C. Église et cimetière Saint-Venant. G. Aqueduc romain
D. Promenade du prieuré. H. Tours romaines.
Loin des cités, le choix de l'emplacement était plus facile, mais il n'était pas là non plus toujours facultatif : ainsi, en Egypte, des monastères furent construits, dès les premiers siècles de l'Eglise, dans les lieux où s'étaient retirés les solitaires, par conséquent dans des déserts de sable, n'offrant aucune végétation élevée, aucun tracé de chemin, et pas même toujours la possibilité delà culture. En Asie, c'étaient les souvenirs religieux du mont Sinaï et du mont Carmel, des saints lieux et des apôtres qui avaient déterminé les fonda-
22 INSTRUCTIONS, teurs. L'Athos en Macédoine, le Serrât en Espagne, le Saint- Mont en France, se couvrirent d'ermitages et de monastères1; dans la Thessalie , les religieux placèrent leurs établissements au sommet de rochers inaccessibles, pour éviter les barbares, et ils ne rentrent chez eux qu'au moyen de longues échelles de cordes, battant les flancs de la montagne2. Ailleurs, le tombeau d'un saint, le lieu qu'il avait habité, la place où il avait subi le martyre, pouvaient être autant de causes pour déterminer la fondation d'un monastère. Un autre motif était ]e besoin qu'avaient les pieux cénobites de porter la civilisation et la culture dans des lieux où elles n'avaient pas encore pénétré. Le don d'un terrain fait à un saint personnage, à un prélat, à une maison religieuse précédemment établie, fixait souvent la place d'une nouvelle colonie; enfin, le fondateur choisissait parfois lui-même le site qu'il croyait le plus convenable à sa pieuse entreprise; c'est ainsi que saint Gall, ayant résolu de se retirer dans la solitude et de fonder un établissement consacré au christianisme, chercha sur les flancs de l'Aloptein, couvert de neiges éternelles, auprès du lac de Constance, un lieu qui pût lui convenir. En parcourant le pays, il s'enfonça une épine dans le pied et regarda cet accident comme un avis du ciel; alors il forma une croix de branches de noisetier, y suspendit sa boîte à reliques, qu'il portait toujours avec lui, et consacra la place par des prières. Les bois et les forêts pouvaient être occupés par des monastères : l'abbaye de Livry s'élevait dans la forêt de Bondy , les Camaldules dans la forêt de Senart, les Minimes occupaient le bois de Vincennes. On vit aussi des rochers isolés dans la
\oir Annales archéologiques, publiées par M. Didron ; Voyage en Espagne, par M. A. de Laborde.
\ oir Annales archéologiques.
mer, comme l'île de Lérins et le mont Saint-Michel, se couvrir de constructions monastiques; il en fut de même pour quelques îles sur les grands fleuves: le monastère de Belcinac, dépendant de Fontenelle, situé au milieu de la Seine, auprès de Caudebec, et entièrement entraîné par les flots; Notre-Dame de l'île Barbe sur la Saône, en avant de la ville de Lyon; l'abbaye d'Ainay sur le Rhône, dans la même ville, en sont des exemples. L'île de Thanet, située à l'embouchure de la Tamise, et qui n'a que quatre lieues sur trois, contenait dix -huit monastères. Partout où les religieux purent s'établir d'une manière avantageuse, soit pour la culture, soit pour leur défense ou l'état sanitaire de leur maison, le choix du lieu fut toujours fait avec beaucoup de sagesse : la prospérité future de la colonie en dépendait.