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SITUATION

Les maisons religieuses étaient situées au dedans ou au dehors des cités. Certaines abbayes ayant donné naissance à des villes, celles-ci occupaient quelquefois un des côtés de l'enceinte du monastère qu'un double mur séparait, dans ce cas, des habitations des citoyens, un chemin de ronde étant réservé entre les murs pour le service de la ville : l'abbaye de Moissac offrait originairement cette disposition.

N° 12. Plan de Moissac.

A. Abbaye. C. Porte Saint-Pierre. E. Double mur.

15 c|os- D. Porte Sainl-Paul. F. Ville.

Plus ordinairement, les maisons se groupaient autour de l'enceinte de l'abbaye, les rues se traçaient sans un plan bien

ARCHITECTURE MONASTIQUE. 19 arrêté, et les villes prenaient successivement de l'étendue; ceci avait lieu aussi pour les faubourgs, lorsque l'abbaye était située extra muros : c'est ainsi que se formèrent les faubourgs Saint- Germain et Saint-Antoine à Paris.

La plupart des monastères fondés dans les villes, s'établissant loin de la circulation centrale, avaient alors pour limites, sur un ou deux côtés de leur enceinte, les murailles fortifiées destinées à la défense des citoyens : nous citerons les Génovéfins, les Jacobins, les Blancs -Manteaux, etc. à Paris. Ces situations, quelquefois peu commodes, étaient déterminées par la difficulté d'avoir dans une ville des terrains assez vastes pour établir un monastère. Quand une guerre menaçait le pays, ou lorsque déjà elle avait ruiné les monastères voisins d'une ville, on les rétablissait intra muros pour éviter à l'avenir les dévastations.

En Occident comme dans les contrées orientales, dans les villes ainsi qu'à la campagne, les monastères s'établirent quelquefois dans des constructions dues à la civilisation antique. Ainsi en Nubie et en Abyssinie on reconnaît sur les ruines des temples de Talmis, de Dekké, de Tefah, d'Essaboua, d'Ibsamboul, les ebangements qu'y firent les moines pour les convertir en églises, lorsque saint Frumentius, évêque dAxum, en 33o, sous Constantin, eut converti ces contrées au christianisme. Le pronaos du temple de l'île de Pbiles, dans la Haute-Egypte, présente encore trois inscriptions chrétiennes qui conservent le souvenir de l'abbé Théodore, évêque, auquel on dut la conversion de ce portique en église; les moines s'étaient sans doute établis dans l'ensemble des constructions égyptiennes de l'île, car une autre inscription indique que le même abbé restaura les murs du quai.

En Grèce et en Asie, les moines agirent de même; à Rome,

les temples de Mars, de Romulus et Rémus, les Thermes de Dioclétien et beaucoup d'autres monuments, sont aujourd'hui des édifices monastiques. En France, le célèbre temple de Nîmes, la Maison-Carrée, devint l'église des Augustins de cette ville, et celle de l'ancienne abbaye d'Ainay à Lyon présente au sanctuaire quatre colonnes provenant dit-on de l'autel élevé à Auguste : originairement au nombre de deux, ces colonnes auraient été coupées par le milieu pour offrir quatre fûts nécessaires à la construction de l'église, quoiqu'il en soit elles sont antiques.

N° i3. Plan de l'église d'Ainay.

A. A. Quatre colonnes antiques.

ARCHITECTURE MONASTIQUE. 21 Le prieuré de Saint -Venant , sur les bords de la Loire, s'établit dans un édifice romain ; on verra plus loin que des évêcliés, des presbytères, des chapelles isolées, furent construits ainsi sur des ruines d'édifices élevés par le paganisme.

N° ih- Plan du prieuré de Saint-Venant.

A. Enceinte romaine. E. Vergers.

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