifice dut contribuer aussi à faire donner à sa couverture et à ses pignons une inclinaison calculée pour un climat humide. (Voir le n° 3 1 3 . )

N° 3 1 3. Façade de la chapelle de Vieux-Pont-en-Auge.

Sous le pignon de face de l'oratoire de Cividale sont les traces d'une fenêtre bouchée; sa forme était celle qui fut adoptée pour les basiliques latines : elle a été cintrée par le haut. On remarque à la chapelle de Vieux- Pont que les fenêtres sont cintrées aussi. (Voir la façade ci-dessus.)

La porte de l'oratoire de Cividale est, comme celles des Latins, composée d'un chambranle à la romaine; le linteau est , d'une seule pièce de marbre, un cintre le surmonte pour en décharger le milieu. On a vu précédemment que cette disposition a été adoptée dans la plupart des édifices byzantins. La porte de la chapelle de Vieux-Pont est conçue de même, sauf

la différence que présentent des matériaux moins précieux, et non monolithes employés dans le chambranle.

La brique admise en chaînes de liaison dans les façades que nous venons de décrire indique la persistance, jusqu'au siècle de Charlemagne, du système de construction adopté par les Romains, et l'emploi qu'en firent les religieux constructeurs.

Lorsque, après la période de transition, l'art roman eut définitivement modifié les dispositions antérieures, tous les pignons prirent les formes aiguës du Nord, excepté dans les contrées tout à fait méridionales; au-dessous du gable ou dans son triangle on ouvrit une fenêtre toujours cintrée; quelquefois on en figura plusieurs. La chapelle de Saint-Gabriel, en Provence, fait voir sur sa face principale une rose ou oculus richement encadrée de moulures et accompagnée des attributs des évangélistes , comme en possédaient de nombreuses églises importantes. A cette époque, la grande épaisseur des murailles, nécessaire pour porter les voûtes intérieures des oratoires et des chapelles isolées, permettait de percer la porte d'entrée sous des voussures établies en plein mur, et qu'on ornait d'épais encadrements. (Voir les précédentes instructions du Comité, pages 4i et 4 2 , 49 et 5o.)

Le système de maçonnerie adopté par les religieux dans la construction des oratoires du xie siècle n'était plus celui des époques précédentes : les briques avaient disparu de l'appareil, qui était indifféremment formé , selon les ressources locales et celles des constructeurs, soit de hautes ou basses assises de pierre, soit de moellons piqués, disposés horizontalement ou en épis. Les oratoires de Saint - Saturnin et de Querqueville sont construits suivant ce dernier système.

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